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Full text of "Des monuments celtiques et des ruines romaines dans le Morbihan"

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DES MONUMENTS CELTIQUES 



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DES RUINES ROMAINES 



DANS LE MORBIHAN. 



Tout Exemplaire non revêtu de la sigpature de 
l'Éditeur; sera réputé contrefait. 



DES MONUMENTS CELTIQUES 



ET DES 



RUINES ROMAINES 



DANS LE MORBIHAN 



Par le Docteur Alfred FOUOVKT , 



izrspscTEnii du sertice des smpurrs t&outês dit MORBiHUf , membre de ix sociixi 

IRCHiOLOGIQïïE, SECRÉTÂIEE DE II SOCIÉTÉ POITMITHIQUE DU MÊME 

DÉPARTEMENT, ETC. 



— *****H**44*— 




VAMNES, 

A. CAODEBAN , LIBRAIRE, ÉDITEUR. 

1853. 



AV LECTEUR. 



I 



Le Mémoire archéologique que je livre aujourd'hui i 
la pubhcitc , n'a été écrit que pour ôtre lu au Congrès 
breton, réuni à Vannes pour sa onzième session ; mais, 
après l'avoir terminé, j'ai pensé qu'il avait trop d'éten- 
due et qu'il entrait dans trop de détails , pour permettre 
d'en saisir l'ensemble et d'en faire l'analyse critique, sur 
une simple lecture. Ce n'est donc que pour le soumettre 
à l'examen et pour en faciliter ta discussion sérieuse 
devant un jury compétent, que je le fais imprimer. 

N'étant point antiquaire, je ne mets pas d'amour- 
propre à avoir raison , et à faire triompher mon opinion ; 
et c'est au contraire pour m'éclairer et afin d'obtenir des 
solutions satisfaisantes , que j'ai soulevé à dessein, dans 
ce Mémoire, les questions les plus délicates et les dis- 
cussions les plus intéressantes. 

Le publie commence à prendre goût à ces questions , 
[;à ces discussions . et je crois qu'il est bon d'exciter vive- 
ment son intérêt , en faveur de nos vieux monuments 
que le vandalisme atteint chaque jour , et qu'il fera 
bientôt disparaître de notre sol , si l'on n'y prend garde. 

Vaones, le 25 Septembre 1853. 



FOUQUET, DocteMT-Mcietm. 



A lessirars les Membres de la section d'Archéologie 

dD GoDgrès BretOD. 



Messieurs ^ 



Veuillez m'excuseri si au lieu de me borner à répondre 
uniquement à une des questions que vous avez posées y 
je viens aujourd'hui vous présenter une étude complexe , 
qui embrasse les quatre premières questions de votre 
programme; et si au lieu des travaux analytiques que 
vous demandiez^ je vous apporte une œuvre synthétique 
que vous ne réclamiez pas. 

A mon avis, Touvrage de notre estimable et regrettable 
ami Gayot Délandre , a laissé fort peu de chose à faire 
aux investigateurs morbihannais. C'était un homme sé- 
rieux, un esprit exact, un archéologue infatigable ; aussi, 
nous ne connaissons que peu de monuments anciens , en 
dehors de ceux qu'il a fait connaître , qui méritent une 
d€scription spéciale. Je ne négligerai cependant pas 



d'indiquer daD8 (je Mémoire, quelques meuhira, quoi 
ques dolmeiia et quelques ruines dont il n'a pas parlé; 
mais je ne m'en occuperai sérieusement , que pour les 
rattacher à l'étude d'ensemble que j'entreprends, en m& 
plaçant à un nouveau point de vue. 

Appelé , par mes fonctions , à parcourir cliaque année 
lesvillages, les champs elles vastes landes du Morbihan, 
j'ai vu beaucoup de monumcnls celtiques qui, chez 
noua, sont plus nombreux que partout ailleurs, et j'ai 
remarqué qu'ils étaient tantôt claJr-semés, et tantôt 
agglomérés dans certaines régions, tandis qu'ils font 
complètement défaut dans les autres. 

C'est de cette observation qu'est née chez moi la pensée 
que cette répartition, des Menhfrs, des Dolmens et des 
Tmnulus, était une indication précise des lieux qu'oc- 
cupaient, dans notre département, les anciens habitants; 
comme aussi les Voies, les Camps et les Villas, faisaient 
connaître tout le système de domination et d'occupatioQi 
du Peuple-Roi dans la Vénétie. 

C'est le résultat des études que j'ai lattes à ce point 
de vue , que j'ai rhoneeup de soumettre à votre examen 
éclairé. Pour en faciliter l'étuie , j'ai divisé mon œuvre 
eu trois chapitres, que j'ai réduits autant que me l'a 
permis l'importance des questions qui y sont soulevées. 

Ne vous méprenez pas, je vous prie, sur l'objet de 
mon travail qui doit être purement archéologique , quoi 
que les titres de mes chapitres ]>araissent indiquer ui 
étude historique. 



1 



M 

i 



^^ES MONUMENTS CELTIQUES 

DES RUINES ROMAINES 

DANS LE MORBIHAN. 

CHAPITRE l" 

DE U VÊWÈTIE AVANT U CÛSQUÈTE ROMADE. 



I 



On sait quo la république des Vénijles élait composée d'un cer- 
tain nombre de peuplades, unies entre elles par un lien Cédéraiif, 
mais séparées géograpbiquement les unes des autres, par des cours 
d'eau, des bras de mer, ou dévastes forêts; el les arcbéologues 
s'accordent généralemem à parla}{er les Celles de la Vénélie en 
peuples de la roer TndarVur, el peuples des forêts Tud ar Gou'èt. 

Sans doute, cette division eiit vraie , et de nos jours où les forêts 
out disparu, nous disons encore les Hommes de la Côte el les Hommes 
de l'Intérieur; mais ces données sont bien vagues, el noua pou- 
vons en interrogeant nos vieux raoniimeiils druidiquKs, acquérir des 
□olions bien plus étendues el bien plus enacles sur le nombre, 
l'importance el la situation des populations celtiques dans te Mor- 
biban. 

Ainsi, en teintant d'une couleur uniforint! les communes ou por- 
tions de communes où l'on trouve encore de nos jours des ntonu- 
EDentâ celtiques intacts ou ruinés, nou^ pouvons ri connaître ^u.'a*\ 



_ 2 _ 

moins cinq grandes peuplades ont occupé notre territoire, sans 
compter celle des îles, et une très-petite population, perdue , 
comme une oasis, dans un vaste désert, et qui devait occuper une 
certaine étendue de territoire dans la commune actuelle de Noyal- 
Muzillac où Ton trouve un dolmen et une pierre à bassins dont 
Cayot Délandre n*a pas parlé. 

La première des peuplades révélées à nos yeux par mes teintes 
géographico-archéologiques, occupait tout le littoral morbihannais, 
depuis Tembouchure de TEllé au Pouldu, jusqu'à Tembouchure de 
la Vilaine. Je la désigne pour simplifier mon œuvre, sous le nom 
de peuplade de la mer, Poplad ar Mot. 

La seconde occupait une zone transversale et centrale qui s'éten- 
dait de rOust au Blavet, et formait une véritable Mésopotamie 
morbihannaise. Je la nomme peuplade des rivières , Poplad ar 
Stœrieu. 

La troisième au N. E. de notre département, ayant à son centre 
la forêt de Paimpont, si célèbre autrefois sous le nom de Brocé- 
liande, s'étendait évidemment dans les deux déparlements d'Ille- 
et- Vilaine et des Côles-du-Nord. Elle sera désignée ici sous le 
titre de peuplade des forêts , Poblad ar Guibledeu, 

La quatrième située droit au nord, entre le Blavet et la voie ro- 
maine de Carhaix, et ayant à son centre la forêt de Quénécan, 
s'étendait dans le département des Côtes-du-Nord. Je donne à 
celle-là le nom de peuplade des montagnes , Poblad ar Mannéyeu, 

La cinquième au milieu de laquelle se trouvait la forêt' de 
Conveau, et qui s'étendait évidemment dans le département du 
Finistère et dans celui des Côies-du Nord, prendra dans ce mé- 
moire archéologique le nom de peuplade des sources, Poblad ar 
Mamienncu, 

La sixième, enfin, est la peuplade des îles, Poblad ar Inixi» 
Après avoir indiqué les positions des diverses peuplades gau- 
JûJBes dans le Morbihan » comme uous les révèle la distribution de 



— 5 ~ 

nos vieux monuments , je dois m'occuper de ces monuments eux- 
mêmes, si nombreux et si variés dans chaque peuplade , et dire, 
après bien d'autres, mais aussi autrement que bien d'autres, ce que 
j'en pense. 

POBLAD àr mor. 

Si l'on tire une ligue de Guidel à Hennebont, d'Hennebont à 
Vannes et de Vannes à Billiers , on enferme , entre cette ligne 
brisée et la côte, tous les monuments de cette peuplade vénète. 

C'est dans cet espace que l'on observe les monuments les plus 
imposants ; car nulle part ailleurs, on ne trouve des menhirs comme 
celui de Locmariaquer, des tumulus comme celui de Tumiac, des 
alignements comme ceux de Carnac , des grottes aux fées comme 
celle de Gavr'innis , et ces monuments, d'accord avec l'histoire et 
les traditions, disent comme elles, et avec César, que ce peuple 
était de tous ceux de ces contrées celui qui possédait incontesta- 
blement la plus grande puissance. 

Quoique très- variés dans leurs formes, ces monuments le sont 
cependant bien moins qu'on ne l'a prétendu ; car je n'admets pas^ 
et je crois qu'on ne doit pas admettre, avec quelques antiquaires, 
les témènes, les barows, les galgals et les lichavens. 

L'enceinte sacrée, le Lieu Tabou, comme disent les sauvages de 
l'Océanie, n'est pas un monument ; le Témène n'est donc pas un 
monument. C'est à la fichade circulaire qui l'enceint, au Cromlech 
seul, qu'on peut donner ce titre. 

Le Tumulus, le Barrow, le Galgal, le Montissel et la Tombelle 
ne sont exactement qu'une seule et môme chose, c'est-à-dire une 
butte plus ou moins élevée, formée de mains d'hommes, et dressée 
dans un but unique que nous aurons à étudier. Une butte factice 
est quelquefois formée de terre, et quelquefois de pierres sèches 
leuUmeoi. Ou en connaît» et la butte de Tumiac est de ce nombee^ 



- i — 

dans la cumposilion d(!>t|Ufl!es enlreiil, eu proportions diverses, 
la rase, la pierre eL lu liirrti, mais jumaîs la cendre comme on l'a 
préieiiilu. 

Le Lickai:en, le Demi Dolmen, le Dolmen, le Coffre de piètres, 
la Grolle aux fées et l'AUée couverte ne soni aussi (ju'une seule e[ 
même cijose n'ayant qu'une seule et miate deslinalion. 

Les Peidmns ou Pierrei levées, les Menhirs ou Pierres longues, 
el les Pifrrrs fiches, qu'ils soienl isolés ou agglomérés , semés ir- 
régulièremcDl ou régulière munt alignés; qu'iU soienl placés sur 
des buttes ou dressés dans des plaines; qu'ils soient enGn gros ou 
minces, élevés ou courts, ne formenl aussi qu'un monument du 
môme ordre, n'ayant à remplir qu'une seule deslinalion. 

Sauf les Pierres sonnantes el les Pierres branl-antes dont nu«s 
ignorons l'usage, presque tous les tDonumenls de la Pobladar Mor 
sont des monuments funéraires. A cet égard, mon opinion est ir- 
révocablement fixée, et je vais, Messieurs, vous résumer rapide- 
ment tes motifs qui me l'ont fait adopter. 

La TombtUn cl le Tumulus, qui sont les deux extrêmes limiles 
d'élévation de la butte celtique, sont, on en conviendra, des tomber, 
comme leurs noms l'indiquent. La première éiail légère à la pous- 
sière du pauvre, el le second était la dernière et orgueilleuse de- 
meure du ricbe. 

Si les lombelles, communes dans les autres peuplades, sont rares 
dans celle-ci, tandis qu'on y admire de superbes lumulus, c'est 
que les Vénkes de la région maritime étaient plus puissants et plus 
riches que les Vénétes de l'iniérieur. 

Par cela même que la grotte éiait enfouie sous un lumulus qui 
n'est qu'un monument funéraire , on eût dû penser naiurellemcnl 
qu'elle ne pouvait être qu'un sépulcro; mais celle idée est trof> 
simple pour les savanis qui aiment à faire parade d'une vaste érti" 
diiion, en créant et soutenant des sjsièiîies hasardés. 
Placez dsiif l'admirable grotte de Gavr'innis cinq ou six de cet' 




— 5 — 

savants dont je parle , et vous allez entendre ces Messieurs vous 
exposer immédiatement cin^jf ou six opinions différentes, toutes 
bien développées et bien appuyées de preuves historiques. L*un 
vous dira que celte grotte était un temple, et citera Homère; un 
autre soutiendra qu'elle servait aux initiations druidiques ^ et s'ap- 
puiera sur un vers de Virgile; un autre encore prétendra que le 
druide lançait de là ses oracles, comme la sybile de Tantre de 
eûmes, et invoquera Tautoriié d*Hérychius; un quatrième vous* 
prouvera, Ossian à la main, que là on égorgeait des victimes hu- 
maines; un cinquième supposera que des mariages y étaient célé- 
brés avec mystère, et trouvera dans Ovide quelque chose qui a l'air 
de vouloir dire cela; un dernier enfin, plus ingénieux qud les au- 
tres, affirmera gravement que la grotte de Gavr'innis était une ou- 
bliette druidique. Tous appelleront en témoignage la pierre de la 
chambre, creusée d'une gorge au-devant de laq jelle on a ménagé 
deux bandes, anneaux ou anses usés par le frottement. Là, dira 
Tun, était placé l'initié; là, prétendra l'autre, était enchaîné le con- 
damné; là, soutiendra le troisième, était recueilli le sang de la vic- 
time; derrière ces anneaux, affirmera le quatrième, les conjoints 
unissaient leurs mains; enfin, tous ces savants parleront si bien 
que l'homme qui les écoute, ne saura plus que penser de la grotte 
de Gavr'innis après les avoir entendus. 

Mais, pourrait dire l'homme simple aux savants qui discutent, 
quand vous, me prouveriez qu'on a sacrifié en ce lieu, ne pourrais- 
je pas vous répondre qu'on a bien pu y sacrifier aux mânes?.... 
Que prouvent, d'ailleurs, sur la destination de la grotte, la gorge 
creusée et ses anses u>ées? Ne ptiis-je, en opposant à vos systèmes 
sans fondement une supposition gratuite, vous dire que cette gorge 
pouvait bien contenir de l'eau lustrale, être le bénitier du tombeau? 
Ne puis-je admeure qu'à ses anneaux de pierre, on suspendait des 
lampes sépulerdies?... Tous vos systèmes ne me satisfont pas, 
toutes vos ciiatiuni ne peuvent me convaincre, eX \^ reà\^\)i\^w^^t- 



^ 6 -- 

suadë que les grotles sont des sépulcres, puisque, chaque fois 
qu'on en découvre qui n*ont pas élé violées, on y rencontre des 
cendres ou des ossements. 

Pour moi, le lichaven et le demi- dolmen ne sont que des dol- 
mens boulversés, et le dolmen n*est qu'une grotte sépulcrale ruinée. 
Découvrez la grotte de Gavr'innis, dégagez-la de son galgal, et vous 
aurez un dolmen comme celui de César à Locmariaquer , seule - 
ment plus complet et plus orné ; mais^ dans quelques siècles, les 
injures du temps, les outrages des hommes en feront sûrement un 
simple dolmen, un autel druidique pour nos arrière-neveux.' 

C'est , sans doute , parce que quelques dolmens mutilés offrent 
aux yeux l'apparence d'autels , que beaucoup d'archéologues ont, 
à cet égard, partagé l'erreur vulgaire ; mais combiea de dolmens 
y ressemblent peu ! La différence entre les dolmens, les allées cou- 
vertes et les coffres de pierres, ne tient qu'au degré de destrucûon 
aue ces monuments ont subie ; et si vous voulez que le dolmen de 
Kerluduy enBelz; que la Table-des-MarchandSt en Locmariaquer; 
que le dolmen d'Erdeven , dans lequel on trouve une chambre el 
quatre cabinets, soient des autels, veuillez donc aussi » pour élm 
conséquents , que les Pierres plates de Locmariaquer , que l'allié 
couverte de Parc-er-Roc'h, en Crac'h ; que toutes les grones aoK 
fées, enfin, soient des autels ! 

Voyez, à ce sujet, l'embarras de l'abbé Mahé, qui dit : « Le 
M Morbihan possède aussi des roches aux fées, et eonume elles 
*» diffèrent si peu des dolmens que quelquefois en leor en donne 
M le nom, je pense qu'elles sont aussi des autels druidiques. Ll 
M est Trai que, dans un de ces monuments, et à cinq pieds sons 
9 terre, on a trouvé deux squelettes ; mais , outie qn^en d*nnti«-= 
» qni ont été fouillés , on n'a rencontré ni cendres, ni 
• j'ai déjà observé qu'on a aussi trouvé des cendres sons nn 
9 quoique les dolmens soient des autels. » 

roolez-fons savoir maimcuant, Messieurs, ponrqnoi 1» 



— 7 — 

étaient des autels pour Tabbé Mahé , en voici la raison qu*il donne 
lui-même. 

« Parmi nous , se sont conserves des monuments celtiques de 
» toutes espèces, des barrows, des galgals, des menhirs, des 
» cromlec*hs , etc., les autels seraient-ils les seuls qui auraient to- 
w talement disparu? et si quelques-uns ont échappé aux ravages 
» du temps, où peut-on mieux les trouver que dans nos dolmens 
» si semblables à des autels? » 

Ainsi , Messieurs, c'est parce qu'il fallait des autels à Tabbé 
Mahé, que les dolmens sont d'anciens autels ! Mais si le docte abbé 
<)ui a peu vu de monuments par lui-même, n'a pas trouvé d'autels, 
il eût dû réfléchir que ces autels avaient pu subir d'autres ravages 
que ceux du temps. Pour moi , qui en connais beaucoup, je n'en 
ai pas vu un seul intact. Du reste, Messieurs, je puis vous en in- 
diquer quelques-uns, égarés sur nos immenses landes, cachés dans 
les profondeurs de nos bois, et je désire vous en montrer quatre, à 
Vannes môme, si vous le voulez bien ; mais je ne vous en parlerai 
qu'en vous transportant au milieu des autres peuplades que j'ai 
signalées. 

Tout le monde sait que dans des grottes souterraines, que dans 
des roches aux fées, comme aussi sous des dolmens , on a trouvé 
souvent , avant et depuis l'époque où écrivait l'abbé Mahé , des 
Urnes remplies de cendres; des ossements calcinés ou non; des 
Poteries gauloises; des colliers de jaspe et jusqu'à des ornements 
on or; je dis que tous ces monuments ne sont que des tombeaux , 
©l que si on ne trouve pas toujours des débris et des restes funé- 
ï'aîres dans ces lieux, c'est que de tout temps on a violé les sépul- 
tures, et que nous les violons nous-mêmes, pour nous éclairer sur 
les usages anciens. 

Mais, dira-t-on peut-être, les dolmens ont pu servir à un double 
^sage, et rien ne s'oppose à ce que ces monuments sous lesquels 
On trouve des cendres et des ossements, aient été à la fois autels et 



tombeauxf Ne sait-on pas que les premiers chrétiens ont souvent 
placé sous lejs autels les corps des martyrs, et n'a-t-on pas vu, dans 
les siècles suivants, inhumer des cadavres dans les églises? 

Cette objection me touche peu , car je ne vois en elle qu*une 
supposition dénuée de preuves, et une conclusion de nos usages 
aux usages celtiques qui en différaient essentiellement, b'ailleurs, 
les autels des druides n'étaient que des rochers naturels, bruts, 
adhérents au sol, sous lesquels, j*en conviens, on aurait pu creuser 
des caveaux sépulcraux, mais sous lesquels aussi, on doit en con» 
venir, on n'a jamais trouvé de ces sortes de grottes, tandis que les 
dolmens ressemblent exactement aux allées couvertes de nos tu- 
mulus. 

Les Dolmens sont des tombeaux, et la tradition elle-même le 
prouve; car c'est une tradition que cette terreur superstitieuse 
qu'inspirent à nos paysans les dolmens et les grottes qu'ils peuplent 
de revenants et de méchants esprits... 

Les dolmens ne sont pas des autels, et le raisonnement le prouve; 
car l'usage de l'autel a toujours été extérieur et celui du Dolmen 
devait être intérieur. C'est toujours a l'extérieur que l'autel pré- 
sente ses ornements , tandis que c'est toujours à Tintérieur que le 
Dolmen cache les siens , quand il en présente , et que les pierres 
qui en forment les parois et la toiture offrent leur côté lisse et uni. 

Passons maintenant à une autre question Le Dolmen 

était-il enfoui comme la grotte sous un tumulus, sous un galgal? 

Un jeune archéologue de Vannes, M. Louis Galles, a soutenu 
celle opinion avec talent, dans VAnniuiire du Morbihan pour \ 853, 
et je la partage, mais pas sans réserve ; car je ne puis croire que 
des mausolées comme ceux de Kerbistoret, en Plœmeur, de Ru- 
nédaol, en Belle-Ile, et du milieu des alignements d'Erdeven , qui 
sont placés sur des tumulus, fussent eux-mêmes surmontés de 
tumulus. D'ailleurs, on trouve, dans les territoires des autres 
peuplades , des grottes sur lesquelles et autour desquelles on ne 



-9 — 

trouve pas trace d'un amoncellement de terres ou de pierres. 

Je dis plus; c'est que plusiéi]urs dolmens qui autrefois s'élevaient 
bien dégagés au-dessus du sol, se trouvent mainteRant en partie 
enfouis par l'exhaussement du terrain circonvoisin, et par Tamon- 
cellement des détritus de toutes sortes. Dans nos champs , les la- 
boureurs accumulent autour d'eux et jusque dans leur intérieur les 
pierres et les mauvaises herbes qu'ils retirent de leurs cultures; 
dans les bois ou sur les landes , les mousses, les brindilles, les 
poussières, les détritus des feuilles, des bruyères, des ajoncs, 
élèvent peu à peu le terrain , et enfouissent de plus en plus ces 
monuments. 

Cependant , les dolmens de l'intérieur devaient être presque tous 
enfouis dans le sol naturel , ou recouverts d'une certaine épaisseur 
de terre ; et les dolmens de la côte devaient être surmontés de 
buttes, tantôt en vases , comme celles de Tumiac, de César, ou du 
Manélud; et tantôt en pierres, comme celles du Petit- Mont, de 
l'Ile -Longue et de Gavr'innis. De sorte que dans la Poblad ar Mor, 
tout dolmen doit faire supposer un tumulus, comme tout tumulus 
doit cacher une grotte , ou couvrir un dolmen. 

Mais, dit M. Mahé, beaucoup de galgals n'étaient que des buttes 
sacrées; Homère, Héricbyus, S. Isidore-de-Séville et la Vulgale 
donnent le nom d'Hermès ou de Mercure aux monceaux de pierres, 
et nous font connaître que Mercure était honoré sur les lieux hauts. 

El qui prouve , répondrai-je à ce digne savant , que les Vénètes 
aient connu Mercure avant de connaître les Romains? D'ailleurs 
qu'était Mercure? le messager des dieux , n'est-ce pas? Eh bien^ 
pour ceux qui croyaient à Mercure, ce dieu devait, lorsqu'il des- 
cendait sur la terre , prendre pied sur les lieux élevés , ce qui a fait 
qu'on honorait alors ces lieux, non pour eux-mêmes, mais pour 
Mercure , ou plutôt qu'on honorait Mercure en ces lieux. 

Supposons maintenant un Vénète d'autrefois, secouant la pous- 
sière des tombeaux et visitant le pays qu'il habitait il y a bien des 



~ 10 — 

siècles. . . que dira-t-il en voyant nos chapelles dédiées à rArchange 
Michel , honoré sur les hauteurs , et jusque sur le tumulus de 
Carnac qu'il aura peut-être contribué à dresser lui-même ? Dira-t-îl 
que nous honorons les hauts lieux , et que nous adorons les 

galgals ? 

Peulvan et Menhir sont deux noms qui désignent une même 
chose, c'est-à dire une pierre longue, fichée en terre, et s*élevant 
vers le ciel. 

Pour moi , le Menhir est une colonne funéraire et rien autre 
chose. En face d'une de ces pierres monumentales je ne puis me 
défendre de la pensée qu'un mort repose au lieu où elle se dresse , 
ou que si les cendres d'un mort ne sont pas déposées près de cette 
pierre , au moins un Celle a dû tomber là , et que sa famille ou ses 
amis ont élevé à sa mémoire cette colonne commémorative. 

Quand le hasard ou mon dessein me place au milieu d'un 
groupe de dolmens et de menhirs, ou de menhirs seuls, je crois 
être en un lieu de sépulture. Chaque fois enfin que j'ai parcouru 
des groupes nombreux de menhirs dressés sans ordre , ou régulière- 
ment alignés , je n'ai pu croire , même à Carnac , aux pierres 
idoles, aux temples druidiques, et encore moins aux Dracontia 
du dieu Bel que nos ancêtres n'ont probablement jamais connu; 
mais j'ai vu là de vastes cimetières en rapports avec les populations 
qui habitaient ces riches contrées *. 

Parce que, comme la croix sur le tombeau chrétien , le menhir 
appelait la prière sur le tombeau d'un Celte, on prétend que les 
Vénètes, nos ancêtres , adoraient les pierres, et l'on apporte en 
preuve de cette calomnie les défenses des Conciles et les Capitu- 
laires de Charlemagne. . . Mais à celte époque , le Dniidisme pro- 
fondément altéré n'était plus que l'ombre de lui-môme. LesRomaîns 

* Je sais que le cimetière est poslériear à l'introduction du Christianisme 
dans nos conlrées , mais je donne ce nom , par analogie de destination , à tous 
/es lieux où Von compte beaucoup de tombes. 



— 11 — 

qui croyaient à tant de choses , les barbares qui croyaient à tout , 
et qui agissaient comme s'ils n'avaient cru à rien, avaient bouleversé 
les idées religieuses de tous les peuples , et la religion mourante 
mêlait d'absurdes superstitions , puisées à bien des sources , aux 
pratiques d'une religion nouvelle dont les Celtes armoricains ne 
comprenaient pas, ou comprenaient mal la noble simplicité et la 
divine grandeur. De nos jours môme, où nous devrions tous ôlre 
éclairés par les progrès de la raison^ et par les lumières de la foi, 
ne comptons-nous pas parmi nous bien des adorateurs des fon- 
taines et des pierres ? 

Les Canons des Conciles , les Capitulaires de Charlemagne , les 
sermons de nos prêtres ne prouvent qu'une chose : c'est qu'on a vu 
de tous temps , c'est qu'on voit encore tous les jours des gens assez 
stupides pour négliger l'idée pour la chose ; pour honorer une 
tombe et non le souvenir; pour vénérer la statue et non le saint; 
pour prier enfin le cippe funéraire et non pour le mort qu'il 
couvre. 

Un archéologue officiel qui a récemment visité notre départe- 
ment, M. WarsaaCy inspecteur des Monuments historiques du 
Danemarck, divise tous les monuments anciens en trois âges : 
VAge de Pierre, VAge de Bronze et VAge de Fer, 

Dans les tombeaux du premier âge on trouve les squelettes 
entiers, des couteaux en silex, des instruments en os, etc., mais 
jamais de métaux. D*après M. Warsaae, ces monuments sont dûs 
à un peuple aborigène, antérieur aux Celles. Les alignements de 
Carnac appartiendraient à cet âge. 

Dans l'âge de bronze, les monuments funéraires sont recouverts 
d'un tumulus en terre, et renferment des urnes avec des cendres et 
des ossements calcinés, des armes en bronze, desbijoux en bronze 
ou en or. Le monument de Gavr'innis daterait de celte époque et 
serait l'œuvre des Celtes ou Druides. 

Quant aux monuments de l'âge de fer, ils api^arUeuueul Vû\^ V 



— 12 — 

l'époque romaine, et les plus anciens ne sont guère que du deuxième 
siècle de TEglise. Ils sont caraclérisés par les instruments en fer, 
métal dont l'usage en Gaule et dans le nord de l'Europe est dû aux 
Romains. 

Quoique M. Mérimée trouve le système de l'inspecteur danois 
fort ingénieux , je me permets de le trouver complètement faux; et 
son application à Télude de nos monuments conduirait presque 
toujours h des idées et à des conclusions erronées. 

Ainsi dans le dolmen qu'on vient de fouiller sous la butte de 
Tum<ac , on a trouvé des ossements non calcinés, des couteaux de 
pierre ou celtae/et des colliers de jaspe; en devons-nous conclure 
qufe la grotte est du premier âge, et qu'elle est due à un peuple 
aborigène antérieur aux Celtes? En pratiquant la tranchée par 
laquelle on est arrivé à la grotte , on a trouvé de l'oxide de fer dans 
des espèces de cylindres creux , qui n'étaient autre chose que des 
gangues de vase moulées sur des instruments de fer et pénétrées de 
rouille, seul reste de ces instruments. En concluerons-nous avec 
M.Warsaae, que le tumulus est romain, etquelagrottedeTumiac, 
antérieure à celle de Gavr'innis, est enfouie sous une butte qui ne 
peut remonter au-delà du deuxième siècle de l'Eglise? 

Avant l'arrivée de César chez les Vénèies , ces peuples se servaient 
du fer, et César dit positivement que les ancres et les chaînes de 
leurs navires étaient de fer, et que les clous qui fixaient les bancs 
de ces navires étaient de fer aussi, et de la grosseur du ponce, 
u Transira pedalibus in latitudinem trabibus confixa clatis fer- 
rais, digiti pollicis crassitudine : anchorœ, pro funibus , ferreis 
catenis revinctœ, » Ce ne sont donc pas les Romains qui ont ap- 
porté l'usage du fer chez les Yénètes. 

Enfin , je ne comprends pas que M. Warsaae ait pu, en présence 

des grottes et des menhirs de Carnac , élevés dans les mêmes lieux, 

portant le môme cachet d'antiquité , formés des mêmes pierres , en- 

tremêlés les uns avec les autres, ait pu « dis |e, admettre Tidée et 




I 
t 



— i3 — 

uxpriiuur l'uptmun que les uns »ont dus ii un peu|>lu abnrigêuu qui 
n'a laissé de lui que celle trace , tandis que les aiiires sonl dus a un 
druides. 

Il n'v 3 qu'une seule opinion de M. Warsaae que je parlage;' ■ 
«''est que tous cesmoi]UR]entssonldeâlombo-iu.\; etje suis heureux 
r une autorité à ciler à ceux qui pourront me dire que si, 
en qualité de préire, M. Mahé o'a vu partout ({uede.s pierres idoles, 
des buttes sacrées, des lémènes et des aulelii; moi , en qualité de 
médecin, je ne veux voir en tout et partout que ëes tombeaux, 
des cimetières et des colonnes funéraires. 

Si, comme je crois l'avoir prouvé, tous Icï moiiumenis de la 
poblad ii/r mor sont des tombeaux, ces tombeaux a leur lour 
prouvent que la populallon des côles était la plus considérable de 
notre département, et ils prouvent de plus '|ue sa plus grande con- 
centration avait lieu entre l'Éiel et le Morbihan. 

En effet, si nous voulons apprécier sûrement l'importance el la 
richesse d'une population , faisons une visile îi son cîmeiière, me- 
surons en l'étendue , comptons les tombes anciennes et les fusses 
récentes, et celle visile nous en apprendra plus peui-éire qu'un 
recensement otliciel. 

C'est ainsi que nous pouvons juger que dans les temps anciens, 
Guidel éiail moins peuplé que Plœmeur, Plcemeur que Plaubtnec , 
Plouhtnecqu'Erdeveo, et Erdeven que Carnae et Locmariaquer , 
comme aussi de l'autre coié du Morb.hau. la population allait en 
décroissant d'Arzon jusqu'à Bdiiers. 

Un mol encore sur tes airgnemenis, avant de quitter le Poblad 
ar Mor : non que je veuille m'arrëter à combattre les diverses 
opinions émises par les archéologues sur leur destination, car il me 
faudrait sur celte seule question écrire un volume ; mais parce que 
Je dots faire sur ces alignements une simple obser^'ation qui ren- 
verse plusieurs de ces opinions. C'est que les alignements de Carnac 
ne sont pas plus la suite des aligtiements d'Eide\ew, (\tte ç.p-\ïi 



- 14- 

d'Ërdeven ne sont la suite de ceux de Plouhinec. Ces trois aligne- 
ments marclient tous isolément de i*£. à TO.; or, Plouhinec , 
Erdeven et Carnac étant placés sur une ligne qui descend du N. 0. 
au S. Ë., ces divers alignements ne peuvent faire un tout; et au 
lieu d'un temple nous en comptons trois ; au lieu d'un dracontium , 
d'un monument imitant les courbes gracieuses d'un serpent, dont 
la tête était à Belz^ d'après le docteur Deane, et la queue à 
Locmariaquer, nous trouvons trois draoontia et trois serpents sans ^ 
tête et sans queue. 

Nous n'avons môme pas besoin pour expliquer Texistence à 
Carnac d'un vaste cimetière, de supposer que la prétendue grande 
ville de Locmariaquer , portât là ses morts , et que toute la Vénélie 
y élevât des colonnes commémoratives. Non, Locmariaquer avait 
autour d'elle les tombeaux de ses enfants , et chaque tribu, chaque 
peuplade, couchait ses morts dans la poussière qu'elle foulait. 

La régularité dans la distribution des tombes n'a rien qui doive 
nous surprendre , nous qui la voyons exigée de notre temps dans 
beaucoup de cimetières, comme elle a pu l'être, par certains 
Druides, dans les lieux où nous la voyons observée; et la diversité 
des formes dans les monuments funéraires, n'a rien non plus 
d'étrange, car elle est encore plus grande de nos jours , où les 
tombelles , les grottes enfouies , les grottes à l'air libre et les menhirs 
sont représentés par les tertres en gazon , les caveaux sépulcraux , 
les mausolées et les colonnes. 



POBUD àE STiBRIBU. 



Borné au N. par TËvel et la Claye, au S. par le Tréauray et 
Ykn , le territoire de cette peuplade s'étendait depuis la grande 
courbure que décrit le Blavet vers l'O.» jusqu'à celle que forme 
l'Ouii yerê J'£. 



I 



- IM — 

C'est dans ces Hmiles que se mainlenait une population qui , 

Irës-peu importante aujourd'hui , a dû Être considérable aulrofoia. 
Nulle pari au S. celle populaiioii no franchisiiail les limiiesque 
nons lui avons assignées, et dans la N. je ne connais que deux 
points où dépassant la Claye , elle s'étendait d'une pari dans les 
communes de Saint-Congard , de Saint-Marcel et de Maleslroit 
jusqu'à l'Oast, et d'autre pari dans les communes de Saint-Jean- 
Brévelay et de Plumelec , depuis Bignan jusqu'il Bilio. 

C'est dans celte z<3ne assez étroite, mais fort longue, qu'on 
rencontre les monuments celtiques les plus nombreux et les plus 
variés. Ici, ce ne sont plus les belles grottes enfouies, les superbes 
tumulus, ni les immenses alignements que nous avons a admirer; 
ce sont les imposants menhirs, les belles groucs, les chambres 
rondes , les pierres sonnantes et les autels remar(|uabk's dont nous 
allons vous entretenir. 

Je ne vous parlerai point , Messieurs , des alignements de I.an- 
guidic; des innombrables menhirs semés, sans ordre apparent, sur 
les landes de Pluherlin et do Pleucadtuc; des nombreux dolmens 
répandus entre Trédion , -Saint-Guyomard el Ehen, parée que 
Cayot Détendre les a mentionnés ou décrits; je me bornerai ii vous 
occuper sérieusement d'un point du territoire de la Poblad ar 
Stœrieu, où l'on trouve accumulés tous les genres de monumenis 
que les Celtes de celle peuplade ont su édifier. On y voit peu de 
menhirs , mais, en revanche, des dolmens d'une dimension éion- 
nanie, une pierre sonnante, un pelil caveau el deux autels drui- 
diques dont personne n'a parlé, et que je vous engage à visiter, 
Messieurs, si vous devez metlro à exécution le projet d'excursion 
archéologique que vous avez annoncé dans voire programme. Les 
points intéressants de la cû(e ont éié cent fois expbrés par les ar- 
chéologues; les difficultés pour une promenade fructueuse à l'en- 
trée du Morbihan sont nombreuses et sérieuses; il faut subir mille 
Bxigences, calculer lei marées, étudier les vents, prévoir Us orales, 



- 16 - 

ou s'attendre à des câlines; tandis que pour aller aux lieux que je 
vous indique, il ne faut que trois heures au plus en voiture ; vous 
choisirez votre temps pour effectuer Taller et le retour ; vous aurez 
le plaisir d'y voir de gigantesques monuments, inconnus aux autres 
archéologues, et de plus, ce qui doit être pour vous un motif dé- 
cisif^ vous aurez à étudier et à trancher une des questions les plus 
ardues que soulèvent nos vieux monuments , je veux dire celle de 
Texistence des autels druidiques. 

Permettez*moi maintenant, Messieurs^ de vous narrer une visite 
que j*ai faite dans ces lieux, et qui m'a donné, je vous Tassure , 
de vives émotions et le regret de n'ôtre pas encore initié à la science 
archéologique pour laquelle je sens en moi le feu sacré. 

C'était le 41 juin 4853; je voulais me rendre du bourg de Plu- 
melee à Piaudren , par le village de Pincien qu'on devrait nommer 
Penclaye, parce qu'il domine la Claye et le moulin de Claye ok 
existe un vieux pont qui a subi, comme toutes les choses de ce 
monde, les outrages du temps. 

J'avais à peine gravi le rude et étroit sentier qui conduit de ce 
pont à la lande dite de Pincien, que je me trouvai en présence d'une 
grotte gigantesque nommée dans le pays la Roche-Bigot. La con- 
struction de celle grotte était si puissante, la table principale qui la 
couvrait était si longue et si épaisse, qu'elle eût pu braver les siè- 
cles ; mais des hommes fanatiques ou cupides se sont trouvés près 
d'dle, et plusieurs de ses piliers ont été arrachés, et l'immense 
table a été renversée. Cependant , le poids énorme de celte table, 
son étonnante épaisseur l'ont sauvée d'une complète destruction, et 
tout ce que ses démolisseurs ont pu faire, a été de la renverser sur 
les piliers d'une rangée, piliers sur lesquels elle repose encore en 
partie. 

Cette table que je n'ai pu mesurer exactement, dépotu'vu alors de 
tout moyen pour le faire, d ait avoir, d'après non estime, :plus de 
deux mètres d'épaisseur, et près de dix Bàètres de longueur. La 



— 17 — 

direction de la grotte était E. et 0., orientation constante pour 
tous les monuments druidiques. 

Certes^ j'ai vu bien des grottes cachées ou découvertes ; mais je 
n*ai jamais vu de table aussi énorme que celle de la Roche-Bigot , 
et à sa rencontre imprévue, j'avoue que mon admiration fut égale 
à ma surprise, et je ne pus me défendre de penser que Topinion 
qui attribue aux démons et aux fées des ouvrages de ce genre, est 
bien excusable chez de pauvres paysans qui ne peuvent comprendre 
que des forces humaines aient pu transporter]et dresser d'aussi gi- 
gantesques masses. 

A TE. de la Roche -Bigot , mais sur la même lande ^ des pierres 
en partie entassées, en partie dispersées , attirèrent mon attention , 
et je m'avançai vers elles. Ces pierres n'étaient que des débris, et 
j*eus peine à distinguer, dans ce chaos, les traces d'un dolmen 
bàideversé qui git là sans nom. 

Assis sur une des pierres de ce sépulcre violé, je repassai dans 
mon esprit tous mes souvenirs de grottes , pour trouver dans ces 
souvenirs les rapports et les différences qui existent entre ces mêmes 
monuments chez les Vénëtes de la côte et chez les Celtes de l'inté- 
rieur , et voici les résultats de cet examen : 

Dans les grottes de la côte, on observe souvent une chambre 
carrée ou circulaire, dallée de plusieurs pierres comme à Tumiac, 
ou d'une énorme pierre comme à Roc'h-Bras ou à Korlud, en 
Locmariaquer, ou non dallée comme à Kervignac, sur la grande 
route dcLandévant à Hennebont *; souvent encore, on remarque 
uncabinet latéral comme à Plouharnel, et quelquefois plusieurs ca- 
binets qui communiquent entre eux comme à Erdeven ; quelquefois 
plusieurs grottes, avec ou sans cabinet, sont enfouies dans la môme 
butte, comme à Plouharnel ; et enfin, quelquefois on observe , à 



* Ca/ot Délaadfo â placé » par erreur, ce dolmen d«ai 1a commuDO de 
BraaMoni 



— 18 - 

]*extréniité 0. de la grotte, un cabinet couvert et complètement 
fermé, comme aux Pierres plates de Locmariaquer. 

Jamais on n*a trouvé, que je sache , ni dalles, ni chambres, ni 
cabinets fermés ou ouverts dans les grottes de Tinlérieur; mais, 
par contre, j'ai observé dans quelques-unes d*e!les une particula- 
rité notable. Ainsi, à la belle grotte de Carbon, en Saint^Congard, 
deux pierres sont fichées à la suite des supports, et forment au-delà 
de la grotte un appendice qui n*a jamais du être ni recouvert, ni 
complètement fermé. A Comebo, en Elven , une grotte détruite , 
mais encore reconnaissable, présente une pierre debout qui pro- 
longe la rangée S. des piliers du monument au-delà de la pierre 
transversale qui le ferme à l'O. 

Dans quelle intention ménageait-on cette espèce de cabinet ou- 
vert à la suite d'une grotte probablement enfouie ? C'est une ques- 
tion assez di£Qcile, mais que cependant j'ose aborder avec Tes^ir 
de la résoudre. 

On a signalé, je ne sais dans quelle localité des Côtes-du-Nord, 
un dolmen dont la pierre du fond était complètement traversée par 
une ouverture ronde; et j'ai remarqué, plusieurs fois, que les 
pierres qui terminent les allées des grottes dans la Poblad ar Stm* 
rieu, paraissent échancrées à dessein , tantôt en côté et tantôt à la 
partie supérieure. La pierre qui termine la grotte de Cornebo, pré- 
sente cette dernière particularité. Ne doit-on pas penser que ces 
ouvertures ou échancrures, trop étroites pour permettre la violation 
des sépultures, étaient pratiquées pour donner un peu d'air et de 
lumière à la grotte ; et que les pierres de prolongement étaient pla- 
cées des deux côtés pour prévenir l'éboulement des terres dans 
lesquelles la grotte était enfouie? Tertulien dit que les Gaulois 
passaient la nuit sur la tombe dos héros, croyant que les âmes de 
ces héros devaient leur faire des révélations. Le cabinet à ciel ou- 
vert ménagé derrière la grotte, l'ouverture pratiquée au fond de 
cette grotte ne tiennent- ils pas à cette superstition, ou à quelque 
autre du même genre ? 



— 19 — 

I 

A la Lande-Hayée, près du village des Princes, en Elven, on 
trouve un dolmen unique en son genre, du moins pour moi. H 
porte le nom de la Loge-du-Loup, et présente deux rangées de pi- 
liers verticaux de chaque côté pour soutenir ses tables. L'élévation 
du terrain autour de ce dolmen, indique assez qu'il a élé plus cou- 
vert que ne le sont généralement ceux de la Pohlad ar Stœrîeu; 
mais, certes, il eut résisté à sa charge et aux efforts destructeurs 
du temps, si des hommes, plus destructeurs encore que le temps , 
n'étaient venus lui imprimer les traces profondes de leurs injures. 

Enfin, Messieurs, la plus essentielle de toutes les différences que 
je puisse signaler entre les grottes sépulcrales des deux peuplades , 
c'est que celles de nos côtes étaient le plus souvent surmontées d'un 
tumulus, et qu'on doit penser, à la vue des autres, à l'aspect des 
terrains qui les environnent, que, si elles étaient enfouies, c'était 
simplement dans le sol naturel ou sous un sol factice, mais de peu 
d'épaisseur; et ce seul fait explique la destruction générale des 
grottes de l'intérieur qui n'étaient point protégées, comme celles 
de la côte, par d'énormes amas de terre, de vase ou de pierres. 

Mes réflexions commépQoratives et comparatives terminées, je 
me dirigeai vers l'O., au point le plus élevé de la lande, où des 
niasses énormes de granit attiraient mon attention et appelaient mon 
examen. Les gens du pays nomment ces masses les Roches-Morvan. 
Là encore, les démolisseurs ont passé ! mais tous leurs efforts n'ont 
pu seulement déplacer la plus belle de ces roches, ni en effacer les 
caractères. Ce n'était ni un dolmen ou grotte, ni un menhir ou 
peulvan, ni une pierre branlante ou sonnante ; c'était une superbe 
pierre à bassins que les archéologues désignent ainsi sans chercher 
à en étudier sérieusement la destination. 

Je vais, Messieurs, entreprendre cette étude devant vous, espé- 
rant la faire plus tard avec vous , si vous le voulez bien ; mais per- 
mettez-moi de continuer ma narration. 

Des RocbdS'Morvan je me rendis au viWagt; de Yviwdew , ^\à&^^ 



— 20 - 

celui de Kermado qui n*eQ est séparé que par un vaste champ dans 
lequel des laboureurs traçaient alors des sillons autour de grosses 
pierres dont plusieurs étaient étendues à plat, et ces laboureurs fai- 
saient passer leurs bœufs et leurs charrues sur ces pierres, pour 
continuer au-delà les sillons commencés en-deçà d'elles. Je recon- 
nus immédiatement les ruines d'un beau dolmen (et vous savez que 
pour moi dolmen est sytionime de grotte] dont les tables étaient 
renversées autour de lui. 

Je m'approchai pour obtenir le nom de ces pierres qu'on me dé- 
signa sous celui de Rohis, et l'un des laboureurs m'offrit de 
me guider dans le bois voisin , pour m'y faire voir une roche 
qu'il me dit ôtre extraordinaire. J'acceptai , comme vous devez le 
penser , sa proposition, et sous sa direction intelligente (car cet 
homme était intelligent) j'arrivai bientôt à IdiRoche-des Coupes, nom 
sous lequel la pierre que je vais vous décrire est connue dans le 
pays. 

Cette pierre, fort difficile à trouver, quand la taille dans laquelle 
elle est perdue (heureusment pour sa conservation) a atteint un 
certain âge, doit avoir deux mètres trente centimètres d'élévation, 
trois mètres de largeur, et six mètres de longueur. Mais ce n'est 
pas par ses dimensions que cette pierre , qui n'est qu'un débris du 
rocher qui la touche , est remarquable ; c'est par sa disposition et 
surtout par les travaux et par les outrages qu'elle a subis. 

Sa face supérieure est creusée de bassins irréguliers, de coupes 
comme disait mon guide , et toutes ces coupes se déversent dans 
une vaste échancrure, pratiquée à l'extrémité 0. de la pierre et 
dans toute sa hauteur. 

Le crayon seul pourrait rendre aux yeux l'aspect qu'offre cette 

échancrure que la parole no peut représenter à l'esprit. Je vous 

dirai seulement qu'elle se termine inférieurement par une espèce 

de siège échancré lui-même ; et qu'assis ou debout sur ce siège, un 

homme est là comme une statue dans une niche sans dôme. 



— 21 — 

Je conçois que des hommes qui ne veulent voir d*aulels druidi- 
ques nulle part ; je comprends que des archéologues dont les opi- 
nions sont arrêtées et qui ont décidé que les dolmens sont des 
autels; j'admets enfin que des savants qui peuvent trouver des ex- 
plications pour tout ce qu'ils croient , et ne croient que ce qu'ils 
peuvent expliquer, soutiennent tous que les bassins, creusés sur 
certaines pierres, ne prouvent pas que ces pierres aient servi d'au- 
tels ; mais je ne puis ni concevoir, ni comprendre , ni admettre 
qu'on puisse nier que ces bassins ne soient l'œuvre des hommes , 
et n'aient été pratiqués dans un but quelconque par la main des 
hommes. Pas un homme de sens , désintéressé dans les questions 
archéologiques, s'il était placé en présence de la Roche-Binet , en 
Elven, ou delà Roche-des-Coupes, en Plumelee, n'oserait sou- 
tenir que ces pierres remarquables n'ont pas été dressées et fouil- 
lées par une volonté intelligente. 

Mais , objectera-t-on peut-être , on trouve des coupes creusées 
sur des pierres naturellement adhérentes au sol , sur des rochers 
informes que les hommes n'ont jamais dressés et que l'on ne peut 
raisonnablement supposer avoir servi d'autels !... 

Ouvrez, Messieurs, toutes les histoires qui parlent des Druides 
et de leurs actes, et vous verrez dans toutes, que ces prêtres ne sa- 
criGaient que sur des rochers bruts, sur des pierres sauvages I Les 
Druides ne sont pas seuls, d'ailleurs, à avoir approprié les rochers 
à des usages religieux; carne trouve-t-on pas dans les catacombes, 
où les premiers chrétiens de Rome priaient dans le secret et ca- 
chaient les cérémonies de leur culte proscrit, des autels façonnés 
dans le roc même ? De pieux cénobites n'ont-ils pas célébré le saint 
sacrifice sur les pierres des déserts ? 

Si les pierres sur lesquelles on observe des coupes ne nous of- 
frent plus que des masses informes, n'est-ce pas parce que le mar- 
teau des démolisseurs les a mutilées ? Si les bassins que l'on pré- 
tand être creusés par les pluies, les neiges et les glace^^ xi^ ^x&^^xv- 



tem le plus souvent que des inégalités irrégulières, déformés qu'ils 
sont bien plutôt par ces glaces, ces neiges et ces pluies, n'est-ce pas 
parce qu'ils ont subi mille altérations de la part des hommes et de 
la part du temps? 

Mais la destruction générale elle-même que les pierres à bassins 
ont soufferte, est une preuve pour moi qu'elles étaient consacrées 
par les Druides à l'usage le plus grand et le plus saint! Ne conçoit- 
on pas , en effet, qu'en élevant ses autels dans l'Armorique , le 
Christianisme, qui pouvait bien respecter des tombeaux, ne devait 
pas y tolérer des autels; et que le premier sacriûce qu'il a dû im- 
poser aux hommes qu'il convertissait, a dû ôtre le renversement de 
tout ce qu'ils avaient honoré, la destruction de tous les lieux où 
ils avaient prié, de tous les monuments sur lesquels ils avaient 
sacrifié. 

Et pourquoi eut-on brisé toutes les pierres où nous voyons des 
codpes, si ces pierres n'avaient jamais servi au culte druidique f, . . 
Ah 1 croyez-moi bien , Messieurs, si les dolmens avaient été des 
autels, comme on le prétend, si les grottes avaient été des lieux 
d'initiation , si les alignements avaient été des temples , les men- 
hirs des idoles , les galgals des monts sacrés, nous ne verrions 
pas aujourd'hui un seul menhir debout, un seul dolmen dressé» 
une seule grotte intacte , et nous n'aurions plus à fouiller un seul 
tumulus. 

Non, Messieurs, les bassins creusés sur nos pierres ne sont pas 
dus aux influences atmosphériques ; car si cela était, pourquoi ces 
influences ne se sont- elles exercées que là où l'on trouve des 
monuments druidiques, que là où vivaient les Celtes dont les 
druides étaient à la fois les prêtres, les instituteurs, les législateurs 
et les médecins? Je ne crois pas qu'on puisse me montrer, dans le 
Morbihan , une seule pierre à bassin , en dehors des limites que 
j'ai assignées aux diverses peuplades qui l'occupaient autrefois. 
Je dois ici prévoir une objection sérieuse et me hiter d'y ré- 
poadre, car elle atteint mon syslfeme au tcBwt. 



-- 25 — 

On me dira sans doule que même en admeltanl, comme œuvres 
des hommes, les bassins plus ou moins nombreux de nos pierres, 
Texistence de ces bassins ne prouve rien pour leur destination , 
el que j'aurais tort de croire, avec le profane vulgaire, que ces 
prétendues coupes fussent destinées à recueillir le sang des victimes 
ou les libations des prêtres. On me dira encore, que par cela 
même que lés druides célébraient leurs cérémonies religieuses au 
fond des bois, au sommet des montagnes, et sacrifiaient sur des 
pierres brutes et colossales, sur des autels sauvages que le fer 
n'avait ni creusé y ni poli, les bassins qui, dans mon système, 
caractérisent les autels druidiques , élèvent au contraire un té- 
moignage éclatant contre ce système. 

Sans doute , Messieurs , si je prétendais que les bassins fussent 
nécessaires aux autels druidiques, robjeciion serait pour mon 
opinion un coup mortel que je ne saurais détourner ; mais ces 
bassins ne sont à mes yeux que des flétrissures imprimées à ces 
autels, pour les rendre impropres au culte, puisque le fer en les 
creusant, en les sillonnant, leur ôtait tout caractère sacré; de même 
que les ciseaux en passant dans les chevelures des princes francs , 
étaient à ces princes toute majesté, et leur ravissaient Tespoir 
d'arriver au trône ou d'y remonter. 

A répoque où le christianisme pénétra dans TArmorique , le 
druidisme déjà altéré par les opinions religieuses des Romains, 
qui avaient fini parfaire adopter aux vaincus quelques-uns de leurs 
dieux, était mourant peut-être; mais les druides étaient encore 
puissants. Si , comme prêtres , ils avaient perdu de leur influence, 
comme législateurs ils exerçaient encore un grand empire; aussi^ 
quoiqii'affaiblis par une longue lutte contre le paganisme romain, 
ce n'est qu'après une longue lutte encore qu'ils furent forcés de 
céder aux progrès irrésistibles de la religion chrétienne. 

C'est dans ces luttes que les premiers chrétiens de l'Armorique, 
brisaient, mutilaient et creusaient de mille maulëve^V^^ v\xv&\Sk 



— 84 - 

druidiques. Sur les landes les plus désertes , dans les forêts les plus 
profondes, tous les autels qui n'ont pas été détruits , ont été piqués 
et labourés au marteau. 

A la mutilation , les démolisseurs ont souvent ajouté la plus in- 
sultante ironie contre le culte qui tombait. Ainsi y avec le plus beau 
débris des autels druidiques brisés de leurs mains, ils ont dressé 
des autels sur lesquels ils creusaient , outre des bassins et des ri- 
goles , des formes humaines , pour rappeler les sacrifices sanglants 
opérés quelquefois sur les autels celtiques. La Rocho-Binet, en 
Ëlven, et quelques autres que les vandales medernes ont entamés 
ou détruits sur les landes de Pleucadeuc , portent ces caractères 
d'une flétrissure intentionnelle. 

Près de ces autels sans usage , gisent encore les vrais autels mu- 
tilés, qui s'élèvent à peine au-dessus du sol, mais qui portent 
encore un caractère que les démolisseurs ne pouvaient entièrement 
effacer, à moins d'enlever le rocher jusque dans les entrailles de 
la terre. Ce caractère , le voici : 

A la base de tout autel druidique existe une gorge qui semble le 
détacher. Cette gorge , largement évidée , donne à la partie infé- 
rieure du rocher-autel , la forme d'une marche , d'un gradin, d'un 
parvis sacré. Cette gorge est constante et caractéristique. 

Au risque d'encourir le ridicule qui s'attache à tout système 
nouveau mal établi, à toute théorie mal démontrée, je vais. 
Messieurs, vous indiquer à Vannes même, non pas un, mais 
quatre autels druidiques, et un dolmen dont personne n*a parlé. 
Quoique plusieurs de ces autels soient plus brisés, plus mutilés, 
qu'aucun de ceux que je connaisse ; quoique leur masse autrefois 
considérable ait été entamée et réduite en tous sens, je veux 
vous donner, en vous les citant, le moyen de juger immédiate- 
ment l'exactitude de mes idées , la justesse ou l'inanité de mon 
opinion. 

Allens au Hesquéno , et je vous montrerai là au moins cinq dé- 



— 85 - 

bris d'un magnifique autel , adhérent encore en partie au so]. Un 
de ces débris présente une masse énorme dont le détachement a dû 
exiger de puissants efforts. Ce débris est couvert dans sa partie su- 
périeure d'un inextricable réseau de bassins et de rigoles qu'on ne 
peut attribuer à des efiéts atmosphériques. Trois autres débris 
creusés aussi par le marteau destructeur, mais bien moins volumi- 
neux, ont été roulés à une petite distance et jetés sans ordre. La 
partie de Tautel encore adhérente au sol , moins élevée que le plus 
gros débris, parce que toute sa partie supérieure a été brisée et 
creusée de grandes excavations , présente , tout autour de sa base, 
une gorge qu'on peut suivre partout où le marteau ne l'a pas fait 
disparaître en brisant le rocher. 

Du Hesquéno passons au Gras-d'Or, à quatre cents mètres de là, 
et dans le nord d'un champ qui touche à une lande où gisent les 
débris d'un dolmen bouleversé , nous trouverons un autel adhérent 
encore au sol, plus mutilé, s'il est possible, plus bouleversé cer- 
tainement que celui du Hesquéno ; mais cet autel porte, comme le 
premier, les signes indélébiles de la dégradation , et le signe carac- 
téristique de son antique destination ; je veux dire la gorge qui si- 
mulait l'isolement de l'autel et du gradin *. 

Non loin du Gras-d'Or, entre Biler et Saint-Guen, je puis vous 
montrer, près l'un de l'autre, deux autels druidiques bien caracté- 
risés, et dont un sert, en ce moment, de carrière pour pierres de 
taille à son propriétaire. 

Aux incrédules et aux plaisants , je dirai : expliquez-moi pour- 
quoi tous ces rochers ont été creusés et sillonnés au marteau ; 
pourquoi leur débris dispersés sans ordre portent, même sur leurs 
faces inclinées, sur lesquelles la pluie n'a pu séjourner, des bassins, 
des gouttières, des échancrures; pourquoi ces rochers ont été 



* Entre le Gras-d'Or et le Hesquéno , on a trouTé récemment un celtsp perdu 
sous des broussailles , dans la propriété mémr. du H. squéno. 



-Se- 

brisés , sans qu'on ait cherché h en utiliser les débris ; et pourquoi 
enfin ces pierres sont évidées à leur base , comme le sont toutes les 
pierres à bassins , dressées ou non. Quand on m'aura répondu 
d'une manière satisfaisante , je serai le premier à rire de ma sim- 
plicité et de mes illusions. 

Vous comprenez, Messieurs, que je montre ici à la fois une 
grande hardiesse et une granle bonne foi , en vous offrant comme 
échantillons , pour que vous décidiez quelle est la valeur de mon 
système , les premiers autels venus , et qui sont plus mutilés que 
beaucoup d'autres ; mais ce sont les seuls à notre portée , et d'ail- 
leurs, si je parviens seulement à faire naître le doute dans vos 
esprits, ma cause est gagnée, car alors je vous dirai : parcourez 
les landes de Pleucadeuc et de Pluherlin , allez à la lisière de la 
forât de HanvCau , venez avec moi à la taille de Cadoudal , et en 
présence des pierres à bassins que vous y trouverez, vos doutes 
cesseront , et vous direz : oui , ces pierres ont été des autels , et ne 
sont que des débris d*autels ! Mais ne dites pas, Messieurs, avec 
les faiseurs de phrases : Voilà donc ces autels qu'un culte barbare 
inondait de sang humain!!! vous répéteriez une exagération 
qu'ont répandue méchamment les Romains , pour se venger du 
mépris que les druides afiSchaient pour leur absurde polythéisme. 
Ne suiBsait-il donc pas à ces féroces eonquérans d'avoir égorgé les 
sénateurs d'une nation vaincue ; d'avoir vendu ses guerriers à 
l'encan; fallait-il encore qu'ils calomniassent ses prêtres, dont la 
croyance en un Dieu unique , était plus élevée et plus respectable 
que la leur, au témoignage même des pères de notre Eglise! 

Sans doute, les druides ont sacrifié quelques victimes humaines; 
mais tous les anciens peuples en ont sacrifié , et rien ne prouve que 
nos ancêtres eussent un culte plus impitoyable que les autres 
peuples. Les E^ptiens, les Phéniciens, les Carthaginois, les 
Grecs et les Romains ont aussi égorgé des victimes humaines. Des 
vestales n'ont-elles pas été enterrées vives? Agamemnon n'a*t-il 



pss sacrifié sa propre fille aux dieux de la Grèce pour obtenir des 
vents favorables? Toutes les nations dans Tenfance respectent peu 
la vie des hommes ; et nous voyons de nos jours les sauvages égor- 
ger, rôtir et manger non-seulement leurs ennemis, mais encore les 
missionnaires qui ne leur parlent que d'une religion d'amour et 
d'un Dieu de paixl 

Quels hommes d'ailleurs immolaient les Druides , au dire dei 
Romains eux-mêmes? Des criminels, des esclaves et des prison- 
niers.... Mais je vous le demande, est ce que les Druides ne 
pouvaient frapper comme prêtres, ceux qu'ils avaient condamnés 
comme juges? Que faisons-nous nous-mêmes de certains condam- 
nés ? nous les frappons au nom de la loi , ils les immolaient au 
nom de la religion 1 Mourir sur l'autel ou mourir sur l'éohafaud, 
qu'importe à la victime? Et encore , à la honte de notre siècle, le 
glaive politique n'a-t-il pas frappé dans nos mains , nos rois et nos 
prêtres? 

Des esclaves, disent les Romains, étaient égorgés sur les autels 

celtiques 1 • • • au début d'une guerre, dans un temps de calamité 

publique, les Druides, pour se rendre le ciel favorable, offraient 
à leur Dieu le sang d'un prisonnier. . . . Mais les Romains , que 

faisaient-ils de leurs prisonniers et de leurs esclaves, même aux 
beaux jours de Rome ? Ils les jetaient aux murènes dans les piscines I 
ils les exposaient aux bêtes féroces dans leurs cirques I ils en faisaient 
des gladiateurs pour leurs spectacles I lo soldat gaulois prisonnier 
des Romains, frappé du glaive pour le plaisir des Romains , expi- 
rant dans une arène romaine, loin des siens et de sa chère patrie, 
enviait peut-être à l'esclave égorgé sur l'autel druidique l'honneur 
de mourir pour le salut d'un peuple. 

Certes, Messieurs, les Celtes n'étaient pas plus féroces que les 
peuples du même âge , et les sacrifices humains n'ont été che2 eux 
que des sacrifices exceptionnels. 

Mais pour venger nos ancêtres , je m'égare , Messieurs ; il faut 



que je me hftle de rentrer dans mon sujet , et de parler de leurs 
monuments. 

Avant de quitter la Roche-des-Coupes, devant laquelle je vous 
ai retenus longtemps, je me demandai bien des fois pourquoi réchan- 
crure dont je vous ai parlé avait été pratiquée, et je ne pus trouver 
d'autre explication que la suivante qui me paraît rationnelle , quoi- 
que conjecturale. 

Cette roche perdue dans les forêts , et qui peut-être avait servi à 
Taccomplissement de mystères solennels et sanglants , était restée , 
quoiqu'outragée et mutilée par le fer , un objet de vénération pour 
les hommes de la contrée ; et les apôtres chrétiens , ne pouvant 
vaincre leur obstination payenne , auront placé , dans ses flancs 
mêmes, la statue d'un saint, pour détourner ainsi au profit du 
nouveau culte, Tidée religieuse qui survivait à Tancien. 

Non loin de la Roche-des- Coupes, et dans la même chênaie, 
mon guide me fit voir une petite chambre isolée, bien humble , 
mais bien curieuse pour moi qui n'avais jamais eu Toccasion d'en 
voir une semblable. Cette chambre forme un cercle parfait, d'un 
mètre de rayon , et fermée complètement par des pierres debout 
qui se touchent toutes. Une pierre plate qui devait autrefois couvrir 
entièrement ce petit monument et le compléter , ne le recouvre plus 
aujourd'hui. On l'a repoussée sur l'un des côtés de la chambre , et 
elle repose en partie seulement sur quelques-uns des piliers qui 
la supportaient jadis. 

Cette chambre dont les pierres d'enceinte ne s'élèvent pas à plus 
de 30 centimètres au-dessus du sol , n'est pour moi qu'une tombe 
violée par la curiosité , ou plutôt par la cupidité; et pourtant cette 
modeste tombe a sans doute été élevée à un mort sans grand re- 
nom et sans grande fortune; et si ses cendres reposent encore dans 
cet humble monument , c'est sous la mousse des bois et non plus 
sous la pierre. 

J'avais vu. Messieurs, bien des monuments celtiques dans les 



- 39 — 

environs de Penclen ,\ei{ juin; il m'en restait beaucoup à voir, et 
du lieu où est située la chambre dont je viens de parler, j'aperce- 
vais, dans la taille de Guervasi , conlinualion de celle de Cadoudal, 
d'énormes pierres de granit qui levaient leurs fronts gris dans les 
dairiëres et parmi les branchages ; mais Theure pressait mon dé- 
part, et je ne pus, avant de quitter mon guide , que lui deo^ander 
des renseignements sur quelques monuments dont il me signalait 
Texistenco, dans ces bois peuplés de monuments. 

Mon guide me signala entre autres une pierre sonnante à la 
Grée -aux -Cerfs; je ne vous en parle que d*aprës lui : c( Sur une 
roche de granit qui lient à la terre , s'élève une autre roche de granit 
qui n'offre, en apparence , autre chose à remarquer que la position 
qu'elle occupe , et qui lui a été donnée , non par le hasard cer- 
tainement, mais par une volonté calculée. Si l'on prend une pierre, 
et qu'on roule cette pierre en la frottant sur la roche élevée , cette 
roche rend un son remarquable qu'on entend de fort loin. L'oreille 
appliquée contre la pierre ne peut supporter môme un instant l'in- 
tensité et l'éclat des vibrations sonores. )> 

Je ne vous garantis pas. Messieurs, l'exactitude du récit; je ne 
vous affirme pas qu'il n'y entre point quelque exagération ; je vous 
dis les choses comme elles m'ont été dites , en d'autres termes 
sans doute, mais dans la même mesure. Venez avec moi à la Grée- 
aux-Cerfs, et nous saurons exactement à quoi nous en tenir. Là , 
vous me direz si j'ai raison de penser que les pierres sonnantes, 
placées à portée des autels druidiques, n'étaient que des instru- 
ments pour appeler les Celles à la prière et aux sacrifices; ou si 
j'ai tort, vous me démontrerez mon erreur sur les lieux mômes où 
elle a pris naissance. 

Quelles que soient les causes qui ont déplacé la population de la 
Mésopotamie morbihannaise, il est certain que les vastes landes de 
cette contrée, aujourd'hui si désolét^s, étaient remarquablement 
peupMei; et pour appuyer cette opinion qui peut paraître étrange, 



-80 - 

j'apporte f n preuve» non -seulement le nombre des tombeaux, mais 
encore les innombrables traces de sillons, que les siècles n*ont point 
effacées du sol de nos forêts et de nos landes ; tant il est vrai que 
le temps détruit moins que ne le fait la main des bommes, qui , 
cbaque jour, brise, dans ces déserts , des monuments que tout ce- 
pendant devrait leur faire un devoir de respecter. 



POBLAD ÂR GUIBLBPEU. 

Je ne vous entretiendrai pas longuement, Messieurs, des autres 
peuplades celtes que je vous ai signalées, et môme je vous dirai peu 
de chose de celle-ci, pour trois raisons : la première, c^est que les 
monuments druidiques y sont bien moins nombreux que dans celles 
dont j*ai parlé ; la seconde , c'est que ces monuments diffèrent peu 
de ceux dont j'ai étudié devant vous les formes et les destinations ; 
la troisième, c'est que ces peuplades n'appartenant pas en totalité 
au Morbihan , je les connais peu ou mal, surtout dans les autres 
départements. 

La peuplade des forêts s'étend, je crois, dans l'arrondissement 
de Redon, jusqu'à Messac, au bord de la Vilaine ; et dans l'arron- 
dissement de Monifort, jusqu'à celte ville elle-même. J'ignore en- 
tièrement ouelles sont ses limites dans les Côtes-du-Nord. 

Dans cette peuplade, on trouve des alignements en Langon et 
en Saint-Just ; des groUes aux fées presque partout , mais entre 
autres lieux , en Augan, en Ploërmel, en La Chapelle et en Cour- 
non ; des tumulus en Médréac et en Saint-Léry ; des cromlec'hs en 
Tréhorenteuc ; et enfin un peu de tous ces genres de monuments 
dans l'antique forêt de Brocéliaode, aujourd'hut forêt de Paimpont. 

Les menhirs sont les monuments celtiques les plus répandus 

dans la Poblad ar Guibledeu^ et ces colonnes funéraires, qui ne 

s'y font point remarquer par leurs dimensions colossales, se signa- 

Jent, cependant, à cause de la dWetsiVé a^^onée car les Celtes de 



— 81 - 

eette peuplade, dans la manière de les isoler ou de les grouper. 
Ainsi, si en Pipriao on les trouve disposés par lignes régulières , 
comme à Languidie; si, en La Chapelle , ils forment un cromlee'h 
autour d*un dolmen, comme en PIœmeur;si, en Tréhorenteuc, 
comme en Carnac, on en observe sur des tumulus, on trouve, à 
Carentoir et à Tréhorenteuc, des groupes de menhirs affectant des 
dispositions toutes particulières, et dont on cherche en vain d*autres 
exemples dans le Morbihan. 

Au village du Gage, en Carentoir » des menhirs formés de blocs 
de quartz sont disposés en pattes d'oie, sur quatre rangées; et dans 
Tréhorenteuc on remarque plusieurs plates-formes, dont une a 
jusqu*à quarante mètres de longueur sur huit de largeur, qui, 
toutes élevées au-dessus du sol, sont bordées de menhirs. 

Hais, pour ôtre disposées ici autrement qu'ailleurs, les menhirs 
ne changent pas pour cela de caractère , et encore moins de desti- 
nation; toujours et partout ils marquent des tombes. 

Le nom de Jardin-des-Tombes donné, à Tréhorenteuc, aux 
plates'formes bordées de menhirs dont je parle , vient ajouter un 
argument de plus aux nombreux arguments que j'ai déjà fait va- 
loir pour étayer mon opinion. 

L'abbé Mahé, qui certes était un savant , mais n'était point un 
archéologue, accumule, dans son essai, citations sur citations pour 
démontrer que tous les monuments celtiques étaient des monu- 
ments religieux. Contrariant, à cet égard, l'histoire et la tradition 
qui nous enseignent que les Druides n'avaient point de temples, et 
qu'ils célébraient leurs cérémonies religieuses sous des chênes sa- 
crés, au fond des bois , ou sur les montagnes à la face du ciel, il 
ne veut voir dans les alignements rectilignes que des temples, dans 
les alignements circulaires que des enceintes sacrées , et dans les 
camps les mieux caractérisés, que des lémènes. 

Hais que trouve-t-on dans les témènes qu'entourent des menhirs 
plus ou moins élevés? souvent un menhir, quelquefois un dolmen, 
tareaent un tumulus, mais jamais un aulel. 



— 52 — 

Non, Messieurs, le cromlec*h ne disait point aux Celtes : Ne 
foulez pas cette terre, parce qu'elle est sacrée ; mais il disait : Ne 
violez pas cette terre sacrée, parce que là domxent en paix vos 
pères!!! 



POBUD ÀR HANNÉYBU. — POBLAO AR MANlffiKIflCKU. 



Je réunis, dans une seule étude, ce que j'ai à dire de la peuplade 
des montagnes et de la peuplade des sources, non seulement parce 
qu'elles me sont peu connues , et parce que j'ai peu de chose à en 
dire , mais c'est surtout parce que je soupçonne que ces peuplades 
qui, dans le Morbihan, paraissent isolées, pourraient bien n'en 
avoir formé qu'une seule. Si je connaissais les cantons de Maël* 
Carhaix, de Rostrenen et de Carhaix^ j'y trouverais probablement 
le trait-d'union qui , des deux parties , ne formait qu'un tout. Je 
donnerais à ce tout le nom de peuplade des sources, parce que le 
Scorff, l'isolle, l'Ëllé, le Laita, le Scaêr*Laôr et quelques autres 
rivières en sortent. 

C'est dans ces contrées si vastes et si désertes, que Ton remarque 
le moins grand nombre de monuments druidiques, et à coup sûr, 
ces monuments sont les moins curieux de tout le département. 

Des dix ou douze menhirs qu'on y peut voir , c'est sur la limite 
du Finistère, en Guiscriff, que s'élève le plus majestueux de tous. 
Il mesure cinq mètres cinquante centimètres, tandis que les autres 
n'atteignent au plus que quatre mètres^ môme le beau menhir, en 
poudingue, de Napoléonviile. 

Les seuls monuments anciens qui se fassent remarquer, et qui 
méritent d'être étudiés dans les peuplades celtiques dont je parle 
en ce moment, sont les buttes factices qui se présentent ici dans 
des conditions toutes particulières. On en compte un certain nora- 
ire, ei k plus belle se trouve dans la commune de Langonnet. 



~ 55 ~ 

Leurs dimensions en hauteur ne sont nullement en rapport avec 
rétendue de leurs bases, qui est généralement assez considérable. 
Ainsi , en Cléguérec, on trouve dans la lande du Reste, un tumulus 
qui compte trente mètres de diamètre à la base , et dont la hauteur 
n'est que de deux mètres vingt-cinq centimètres. En Cléguérec 
encore , dans la lande de Bieuzent, un autre tumulus qui a les 
mêmes dimensions à la base que le précédent , n'a qu'un mètre 
soixante -quinze centimètres d'élévation. 

Ces buttes sont-elles bien druidiques ? Il faudrait les fouiller 
pour répondre à cette question. Pour moi, j*en doute, et mon 
doute, à cet égard, est fondé sur ce qu'on trouve des buttes sem- 
blables dans les communes où Ton n'observe pas un seul monument 
celtique ; en Lignol, par exemple, où l'on voit, près l'un de l'autre, 
deux tumulus, dont un a cent vingt mètres de tour et trois mètres 
de hauteur, et l'autre quarante-cinq mètres de circonférence et 
seulement un mètre vingt centimètres d'élévation. 

Jusqu'à ce que des fouilles nous aient dit ce qu'on doit penser 
de ces buttes factices , je crois qu'il est prudent de ne hasarder, 
sur leur usage, aucune opinion. 



POBUD AR IMI2I. 



Ce n'est pas parce que je pense que les habitants des îles qui se 
trouvent en dehors du Morbihan , formassent une peuplade parti- 
culière que j'en parle à part ; car je crois, au contraire, que les îles 
étaient peuplées par les Vénètes de la cote , et relevaient de ceux- 
ci. Seulement, les Vénètes formant une république fédérative , les 
diver<;es iles devaient représenter divers états, à la fois indépen- 
dants et liés aux autres dans le même gouvernement. Ils comptaient 
sans doute quelques membres dans le sénat romain égorgé par 
César. % 



— 84 — 

Comme dans la Poblad ar Mor, on trouve dans ces iles des 
menhirs, des dolmens, des tumulus et des cromlec*bs; mais c'est 
surtout à Groix que ces monuments se voient en plus grand 
nombre. 

Cette circonstance , jointe au nom de File et à une prétendue 
tradition locale , a suffi pour faire penser à quelques archéologues 
qu'elle était peuplée, non de Druides, mais de Druidesses, comme 
rile de Sein. J'ai peu de confiance , je l'avoue, dans les éiymolo- 
gies y car on fait dire à un nom composé tout ce qu'on veut, et ce 
nom pour moi n'estqu'une indication, une invitation à de sérieuses 
recherches; or ici, l'indication n'est pas justifiée, que je sache. 
En effet , quand il serait vrai que le nom de Croix donné à cette 
île , vint du breton Groac'h ou Grouac'h qui ne peut s'appliquer 
qu'en mauvaise part, à de vieilles femmes, à de vieilles sorcières , 
je ne vois pas que de ce nom injurieux on dût tirer cette conclu- 
sion forcée, que Tîle fut habitée par des Druidesses , qui , comme 
les Druides, devaient être honorées des Celles. Le grand nombre 
de monuments celtiques dans cette localité , ne prouve qu'une 
chose pour moi, c'est qu'elle était autrefois très -peuplée. Quant à 
son nom, il ne prouve rien, et j'aime autant pen.^er qu'il veut dire 
l'ile de la Croix , iîiis er Croêz , que l'île de la Vieille ou l'ile des 
Sorcières. 

Les deux petites îles de Houat et de Haedic ne présentent guère 
que quelques menhirs debout ; mais c'est assez pour prouver que 
ces îles ont éié très-anciennement peuplées. 

M. l'abbé de la Lande, qui a écrit sur elles un ouvrage fort in- 
téressant, doute de ce fait; pour moi, je ne puis en douter, car 
partout où je trouve des tombeaux , je conclus à Texistence d'une 
population, et j'ai Tintime conviction que les menhirs sont des 
cippes funéraires. Il est possible que ces îles dévastées par les 
Normands, aient été pendant un temps, abandonnées par leurs ha- 
bitants ; jpais certes, elles oui été peuplées par les Celtes. 



— w - 

Si les monuments de Groix, de Haedic et de Houat ne nous of- 
frent rien de particulier à noter , ceux de Belle lie, au contraire, 
méritent de fixer notre attention. 

Le sol de la Vendilis des Romains^ de la Guédel du moyen-âge, 
de VEnezer-Guerveur de nos Bretons, n'est point granitique; 
mais il est schisteux, avec des veines de quartz. Aussi les menhirs 
de cette île sont en schiste, à l'exception de deux , dont un est en 
quartz, près le moulin de Gouc'h , et l'autre, nommé Jeanne de 
RuneU), est en granit. Ce dernier menhir dont la hauteur est de 
près de huit mètres , cube, dit- on , un poids de 25,300 kilogr. , 
et pourtant ce colosse si pesant a du passer la mer ! 

Seul , ce menhir établirait incontestablement que les Vénètes 
formaient un peuple puissant et intelligent; car la force brutale ne 
saurait extraire, transporter par mer et dresser une pareille masse ! 

Jeanne de Runelo n'est pas, du reste , le seul monument de 
granit que l'on trouve en Belle-île, puisqu'on y voit encore une 
pierre branlante près du moulin de Gouc*h , et deux dolmens en 
granit, l'un près du moulin de Runédaol, et l'autre élevé sur le 
tumulus du même nom. 

Ce qui doit nous occuper un instant, ce sont les grottes de Belle- 
He et ses buttes qui diffèrent essentiellement des grottes et des 
buttes que nous avons signalées dans les autres peuplades. Les 
premières ne sont que des soiyerrains qu'on nomme dans le pays 
des garennes; les secondes ne sont que des monlissels , et voici 
pourquoi : 

Avec le granit que des familles opulentes tiraient de la côte à 
grands frais, on pouvait construire, h Guerveur (la grande ville), 
des grottes comme à Carnac ; mais toutes les familles n'étant pas 
en état de se procurer du granit pour élever des tombeaux , force 
fut bien aux gens peu aisés de se servir de la pierre du pays, c'est-" 
à-dire du schiste. 

Or, avec le schiste, on ne pouvait conslmitô des ç;to\Xeç» ^^ V^ttfiA 



— 56 — 

ordinaire, et les charger d'une butte, sous le poids de laquelle les 
tables eussent rompu et entraîné la ruine de ces monuments. Il 
fallait donc donner à ces grottes une forme nouvelle , et ce fut celle 
de l'ogive qui fut adoptée. Les pierres debout furent opposées par 
couples et disposées en chevron, c'est-à-dire qu'espacées à la base, 
elles furent jointes par le sommet. 

Telles sont les grottes de Belle-Ile qui n'étaient, comme les dol- 
mens et les roches aux fées, que des caveaux sépulcraux ; et si les 
montissels qui les couvrent n'ont pas , comme à la côte , des pro- 
portions gigantesques , c'est que le schiste qui les forme , quoique 
disposé de la manière la plus favorable, n'eut pu, sans se rompre, 
supporter une masse énorme que les plus puissantes tables de 
granit n'ont pu toujours soutenir elles-mêmes. 

Les nombreux montissels de Belle-Ile fournissent , à ceux qui 
soutiennent que les grottes et les dolmens étaient enfouis autrefois, 
un bon argument de plus à l'appui de leur opinion ; comme aussi 
la chambre sépulcrale , découverte tout récemment sous la butte de 
Tumiac et qui n'a que trois supports , répond à l'objection des ar- 
chéologues qui veulent voir des autels dans les dolmens sans allée 
couverte. 

Après avoir parlé des monuments druidiques dans les diverses 
peuplades du Morbihan , je crois devoir dire quelques mots sur les 
instruments et sur les ornements que des fouilles heureuses nous 
ont fait découvrir dans les tombeaux celtiques. Nous devons parler 
aussi des témènes que nous regardons comme une erreur de l'abbé 
Mahé. Ce docte chanoine veut que tous les peuples d'une origine 
commune aient conservé , malgré leurs migrations^ malgré leurs 
mélanges avec les autres peuples et sous toutes les latitudes , les 
mêmes coutumes, les mêmes usages et les mômes monuments. 
Aussi, ce littérateur distingué cite Homère ou Virgile , Moïse ou 
Hinutius Félix, Dion Cassius ou Prévost, pour prouver que les 
monuments de l'Armorique avaient les mômes destinations que les 



~ 57 — 

monuments analogues de TEgypte , de la Grèce et de la Tartarie. 
Cette maaière de raisonner par analogie me semble vicieuse. De- 
puis le déluge , tous les peuples paraissent être sortis des bords de 
TEuphrate et du Tigre, et pourtant nous trouvons chez tous, et 
surtout en raison des climats , des usages différents et des monu- 
ments variés pour les formes et pour les destinations. Souvent môme 
les peuples changent avec le temps leurs coutumes. Ainsi dans les 
grottes que nous ouvrons , nous trouvons tantôt des squelettes en- 
tiers et tantôt des cendres humaines. Il est cependant à peu près 
certain que toutes ces grottes sont dues au même peuple , puis- 
qu'elles portent les mêmes caractères, qu'elles présentent les mêmes 
formes et qu'elles servent aux mêmes usages. 

Quand M. Mahé, lisant dans V Histoire des Voyages de Prévost, 
des descriptions de lémènes entoures de rejets de terre , en Tartarie 
et en Sibérie, en conclut que les Vénètes avaient des témènesj il a 
tort, car autant vaudrait dire qu'ils avaient aussi des temples, 
puisque les Egyptiens , les Grecs et les Romains en avaient. Avec 
cette manière de raisonner , l'abbé Mahé en était venu à méconnaître 
dans le Morbihan tout ouvrage militaire , tout retranchement , et 
ù prendre d'anciennes clôtures pour des enceintes de témène. Je 
ne parlerai pas ici des témènes enceints de fossés , mais je vais 
dire un mol des témènes entourés de menhirs. 

Entre Vannes et la Chesnaie , et tout près de ce dernier lieu , on 
trouve un menhir entouré de pierres ; mais éludiez avec réflexion 
cette prétendue enceinte sacrée, et vous ne larderez pas à recon- 
naître que la destruction armée a passé là , et que ce sont les débris 
du menhir qui forment le chromlec'h et par conséquent le témène. 
Au delà de la Chesnaie , un menhir brisé a vu répandre autour 
de lui les éclats de sa partie supérieure ; voilà encore un témène 
expliqué. 

Entre Penher et Kerbistoret , en Plœmeur , on observe sur un 
^umulus ce que l'abbé Mahé appelait un demi-dolmen; tout autour 



du tumulus on trouve des pierres disposées encercle; mais un 
examen sérieux fait bientôt reconnaître que le demi^dolaien n'est 
qu*un dolmen ruiné de fond en comble , dont les débris ont roulé 
de tous les côtés , les uns jusqu'au bas de la butte et les autres à 
différents points de cette butte. Encore un témëne et un cromleo*h 
dus à une destruction. 

Voyons maintenant le témëne par excellence que l'on trouve au 
village de Kergonan , dans l'Ile-aux-Moines. Je ne puis voir là , je 
l'avoue, qu'un cimetière dont les tombes ont été disposées en rond, 
comme elles le sont en long à Carnac. Il y a oromlec'h , mais rien 
ne me prouve qu'il y ait témène. 

Les Druides n'avait ni temples , ni idoles; ils n'adoraient qu'un 
seul Dieu^ avant la conquéie romaine du moins; ils sacrifiaient à 
ce Dieu , sur des autels bruts , des victimes de toutes sortes ; mais 
ils ne se servaient jamais des métaux dans ces sacrifices, et re* 
jetlaient surtout le fer comme impur. Cette proscription du fer 
tenait peut-être à ce que ce métal s'oxide plus que tout autre au 
contact du sang. Leurs couteaux sacrés que nous nommons Celtse 
étaient toujours façonnés dans la pierre. On a trouvé des couteaux 
dans toutes les peuplades, tantôt isolés, tantôt en groupes. On vient 
d'en recueillir trente dans la seule grotte de Tumiac. 

Piquants d'un bout, tranchans de l'autre, tous les cellae sont 
propres à la destination qu'on leur assigne. Plusieurs ont é:é évi- 
demment emmanchés, et quelques-uns sont assez volumineux pour 
avoir servi de haches, et assez forts pour avoir abattu les plus 
puissants animaux. Un des celi» trouvés à Tumiac , a 45 centimètres 
de longueur, et pèse 2620 grammes. 

Les celtas sont ordinairement taillés dans le granit et dans le 
silex; mais on en trouve aussi en jade et en trémoline dure , et tous 
sont polis avec une rare perfection. 

On a trouvé dans des tombeaux vénètes des colliers et des bra- 
celeLs d'or, comme aussi des colliers et des bracelets k grains 



- 59 - 

d'agalbe, de jaspe otde quartz ; c'est qu'autrefois on inhumait les 
morts avec les objets et les bijoux les plus précieux. Cet usage a 
dû exciter bien des convoitises à la violation des sépultures. 

Une des recherches les plus iniéressanles à faire , serait celle qui 
aurait pour objet de découvrir les fonctions et les rangs occupés 
dans la société , par les morts dont on fouille les tombeaux , suivant 
la nature des objets qu'on trouve auprès d'eux , suivant que leurs 
ossements sont entiers ou calcinés, suivant enGn la position que 
ces restes mortels occupent dans la grotte. Ainsi les celtae pour- 
raient marquer que le mort avec lequel ils ont été enfouis était un 
sacrificateur, c'esl-a-dire un Druide ; des armes indiqueraient pro** 
bablement un guerrier ; des colliers d'or révéleraient des chevaliers, 
ou d«4 personnages opulents et de haut rang... 

Puisque nous sommes dans le champ des hypothèses, allons plus 
loin : 

On a trouvé dans la grotte , sous la butte de Tumiac, et dans la 
chambre de cette grotte, des ossements non calcinés, des celtœ et 
des colliers de jaspe. Ne peut-on supposer que là reposait un Druide; 
que les Druides n'éiaient point après leur mort, mais avant leur 
sépulture, livrés aux flammes, comme l'étaient les hommes des 
autres ordres; que les Druides portaient des colliers de pierres 
précieuses , que tandis qu'on déposait les cendres dans les allées, 
ou dans les gorges des grottes sépulcrales, seuls les restes des 
Druides étaient placés dans la chambre même; et qu'enfin le Druide 
enterré à Tumiac et dont le corps occupait un des côtés de la 
chambre, n'éiait qu'un sacrificateur de deuxième ou de troisième 
classe , le milieu de la chambre étant réservé au chef des Druides 
dans chaque peuplade? Ne peut on penser avec quelque rdison , 
que tout le monde ne pouvait aspirer à la grotte , et que beaucoup 
n'avaient droit qu'au menhir. 

Toutes ces supposiiiuns sont sans valeur, je le sais; mais je les 
lance à dessein comme sujets d'étude, et pour provoquer la critique, 
parce que la critique sérieuse fait progresser la science. 



— 40 — 

J*ai parlé , Messieurs , de tous les genres de monuments cel- 
tiques que le Morbihan possède ; j'ai établi devant vous des discus- 
tions sérieuses sur les diverses destinations que les archéologues 
leur ont assignées ; et j'ai développé quelques opinions nouvelles , 
sur lesquelles j'ose appeler votre attention et votre examen. 

La carte achéologique que j'ai dressée pour le Morbihan, et que 
tout antiquaire est apte à rectifier et à compléter , suivant ses con- 
naissances locales et suivant se» vues ^ est, croyons-nous, une idée 
nouvelle qui , si elle se généralisait en Bretagne , pourrait nous 

conduire à des résultats qui ne seraient pas sans importance pour 
l'étude de son histoire , dans les temps anciens ; mais il faudrait 
que les archéologues des départements voisins voulussent bien diriger 
leurs recherches, dans le sens suivant lequel nous avons opéré les 
nôtres , et c'est à vous , Messieurs , qu'il appartient de provoquer 
et de diriger ces recherches , si vous les croyez utiles. 



-41 ~ 



CHAPITRE II. 



DE U YÉNliTIE PENDANT LA CONQUÊTE ROMAINE. . 



J'arrive maintenant à la seconde partie de la tâche que je me 
suis proposée; partie bien plus ingrate que la première, puis- 
qu'elle est toute de discussion, et que nous ne pouvons ici faire 
parler des monuments qui n'existent point. La conquête, Messieurs» 
détruit et ne fonde pas; elle ne laisse après elle» surtout celle de 
la Vénétie par César, autre chose que des larmes et du sang. 

Vous aviez demandé , Messieurs , aux archéologues morbihan- 
nais , lors du congrès de Lorient , de vous signaler les monuments 
d'art militaire , dont on put rapporter l'origine à l'expédition de 
César contre les Yénètes , et personne parmi nous n'avait pu vous 
répondre. Je crains bien que cette année» au congrès que vous venez 
d'ouvrir à Vannes , notre impuissance à vous satisfaire ne soit la 
même , et pourtant cette question a été traitée, ex professa, dans 
un ouvrage plein d'attrait , de hardiesse et de conviction , par un 
littérateur de talent, un professeur distingué , mais qui malheu- 
reusement n'a pas vu par lui-môme les choses dont il parle , et 
n'est certes pas aussi versé dans les études archéologiques» qu'il 
l'est dans lesr études classiques. 

Sans doute, le curieux ouvrage de M. Tranois doit avoir un 
grand succès dans notre province , où tout ce qui touche à notre 
histoire et à nos monuments éveille un vif intérêt; saasdQul^> 



- « - 

cet ouvrage bien écrit et qui présente des opinions nouvelles 
nettement posées et consciencieusement soutenues , pourra sati|- 
faire les esprits intelligents qui n*auront ni vu , ni étudié sur les 
lieux les choses dont il traite ; mais je ne pense pas que les con- 
victions de M. Tranois fassent naître beaucoup de convictions parmi 
les hommes sérieux qui ne se laissent pas entraîner par les séduc- 
tions du style , qui veulent voir avant de croire , et qui visiteront 
ou auront visité avec soin Cenio, Holavre, Gavr'innis et Pen-Casld, 
où César a laissé , selon M. Tranois, des traces ineffaçables de son 
passage. 

Quoique plein d'estime pour M. Tranois qui a laissé , parmi 
nous, les plus honorables souvenirs ; quoique pénétré du mérite 
littéraire et de la valeur scientifique de son œuvre , je ne puis (forcé 
que je suis par mon sujet même), me dispenser de combattre ici, 
avec rénergie qui naît d'une étude sérieuse et d'une entière 
conviction, ce que je crois voir dans cette œuvre d'appréciations 
erronées, d'affirmations trop hardies, de conclusions légèrement 
formulées, et d'impossibilités physiques. 

Si M. Tranois était un homme sans mérite, si son œuvre était 

sans importance , si les erreurs qu'il tend à consacrer étaient sans 

portée, je me donnerais bien garde d'attirer l'attention sur lui et 

de provoquer la discussion sur ses opinions; car je suis de ceux 

qui pensent que la critique sérieuse ne doit s'attaquer qu'aux 

hommes et aux choses de valeur; mais il n'en est pas ainsi du 

système que M. Tranois a développé sur la guerre de César contre 

les Vénèles. Ce système est simple, facile, et par là même en- 

tiraînant; mais je le crois complètement erroné, et je duis l'attaquer 

dans toutes ses parties; aussi, avant de commencer la discussion, 

je prie M. Tranois de me pardonner une critique qui sera de ma 

part aussi respectueuse que ferme, aussi bienveillante que franche, 

mais qui doit être absolue sur un terrain que je crois être celui de 

la vérité. 

Arnicas Plalo , mag,\a ùxÀca Net\\a&. 



-45 - 

Toute la partie archéologique de Touvrage de M. Tranois, 
manque d'une base solide , car il n'a rien vu par lui-même , si ce 
n'est Conlo. Il avoue, avec une louable bonne foi , qu'il ne parle 
de la chaussée de Goalabre et de celle de Gavernis ( deux ile^ dont 
il connaît mal le nom ), que sur des renseignements qu*il n'a pas 
contrôlés; et pourPen-Castel, dont il n'a qu*un souvenir confus, 
il s'en rapporte à la description de Cayot Délandre, qu'il n'a pas 
suivie cependant. 

Vous voyez , Messieurs , que les erreurs qu'a pu commettre 
M. Tranois , s'expliquent facilement , et que s'il a eu le tort, fort 
grave en archéologie , de s'en rapporter à des indications et à des 
descriptions fournies par des hommes fort honorables sans doute , 
mais complètement étrangers aux études et aux délicates apprécia- 
tions monumentales , au moins ces erreurs ne compromettent en 
aucune manière la rectitude de son jugement , qu'il n'a exercé 
ici que sur des données inexactes. 

Quant à la partie systématique , elle me semble conçue et écrite 
sous l'empire d'une préoccupation qui pèche aussi par la base ; cette 
préoccupation , la voici : 

La description que fait César des oppida des Vénèles , se rapporte 
au Morbihan , et ne peut se rapporter qu'à lui seul. Or, les Vénèles 
du Morbihan dont la marine était puissante , n'avaient pas de 
places plus fortes à opposera César que leurs îles, et c'est dans ces 
îles qu'ils ont dû se réfugier : donc, c'est autour de ces iles qu'on 
doit chercher les chaussées et les digues que César, comme il 
nous l'apprend , fut obligé de construire pour s'en emparer. 

Si l'on objecte à M. Tranois que César ne parle pas d'iles, mais 
seulement de promontoires, M. Tranois répond : a Ungulis et 
promontoriis sont des expressions qui caractérisent on ne peut 
mieux les iles et les presqulles qui bordent les rivages du golfe 
morbihannais, et qui étaient devenu les oppida. » 

C'est de cette opinion bien arrêtée , quoiqu'elle ue soU (oadéû 



— 44 — 

que sur une interprélalion forcée , que M. Tranois part pour ar- 
river à des applications plus forcées encore ; car, après nous avoir 
montré César élevant des chaussées pour attaquer des îles situées 
à cent mètres du rivage , il nous le monlre bientôt construisant des 
digues de dix-huit cents mètres et plus , au milieu de courants 
dont nous connaissons tous Tirrésistible violence. Eh bien, pour 
prouver que ce ne sont pas des îles écartées que César a attaquées, 
et que la description que ce général donne des oppida des Vénètes 
ne se rapporte pas au Morbihan, je me contente d'opposer à 
M. Tranois , M. Tranois lui-même , car voici ce qu'il dit , 
page 26 : 

n La plus grande partie des places étaient situées dans des îles, 
» mais dans âes îles où Ton pouvait parvenir à pied, ou du moins 
» d'une manière guéable au moment de la basse mer. Le général 
» romain qui d'ailleurs à l'époque de ces attaques avait très-peu 
» de vaisseaux, n'osait en faire usage, dans la crainte, nous 
» dit-il , que le reflux ne les laissât à sec. » 

Ne trouvons-nous pas y Messieurs, dans ces deux phrases de 
M. Tranois , le renversement complet du système qu'il veut établir? 
car, en premier lieu, les îles situées à dix-huit cents mètres et 
plus de la côte , et où l'on ne pouvait parvenir à mer basse d'une 
manière guéable, n'ont point été attaquées par César, et dans ce 
cas, ce n'est pas lui qui a construit la chaussée de Gavr'innis, et 
encore moins celle de Holavre (vrai nom de l'îlot que M. Tranois 
nomme Goalabre). Les navires peuvent aborder ces îles à toute 
hauteur de marée , sans rester jamais à sec, du moins les navires 
que César avait à son service et qui marchaient a la rame. 

En second lieu, César n'ayant avec lui que quelques navires , 
on ne saurait admettre que le théâtre des sièges entrepris par ce 
conquérant fut le Morbihan même. 

En effet, comment supposer que quelques vaisseaux romains 
aient pu pénétrer dans celte mer fermée, si bien gardée , du reste, 



— 45 — 

par une flotte de deux cents vingts voiles; enGn, comment ad- 
mettre que ces quelques vaisseaux aient séjourné plusieurs mois 
dans le Morbihan , le sillonnant en tous sens , de Port-Navalo à 
Conlo, de Conio à Holavre, de Holavre à Gavr'innis, sans avoir 
été pris, détruits ou brûlés par les Vénètes maîtres de celle mer. 

Après avoir passé la Vilaine , César s*est trouvé chez les Vénètes 
et a été forcé d'attaquer les oppida de la cote , depuis Billiers jus- 
qu'à Arzon , afin de préparer à la grande flotle qui devait plus tard 
le rejoindre, des abris et des ports de refuge qu'elle n'eut point 
trouvés sur une cote insoumise. Or, César a dû rencontrer sur cette 
cote de quoi l'occuper au moins quatre mois, s'il a été forcé de 
faire le siège de tous les promontoires, de toutes les langues de 
terre, de tous les îlots détachés qu'on y rencontre. Ces caps et ces 
îlots bordés de rochers qui découvrent à mer basse , offrent bien 
toutes les difficultés dont parle César, et qui faisaient courir aux 
quelques vaisseaux qui l'accompagnaient des dangers sérieux. 

Mais, admettons un instant que les convictions de M. Tranois 
soient fondées , et que ce sont bien les îles et les presqu'îles du 
Morbihan, que César désigne comme les ayant attaquées et prises ; 
nous sommes forcés alors d'étudier avec soin les chaussées et les 
digues dont M. Tranois fait remonter l'origine à ce conquérant, et 
c'est ce que nous nous empressons de faire. 

Nous nous arrêterons d'abord à Conlo , « où Ton remarque, dit 
» M. Tranois, les traces d'un vieux campement, un oppida sans 
» doute, * et où subsistent encore, dans presque toute la traversée, 
» les assises d'une chaussée enlevée par les eaux depuis plusieurs 
» siècles. Le service de Conlo à Vannes et autres lieux voisins se 
» fait en bateau avec la plus grande facilité ; d'un autre côté, on peut 



* A l'exemple de M. Tranois , je fais le mol oppida invariable , quoique je 
BHche bien qu'en latin ce mot soil le pluriel d'oppid im. J'agis, à son égard, 
comme on le fait à Tégard des mots celtœ et tumulus qu*on emploie , soit au 
singulier, soit au pluriel, sans on changer les désinences. 



— 46 - 

» en sortir et y entrer à pied au moyen d'un petit sillon en pierres, 
» qui traverse le passage du nord au sud. Il a donc fallu, pour en- 
»> treprendre une construction aussi dispendieuse que celle dont on 
M retrouve les traces , un motif d'intérêt public, et la guerre faite 
» par César aux Yénëies, vient nous la faire connaître. » 

J'aurais ici bien des objections à opposer à M. Tranois; mais 
jo me borne à en établir quelques unes qui suffiront et au-delà à 
démontrer que d'autres causes d'intérêt public que la guerre , ont 
dû faire entreprendre cette énorme chaussée de moins de quatre 
mètres Je largeur, et de plus, à vous prouver, Messieurs, l'impos- 
sibilité que ce soit César qui ait élevé cette chaussée. 

Tout le monde sait ici que les abords de Vannes , soit par l'an- 
cien, soit parle nouveau cbenal, sont impraticables à marée basse; 
tout le monde sait aussi que tous les habitants des îles du Morbihan, 
aussi bien que ceux de la presqu'île de Langle, passent à basse 
mer, par l'île de Conlo, pour venir à Vannes, et qu'on ne trouve 
aucun abord possible ailleurs pour les bateaux, la côie étant par- 
tout encombrée de vases qui en rendent les approches impos- 
sibles. . 

Voilà , je pense, un motif d'utilité publique suffisant pour faire 
établir une chaussée entre Conlo et la terre ferme. Je n*ai pas be- 
soin , comme le fait M. Tranois, de faire intervenir ici un intérêt 
privé qu'il serait facile cependant d'établir. 

Ainsi, de Langie à Conlo, un batelier trouve à gagner son pain 
quotidien , seulement en exploitant les besoins de cette chétive et 
pauvre population do la presqu'île de Séné; et pourquoi le proprié- 
taire de Conlo n'eut-il pu établir une chaussée et un droit de pas- 
sage sur cette chaussée , qui sert , non seulement aux habitants de 
la presqu'île de Langie , mais à tous les habitants des îles et à 
beaucoup de riverains du Morbihan? 

Je serais assez disposé à croire que l'ile de Conlo a pu ap* 
pMenir autrefois aux moines de Bo^dvc ^ c\ui couvaient bien y 



-47- 

élever de jeunes taureaux , puisque M. Tranois prétend que Conio, 
en transformant u en n» et eau en o , veut dire ile des jeunes tau- 
reaux, et que ces religieux ont bien pu établir la chaussée et exiger 
un droit de passage. 

Maisjen*ai point à désigner -ici Tauleur ou les auteurs de la 
chaussée de Conio; j*ai seulement à prouver que ce n*est pas 
César qui Ta construite, et pour cela, il me suffit de jeter les yeux 
sur la seule assise de pierres qui existe encore. 

Cette assise est régulière, de même largeur partout, et tirée au 
cordeau dans toute sa longueur. Est ce là, je vous le demande, un 
ouvrage militaire ou un ouvrage civil? Est ce en présence d'un 
oppida, d'un camp peuplé d'ennemis qu'une armée exécute des 
travaux réguliers? 

Je ne crois pas plus à Toppida que M. Tranois place à ConIo, 
qu'aux deux témënes que M. Mahé veut y voir. Des parapets en 
terre , élevés de deux pieds et demi , ne peuvent convenir qu'à des 
clôtures, et de nos jours, on en élève a Conlo rième do semblables. 
Je sais bien que ces parapets ont dû eire plus élevés autrefois, ei 
que le temps les a affaissés; mais la largeur des fossés qui régnent 
autour de ces parapets, prouve que leurs dimensions, en largeur et 
60 hauteur, n'ont jamais dépassé ceux des talus de nos champs. 

La chaussée de ConIo n'a rien de romain; elle était inutile pour 
César qui n'avait personne à combattre dans ceUe ile; et dans tous 
les cas, si César avait eu là un ennemi à attaquer, il eut entassé 
des terres et des pierres pour refouler la mer, sans s'inquiéter, la 
moins du monde, de symétrie et de régularité. 

Passons maintenant à la chaussée de Hulavre , que M. Tranois 
heureusement n'a jamais vue: je dis heureusement^ parce que 
Terreur dans laquelle il a été entraîné n'est pas la sienne, et que, 
pour l'attaquer, je me sens les coudées plus franches. 

Quoi qu'on ait pu dire à M. Tranois touchant la chaussée de Ho- 
lavre, j'ose affirmer que César, pas plus que peTSOiiw^,vC%.Vi«^^tL- 



— 48 — 

diquerune seule pierre dans sa construction, car c'est une chaussée 
naturelle ; et, dans le cours de mes voyages , en qualité de chirur- 
gien entretenu de la marine de TËtat , j'ai eu occasion de voir des 
chaussées du même genre, formées de rochers entassés et affectant 
des dispositions tantôt allongées et tantôt circulaires. Ouvrez , 
Messieurs, le Pilote français de M. Be^utemps-Baupré , et vous 
verrez, sur la carte du Morbihan, la chaussée de Holavre désignée 
comme un plateau de roches qui couvre et découvre suivant les 
marées ; vous verrez qu'à l'extrémité de la chaussée, on trouve im- 
médiatement 38 pieds d'eau , au niveau des plus basses mers ob- 
servées. Le banc est acore, comme on dit en marine. 

Ce banc eu chaussée de Holavre marche droit au N. E. , vers le 
cap do Peu Boc'h, où M. Tranois voit une tôte de pont à proléger, 
dans les ruines romaines qu'on y remarque. C'est donner à cette 
chaussée un développement de 3^000 mètres! Où sont les carrières 
qui ont fourni les matériaux de cette immense chaussée? Dans 
cette direction , la chaussée de Holavre rencontrait les iles de Lo- 
goden, M. Tranois en a-t-il trouvé là quelque trace ? 

Mais, admettons que la chaussée fit un coude pour rejoindre la 
pointe d' Arradon ; alors , elle coupe directement les courants de la 
rivière de Vannes, et M. Tranois lui-même juge la chose impos- 
sible , car il dit : « Du promontoire où attère aujourd'hui le bac 
» du passage^ il serait de toute impossibilité, à cause des cou- 
») ranls, d'élever une chaussée quelconque pour arriver à l'Ile-aux- 
» Moines; il y avait donc une raison décisive pour que le général 
» romain tournât tous ses efforts contre l'île de Goalabre. » 

Mais , quelle différence y a-t-il donc entre le courant près de 
Holavre et le courant près de l'Ile aux-Moines ? N'est-ce pas le 
môme volume d*eau lancé dans la même direction, dans les mômes 
espaces et sur les mômes profondeurs? 

Enfin , qu*est ce que César va faire à Holavre , rocher sans eau 
et sans aucune importance, éloigné d'ailleurs de plus de daux cents 



— 49 - 

mètres de TUe aux-Moines? Entre ces îles on ne trouve pas trace 
de chaussée. Il était aussi facile, ou du moins il n*était pas plus 
difficile à César, d*aller directement de la pointe d'Arradon à la 
pointe de Tlle -aux-Moines par la Truie, que d*aller chercher 
Holavre par de plus grands fonds , et c'était bien plus court. 

Mais laissons Holavre , passons à Gavr'innis où nous allons en- 
core trouver une chaussée que M. Tranois ne connaît que par des 
rapports. J*ai passé en canot, le 16 mai dernier , de Gavr*innîs à 
Larmor-Baden, sans pouvoir observer cette chaussée que j'avais le 
plus grand désir de voir; mais admettons-la', et demandons à 
M. Tranois quelle preuve il a qu'elle est due à César ; M. Tranois 
répond : <c Cette chaussée est un immense travail qui n'a pu être 
» entrepris que dans un but du plus haut intérêt , et quel autre but 
» que celui d'une conquête eut pu motiver* des travaux et des dé- 
» penses considérables? La valeur de l'île de Gavr'innis est bien 
» loin d'approcher des frais qu'a dû coûter une pareille construc- 
» tion; donc, certainement cette chaussée est encore une de celles 
» que César nous dit avoir construites pour l'attaque des îles vé- 
» néiiennes. » 

Mais, doit-on mesurer toujours l'importance des travaux à la va- 
leur des lieux? D'ailleurs, en raisonnant ainsi , on arriverait faci* 
lement à transporter le théâtre de la guerre, du Morbihan sur les 
bords de l'Etel , où l'on voit des chaussées énormes dues à des ef- 
forts tellement gigantesques, que nos paysans les disent surhumains, 
et qui ne sont nullement en rapport avec la valeur vénale des îles 
qu'elles relient à la terre? J'aurais même a montrer deux chaussées 
vraiment romaines , élevées à Noslang par les Romains , dans des 
lieux sans importance actuelle. 

Revenons à la chaussée de Gavr'innis , à laquelle je veux bien 
croire sans l'avoir vue , et de laquelle je ne puis parler que sur la 
description qu'en donne M. Tranois, d'après les pêcheurs de Loc- 
miquel ot ceux de Lârmor. 



— 50 — 

« Dans les plus basses marées, la chaussée découvre jusqu'aux 
» trois quarts du trajet entre les deux terres, et vers le milieu, il y 
)» a une coupure qui semble avoir dû autrefois être recouverte d'un 
)' pont. » 

Cette coupure recouverte d'un pont, ne suffit-elle pas, pour 
prouver que cet ouvrage régulier n*a pu être opéré par César, en 
présence des combattants de l'île , et de la formidable flotte des 
Vénëtes qui, de jour comme de nuit, à la marée haute comme à 
la basse mer, aurait in(]uiéié les travailleurs romains et détruit leurs 
labeurs, ne fut-ce qu*en conGant des poutres aux rapides cou- 
rants qui régnent dans ces parages. Ce n'est pas en quatre mois que 
la chaussée de Gavr*innis eut pu être faite, surtout dans les con- 
ditions où devait se trouver César. Comment admettre que les 
Romains, après avoir terminé une des piles ou culées du pont, 
aient pu établir une secoade pile à plusieurs mètres de la première, 
et transporter les matériaux pour la construction de la chaussée 
au-delà de la coupure ménagée? Cette coupure seule nous ditqn'oa 
a travaillé à ceUe chaussée et du côté de la terre et d i cô é de Tiie. 

El, croyez-le bien, Messieurs, si Ton a travaillé des deux côtés, 
c'est que des deux côiéi il y avait un puissant intérêt à le faire... 
En effet, on sait qu'un monastère existait autrefois à Gavr'innis, 
et que les ruines d'une chapelle se voyaient encore dans cette île, 
il y a moins de 30 ans. Un crucifix en cuivre ciselé , de style by- 
zantin, trouvé dans les ruines du monastère, et qui date certaine- 
ment du onzième siècle , prouve que ce monastère existait dès cette 
époque. Or, dans ce siècle où la foi était vive et faisait des miracles, 
où les besoins religieux étaient comptés avant tout et satisfaits les 
premiers, les nombreux habitants de ces côtes n'oni-ils pas dû 
chercher à établir des rapports faciles entre Tile et la terre? Ne 
sont-ce pas eux qui, connaissant la violence des courants, ont mé- 
nagé volontairement une voie à ces courants? Ne sont*ce pas eux 
enâo qui, libres des deux côtés, encouragés et secondés parles 



-- 51 ~ 

religieux , ont établi le pont qui surmontait la chaussée que, malgré 
tout leur zèle et tous leurs efforts , ils n'ont peut-être jamais ter* 
minée, puisqu*il n'en reste pas trace du côté d<i Tile. 

La chaussée de Tlle-de Saint-Cado qui est aussi une œuvre gi* 
ganlesque, qui est aussi coupée et surmontée d'un pont, et qui 
certes a occasionné plus de frais que l'île ne vaut, est due aux 
mômes besoins et au même zèle religieux. 

Avant de suivre M. Tranois dans la presqu'île de Rhuys, je crois 
devoir vous dire un mot sur la découverte de pièces romaines opérée 
au Major. M. Tranois déplore la perte de ces pièces , vrais trésors 
pour l'histoire , parce qu'il croit qu'elles pouvaient être propres à 
expliquer bien des choses Sans doute, la disparition de ces pièces est 
un fait regretlable, mais leur découverte au Major n'était propre qu'à 
faire constater le séjour des Romains dans cette presqu'île , qu'ils 
ont probablement forûGée eux-mêmes, comme moyen de domina- 
tion après la conquête. Les pièces trouvées au Major portassent-elles 
toutes l'effigie de César, ne sauraient prouver que les fortifications 
qu'on y remarque , aient été élevées par les Vénètes , ni qu'elles 
aient été occupées par les soldats de César avant la bataille navale 
qui a soumis à ce conquérant la Yénétie domptée , et c'est la seule 
chose qu'il faut prouver ici. 

Préoccupé de l'idée que le golfe morbihannais avait été le théâtre 
de la guerre relatée dans César, M. Tranois fait commettre à ce 
général une faute militaire impardonnable , dont il ne trouve cer- 
tainement pas la trace dans les commentaires ; ainsi il dit : 

« n ne peut être douteux que l'attaque de César ne se fit simul- 
» tanéfflent sur les deux côtés du golfe. » 

J'en demande bien pardon à M. Tranois; mais le fait qu'il af- 
firme me paraît très-douteux. 

César, que M. Tranois place dès le début de la guerre au centre 
de la Yénétie , dans une contrée cù toutes les forces des Vénètes et 
de leurs alliés étaient réunies, était certes un général Xio^Wcsàft 



— 52 — 

pour exposer son armée en la divisant. Maîtres de la mer, les vais- 
seaux vénëtes pouvaient transporter toutes les forces delà république 
à Pen-Castel , par exemple , y écraser les troupes romaines isolées 
sur ce point, et ramener ces forces à Gavr'innîs , pour écraser à 
son tour César, fort occupé dans un siège difficile , et livré à des 
opérations gigantesques. 

Avant de vous parler. Messieurs , du fameux combat naval entre 
Brutus etles Yénëles; avant de décider, si c'est possible , le lieu où 
il fut livré , je dois vous occuper un instant des fortifications de 
Pen-Castel, ou plutôt de la pointe de Saint-Nicolas, dont Cayot 
Délandre a fait un camp romain et M. Tranois un oppida vénëte. 
Les deux opinions sont émises sans hésitation et les deux convic- 
tions sont absolues. 

Ainsi , Cayot Délandre dit : « Il est évident pour moi que cet 
» ouvrage n'était autre chose qu'un retranchement qui se trouvait 
» en rapport avec la voie romaine de Port-Navalo , et le nom de 
» Pen-Castel que porte le moulin m'en fournit une preuve. ^ 

De même , M. Tranois soutient « que ce sont bien là des travaux 
» gaulois, et la description que donne César, dans ses commen- 
» taires , de la manière dont nos ancêtres construisaient leurs for- 
» tifications, ne laisse aucun doute à cet égard. En effet , l'historien 
» romain dit : Duplici allissimo muro munierant. » 

Laquelle accepter de ces deux affirmations? Ne serait -il pas pru- 
dent d'attendre que des fouilles nous aient édifiés sur la nature des 
fortifications du promontoire de Saint-Nicolas? Le voisinage d'une 
voie romaine et le nom de Pen-Castel ne me suffisent pas pour 
accepter sans examen l'opinion de Cayot Délandre, comme aussi 
la circonstance d'une double enceinte ne me parait pas assez dé- 
cisive , fut- elle exacte , ce qui n'est pas , pour me ranger à l'avis 
de M. Tranois. Car César, au livre î^^ de ses commentaires , cite 
un oppida gaulois qui n'avait qu'un mur simple ; il cite au livre II 
un oppida qu*on ne put prendre à cause de l'élévation de son mur; 




I 



- ss — 

61 onlÏQ au livra VII, on voit un oppida dool l'enueinte était pro- 
tégée par des tours ; cl cola prouve , il me semble , qu'une double 
ancoiate ne suffit pas pour caraclériser un oppida gaulois. 

Le 21 et le 22 juillet 1833 , j'ai visili' avec plusieurs personnes 
éclairées (M. l'Ingénieurenchef, M.Taslé, M. Louis Galles , etc.),' 
les fortiScatioQs de Pon-Caslel, qu'on nomme dans le pys Pointe 
de Saint-Nicolas. Nous avons tous reconnu que cei foriiËcalions 
n'étaient ni gauloises , ni romaines , el (]u'elle$ ne forniaient qu'une 
simple enceinte. La presqu'île est complblement coupée par un rejet 
de lerre énorme, couronné d'un mur d'un mètre soixante cenli- 
mèlres d'épaisseur. Uu mur, simple aussi , enlourail toute l'exlré- 
milé du cap , à la pointe duquel se remarquaient les ruines d'une 
chapelle el de nombreux bàiimeuts, dont les murs d'un mètre 
d'épaisseur, et ruinés à raz-ierre, portaient le cachet du moyen- 
âge. Dans les ruines des murs d'enceintb du cap , on trouve, mais 
seulement à leur ba^e, des tuiles à rebord , jelées sans ordre , et 
j'y ai trouvé, avec M. Louis Galles, un morceau de verra , une po- 
terie romaine brisée, et les débris d'un irès-peiil pot relativement 
récent. En dehors de l'enceinle fortifiée , j'ai remarqué les ruines 
d'un autel druidique complèiemenl brisé. Il est donc loisible de 
penser que les gaulois d'abord et que les Romains ensuite ont oc- 
cupé autrefois le cap Saint-Nicolas ; mais on doit convenir que les 
fortifications dont nous voyons les ruines de nos jours , ne sont 
ai romaines ni gauloises , et que selon toute apparence elles sont 
du moyen -âge. Je ne puis décider cependant si elles sont dues aux 
Templiers , comme on le croit dans le pays , ou aux Espagnols qui 
ont séjourné dans notre déparlement, au temps de la ligue. Quant 
aux. ruines à l'exlrémité du cap, elles paraissent avoir appartenu à 
■une communauté, probableraeni de templiers. 

Perlons mainlenanlde la bataille navale qui , selon !H. Tranois, 
jurait eu lieu à l'entrée du Morbihan. 

Je ne m'arrfllerai point ici à disculer sur la \8\&ut 4ft tftT\à\Ti,%^ 



-- 64 - 

expressions du texte de César; car les discussions grammaticales 
ne sont bonnes qu*à embrouiller les questions. J*irai droit au fait» 
et je Vais prouver à M. Tranois que le combat naval est impossible 
là où il le place. 

1" ixpossiBiLiTfi. — César, d'après M, Tranois, a pris Gavr'innis 
et le Major; il se placera donc ou sur Tile , ou sur la presqu'île 
pour bien voir; mais dans un lieu comme dans Tautre il ne verra 
rien , ou verra fort mal , car d'une part l'Ile- Longue , et d'autre 
part rile-Renaud et les deux îles du Grand et du Petit Veizit , lui 
déroberont la vue du combat... 

S* iHPOssniiLiTÉ. — '< Mais, dit M. Tranois, César devait oc- 
» euper l'Ile Longue. » Et comment César aurait-il pu s'emparer 
de cette tle autour de laquelle on ne trouve pas trace de chaussée. 
Sans chaussée et sans flotte, comment Céi;ar a-t-il pu prendre l'Ile- 
Longue , en présence d'une flotte de deux cent vingts voiles?... 

3« iMPossiBiLiTfi. — César dit que des que sa flotte fut aperçue 
de l'ennemi, deux cent vingts environ de leurs vaisseaux , parfai* 
tement armés et équipés , sortirent du port et vinrent se placer de* 
vant les galères romaines. Or^ en plaçant le combat naval dovant 
Locmariaquer, M. Tranois intervertit les rôles des deux flottes, car, 
d'après lui, ce sont les galères romaines qui vinrent se ranger de- 
vant les vaisseaux vénètes, surpris au port môme, là où de nos 
jours mouillent encore les grands navires. 

4* IMPOSSIBILITÉ. -— Le combat naval dure au moins quatre 
heures , au milieu d'une passe où régnent de violents courants. 
Dès le commencement de l'action le vent mollit : or, dans ces con- 
ditions, les navires vénètes dépourvus de rames , doivent être en- 
traînés en dérive, qu'il y ait flux ou qu'il y ait jusant, et l'action 
engagée devant César doit se terminer loin de lui. 

5« IMPOSSIBILITÉ. — Les Romains armés de faux coupent les 

manœuvres , déchirent les voiles , et font tomber les vergues des 

navires vénètes qui , privés de \euTS «içc^% ^\ %\\!W\\\fe v&dément par 



— 88 — 

* 

plusieurs galères romaines, sont pris à l'abordage... a Epouvantés 
et ne trouvant , dit César, nulle ressource contre ce genre d'attaque, 
les barbares détournent leurs navires et prennent la direction du 
vent, lorsque tout-à coup il survient un calme plat qui leur rendit 
tout mouvement impossible. ... » 

Comprenez-vous , Messieurs , tout mouvement impossible , au 
jusant d'équinoxe, devant l'entrée du Morbihan !... tout mouve- 
ment impossible a des navires dégréés , là où de nos jours nos 
meilleurs vaisseaux, aidés d'une brise favorable , pourraient à peine 
refouler le courant! 

6^ IMPOSSIBILITÉ. — Dion Casius dit : «Tous ceux (les navires 
» vénëîes) qui restaient à sec étaient, faute de défenseurs, traînés 
» sur la plage. » Et M. Tranois dit, par la bouche de M. Ripault : 
« La mer se retirait, et plusieurs vaisseaux dépourvus de leurs 
» marins blessés ou tués, restaient presqu'à sec sur là grève, et 
» alors les Romains les tiraient du côté de la terre. » Or, quels 
sont les fonds qui restent à sec , ou presque à sec sur le lieu que 
M. Tranois a choisi pour le théâtre du combat naval? Prenez, 
Messieurs, une carte marine, et vous verre^s que les plages qui 
découvrent en ce lieu , se trouvent, d'un côté, entre les deux îles 
Veizit, et de l'autre, devant Locraariaquer. Il faut donc, pour que 
les soldats de César aient pu tirer à terre les vaisseaux vénètes 
échoués, supposer que Cévsar se soit emparé des îles Veizit où l'on 
ne voit pas trace de chaussées , ou de Locmariaquer, ce qu'on ne 
peut admettre. 

Comme vous le voyez, Messieurs, il est impossible, historique- 
ment et physiquement impossible , que le combat naval ait eu lieu 
à l'entrée du Morbihan. 

J'ai combattu avec une certaine énergie les opinions de 
M. Tranois, Messieurs, parce que je crains que ces opinions 
présentées avec les caractères d'une conviction éclairée, ne faussent 
les idées du public intelligent qui croit souveuv %ati% no\i^ ^\ tA ^\v- 



- 56 — 

sacrent ainsi des erreurs que vos réunions ont surtout pour but de 
prévenir et de redresser ; mais je ne crois pas avoir outre-passé les 
bornes d*une critique honnête , la seule qui soit permise avec un 
homme du caractère et du mérite de M. Tranois. 

Maintenant, Messieurs, permettez-moi défaire avec César la 
guerre aux Vénètes, mais en commençant tout d*abord par essayer 
de résoudre une difficulté qui a divisé bien des archéologues : je 
veux parler du fameux Mare conclusum, expressions qui forment 
ici une question préalable importante. 

L*épithète de mer fermée est fausse en tout cas , que César ait 
entendu rappliquer à la Méditerranée ou au Morbihan , car ni Tune 
ni l'autre de ces mers n*est fermée ; ce n*est donc que sur un lapsus 
plumœ, sur une expression vicieuse , que le débat est établi depuis 
longtemps. 

Par ces mots : Mare conclusum^ César a-t-il voulu parler du 
Morbihan , ou a-t-il placé ces expressions avec une intention iro- 
nique dans la bouche des Vénètes , pour désigner la Méditerranée ? 
Pour moi, j*adopte cette dernière manière de voir^ que je soutiens 
par les considérations suivantes : 

César n'avait pas de Hotte, et pour combattre un peuple trës- 
exercé dans la marine, il était forcé de faire construire un très-grand 
nombre degalères. Ces galères, construites sur la Loire, ne devaient 
marcherqu'àlarame. Or, pour lutter, avec de tels navires, contre 
les vaisseaux des Vénètes , qui manœuvraient parfaitement à la voile, 
Tunique ressource , comme le dit César lui-même , était de l'em- 
porter par l'agilité et le rapide mouvement des rames. Il fallait 
donc se procurer des rameurs éprouvés, et c'est ce qu'ordonna 
César à Crassus , en lui recommandant de faire venir des rameurs 
de la Provence dont les marins étaient renommés , surtout ceux de 
Marseille. Quand on traduit rémiges ex provindâ institui, par 
former des rameurs dans la province , on traduit mal , et je le 
prouve : 



— 57 — 

D'abord exprovincid ne veut pas dire dans la province, mais 
bien de la province. L'Anjou, oùla septième légion romaine était en 
quartier d'hiver, n'était pas une province romaine ; César ne pouvait 
donc pas commander à Crassus de former des rameurs dans la pro- 
vince, en parlant du pays des Andes. Quand on voulait désigner une 
province quelconque de l'empire , on ajoutait le nom spécifique au 
nom générique , et quand on employait seul le mot provincia , on 
entendait la Provence, qui était la province romaine par excellence 
dans les Gaules. Enfin , Crassus ne pouvait former des rameurs 
avant qu'il eût des galères ; ainsi , faire dire par César à son lieu- 
tenant de former des rameurs avant qu'il eût des navires , c'est faire 
commettre à ce général une étourderie dont il n'était pas suscep- 
tible. 

De ce que la flotte romaine était montée par des marins proven* 
eaux , je conclus que l'épitbète de mare conclusum doit s*appliquer 
à la Méditerranée , car alors les Vénè'es pouvaient dire avec raison, 
qu'une navigation à la rame était bien autrement difficile dans le 
vaste Océan, ouvert de toute part, que dans la Méditerranée qui 
est une mer fermée *, sans flux ni reflux , où l'on peut sans danger 
raser la terre partout, l'aborder en tout temps, hâler sans risques 
les galères sur la côte. 

Le danger que César fait surtout ressortir dans TOcéan, et qui 
paraît l'avoir le plus frappé^ c'est l'alternative des marées qui , 
comme on le sait, est inconnue dans la Méditerranée. Le Morbihan 
éprouvant des flux et des reflux comme l'Océan, ne pouvait être 
pour César une mer fermée. 

Pour les Vénètes, les rameurs provençaux étaient des marins 
d'eau douce, comme on dirait de nos jours; ils devaient penser 
que sur l'Océan dont ils ne connaissaient ni les côtes , ni les îles , 

Cicéron dit aqua conclusa, pour (au dormante ; César pouvait biea dire 
mare conclusum, pour mer dormante, c'est-à-dire saoïi flux ni reflux. 



- «8 — 

ni les bas fonds ; où les tempêtes sont fréquentes; où les vagues 
brisent avec fureur; où les ports sont rares; où les plages et les 
rescifs découvrent à mer basse; les matelots méditerranéens ne 
pourraient naviguer à Taviron, et ne sauraient, en cas de brise 
violente, abriter leurs faibles galères, et les tirer sur la côte hé- 
rissée partout de rochers et de galets, ou encombrée de vase, alors 
surtout que tous les promontoires et toutes les ties étaient occupés 
par des ennemis. 

M. Ripault a traduit navigationem par tactique; c'est altérer 
le sens de la phrase ^ car ac longé aliam esse navigationem in con- 
cluso mari atque in vastiss^imo atque aperlissimo oceano perspi- 
ciebant ne peut dire autre chose que ceci : les Vénëles compre- 
naient bien que la navigation dans la Méditerranée est toute autre 
que dans le vaste Océan ouvert de toute part, c'est-à-dire sans 
abris. Pour désigner le Morbihan , César emploie le mot portas , 
parce que Ton y peut trouver partout des abris , qu'on y mouille 
partout en sûreté, et que d'ailleurs il voyait les vaisseaux vénètes 
y entrer et en sortir continuellement ; aussi , pour dire que les 
vaisseaux barbares sortirent du Morbihan, pour aller au-devant de 
la flotte romaine dès que cette flotte fut aperçue par eux , ce qui 
. certes eut lieu longtemps avant qu'elle fût parvenue au Morbihan, 
César dit : «' Nantes eorum paratissimœ , atque omni génère ar-- 
morum omatissimœ, profectœ exPortu nostris adversœ cœisiste- 
runt, » Leurs vaisseaux parfaitement armés et équipés sortirent 
du port, et vinrent se placer devant les nôtres. Le port c'est le 
Morb'han, car il n'est pas dans le Morbihan un port qui pût con- 
tenir deux cent vingts navires, envergués, prêts à partir. 

Ces difiicultés écartées , suivons César qui part de l'Anjou » au 

commencement de Toté, Tan 54 avant Jésus-Christ, laissant à Brutus 

le commandement de la flotte en construction, ainsi que celai des 

vaisseaux qu'il avait obtenus des peuples de la Saintonge et du 

Poitou. Il deane à Brutus l'ordre, de \e Te\m4t^\e, ^Iwsi&t cessible 



— M - 

ehez les Vénëtes , chez lesquels il va s'engager à la léte de sas 
troupes de terre, suivi seulemeut de quelques navires alliés qui 
doivent lui servir à passer les fleuves et les bras de mer , et aussi 
dans l'attaque des oppida vénëtes placés sur des langues de terre 
qui s'avancent dans la mer. Arrivé à la Vilaine où commence le 
territoire vénè'e, quelle direction va-t-il prendre? Trois motifs 
puissants doivent le décider à se jeter vers la côte. Le premier, 
c'est que les ennemis ne tiennent point la campagne , et que, pour 
les trouver, il faut aller les attaquer dans les camps situés sur les 
caps, où ils se sont retirés avec tous leurs biens , et qu'ils ont re- 
tranchés en les coupant jusqu'aux eaux vives, de manière qu'aucun 
accès ne seit laissé aux gens de pied quand la mer est haute , ni 
aux vaisseaux quand la mer est basse. 

Le second motif, c'est qu'il faut qu'il reste constamment en com- 
munication avec les quelques vaisseaux qui l'accompagnent , dont 
il a besoin pour assiéger les oppida , et qui ont encore plus besoin 
de lui qu'il n'a besoin d'eux , menacés qu'ils sont par l'approche 
répétée des vaisseaux vénètes. 

Le troisième motif enfin, et celui-là est décisif , c'est qu'il faut 
qu'il enlève les camps retranchés sur les promontoires, pour pré- 
parer à la grande flotte qui doit le rejoindre des abris et des baies 
de refuge ; parce que cette flotte doit trouver d'immenses difiiculiés 
à naviguer sur une vaste mer, sujette aux tempêtes. La flotte de 
Brutus est son unique espoir pour terminer la guerre , car sans 
elle il ne peut atteindre ses ennemis qui passent de Toppida qu'il 
vient de prendre dans d'autres oppida qu'il devra prendre en- 
core. Cette flotte de Brutus, si importante pour lui, a, d*ailleurs, 
bien d'autres dangers à craindre que ceux qMc lui préparent les 
marées, les tempêtes et les écueils; car elle a à combattre des vais- 
seaux solidement construits, admirablement équipés et montés par 
d'excelknts marins qui connaissent tous les dangers de ces mers, 
et sont exereés à les braver. Il faut donc (\\x^ CifesAx ^o\\ W^^^x^ 



— 60 -^ 

pour protéger cette flotte, en recueillir les débris si la tempête la 
disperse, les soldats et les matelots en cas de défaite. 

Pendant quatre mois , César s'obstine à entreprendre et à con- 
duire à fin des sièges fatigants qui n'amènent rien de sérieux pour 
l'issue de la guerre ; mais, enfin , il se décide à attendre sa flotte 
qui, longtemps contrariée par les vents et par les dangers d'une na- 
vigation sur des mers inconnues, ne peut cependant tarder beau- 
coup à le rejoindre. 

Ici vient naturellement cette question : Où s'arrête César pour 
attendre cette flotte?... 

Nous avons vu que M. Tranois le plaçait à l'ouest et sur les 
bords du Morbihan ; d'autres archéologues l'ont placé plus loin en- 
core vers l'ouest, au-delà de la rivière de Crach et même à Carnac. 

Mais nous avons dit, Messieurs, et nous répétons que César, en 
quatre mois, n'a pu , sans flotte, s'emparer de toutes les 9es et de 
tous les promontoires où les Vénètes s'étaient retirés, et nous disons 
de plus que jamais ce général n'aurait commis la faute énorme de 
se couper à lui-même toute communication avec une flotte pour 
laquelle il avait tout à craindre et sans laquelle cependant, comme 
il avait dû le reconnaître , il ne pouvait espérer de terminer la 
guerre. 

César doit donc attendre sa flotte à Test du Morbihan , dans la 
presqu'île de Rhuys où , en quatre mois , il aura eu de la peine à 
arriver, s'il a faille siège de tous les caps qui ont pu être retran* 
chés de la Vilaine au Morbihan. 

Dans le cours de la discussion , j'ai relevé tous les détails du 
combat naval si funeste aux Yénètes , à la ruine desquels le génie 
romain , la fortune de César et les caprices du sort contribuèrent 
d'un commun accord et si fatalement. Je ne saurais d'ailleurs ex- 
pliquer et commenter toutes les phases de ceue terrible bataille aussi 
bien que Ta fait M. le comte de Grandpré, capitaine de vaisseau, 
qui a traité ce sujet d'une mamëre svx^neute et en homme du 
métier. 



r- 61 - 

Vous voyez, Messieurs, que loin de répondre à votre question 
en vous ciianl les ouvrages militaires qu'on pourrait faire remonter 
à la guerre de César dans la Yénétie, j*ai tout fait pour prouver 
qu*il n'en existait pas , là où Ton prétendait en voir. Mais, à ceux 
qui ont le loisir de les chercher, je dirai : Parcourez les côtes de 
rOcéan , de la Vilaine à Saint-Gildas , étudiez soigneusement les 
promontoires de Penlan , de Mur-Balise , de Kervoyal , de Pénerf , 
de Penvins, de Beglan , et si César a laissé sur le sol des traces de 
son passage , c'est là que vous devrez les trouver. 



~ 68 — 



CHAPITRE III. 



DE U VÉNÉTIE APRÈS LA CONQUÊTE ROMAINE. 



Devenu , par sa victoire navale , maître du pays des Vénètes , 
des Osismiens , des Lexoviens, des Nannèles, desMorins, des 
Ambliates, des Diablintes et des Ménapiens qui s'étaient ligués 
contre lui, César, comme tous les ambitieux, aspire aussitôt à de 
nouvelles conquêtes. Il veut passer la mer pour aller punir les Bre- 
tons des secours qu'ils ont donnés aux Vénètes. Mais connaissant, 
comme il le dit lui-méuie, Tesprit remuant des Gaulois, leur mobi- 
lité naturelle qui les poussait facilement à la guerre, leur amour 
pour l'indépendance et leur haine pour tout joug étranger , il veut 
les frapper de terreur, et vainqueur impitoyable, il fait mettre à 
mort tout le sénat vénète , et vend à l'encan tous les citoyens de 
cette république. 

Depuis l'année 54 avant Jésus-Christ jusqu'à l'année 409 , le 
peuple-roi a occupé notre pays , et ce serait bien mal connaître la 
valeur et le génie de ce peuple, que de douter qu'il ait laissé sur 
notre sol des traces profondes d'une occupation de près de cinq 
siècles. 

Sans doute, jetés sur une terre si éloignée du centre de l'empire, 
toujours menacés de soulèvements , rebutés d'ailleurs par les ri- 
gueurs du climat et par la rudesse des habitants, les Romains n'ont 
point songé a édifier chez nous de ces beaux monuments, comme 
on en admire encore à Orange, à Arles et à Nîmes; mais s'ils 
n*ont point élevé , dans les lieux que nous habitons, des édifices de 



— 65 — 

luxe , fruits des arls et de la paix , ils y ont laissé d'autres monu- 
ments durables , faisant parfaitement connaître le caractère de leur 
domination qui fut bien différente dans le nord et dans le midi de 
la Gaule. Nous ne trouvons ici , pour ainsi dire, que des ouvrages 
militaires, des voies, des camps et des stations fortifiées. 

Vous savez bien, Messieurs, que je n*ai point eu p)ur but de 
faire Tétude analytique de nos anciens monuments; aussi, vous ne 
devez pas être surpris , si je ne vous décris pas avec soin tous les 
campsy toutes les habitations particulières, tous les édifices publics 
que nous devons aux vainqueurs de nos ancêtres , et si je ne vous 
détaille pas le tracé dos voies romaines qui sillonnent notre dépar- 
tement. Nous devons à MM. Bizeul, de la Monneraie, Charles 
Gaillard, Croizer et Cayot Délandre une connaissance assez exacte 
de ces voies; je n'ai rien à ajouter aux travaux sérieux de ces 
archéologues , et pour parler de ces voies , je me suis placé à un 
autre point de vue que ces patients investigateurs. 

Dans le premier chapitre de ce mémoire archéologique j'ai 
cherché à établir la position des peuplades celtiques et leur étendue 
respective dans le Morbihan, par la distribution et par le nombre 
des monuments qu'ils nous ont laissés. Je vais maintenant, en sui- 
vant la même marche , en m'aidant de moyens semblables , appré" 
cier l'importance de l'occupation romaine dans les mêmes lieux. 
Cette seconde étude aura un avantage de. plus, c'est celui de servir 
de contrôle à la première. 

Pour maintenir le pays conquis, pour prévenir tout soulèvement, 
les Romains avaient d'abord à occuper les principales localités ei 
les grands centres de population dans chaque région celtique ; puis 
ils devaient, en plaçant entre chacune des peuplades, des camps 
d'observation et des voies stratégiques bien surveillées , empêcher 
ces peuplades de se concerter entre elles, et de réunir leurs forcos 
pour chasser leurs dominateurs; c'est aussi ce que les Romains ont 
fait. 



■ 64 - 



ogiijue que "o^^H 
e peuplade, 1^^| 



Si nous jmons un coup-d'tBii sur la carie arvliéologiijue 
avons dressée, nous remarquons que, dans chaque 
Romains ont établi un ou plusieurs grands centres d'occupation, 
autour desquels rayonnaient plusieurs petits camps oh postes mi- 
litaires qui relevaient évidemment des premiers; et nous voyons 
que presque toutes leurs voies, parlant d'un grand centre pour 
aboutir à d'autres grands centres, sont tracées, autant que possible, 
sur les limites des peuplades assujélles ou entre ces peuplades , 
commandées ou éclairées par un graod nombre de postes mllltaii 

Nous allons étudier ces grands centres , ces camps el ces roui 
siraléjjiques dans chaque peuplade , comme nous avons étudié 
d'abord les monumeuis druidiques. 

Les deui régious les plus imporianies à occuper dans la Poblad 
ar Mor, qui était elle-même la plus importante de toutes, sont cer- 
Isinemenl les bords du Morbihan et ceux de l'Etel ; aussi , c'est 
que nous trouvons les traces tes plus nombreuses et les plus 6^ 
dentés du séjour des Romains. 

Ainsi, à Nostang sur l'Etel, *nous observons des digues romaines 
qui coupaient plu.sicurs bras de cette rivière , et créaient ainsi des 
étangs prolecteurs pour les grands établissements formés dans ce 
lieu par les Romains. Au village de Kergoh , autour de la chapelle 
de S. Bieuzy, près du moulin de S. (leorges, à la chapelle 
S. Cado, au château de KerCrésec , et dans d'autres points voisii 
on trouve plusieurs retranchements, des ruines considérables 
d'innombrables débris de briques romaines. Au sud de Nostang, 
Plouhinec , près du villagit dit le Vîeux-Passage . on observe ui 
fortification romaine qui défendait l'entrée de l'Eiel ; ei au N. 0. 
de Noslang, en Kervlgnac, dans le bois de Korbalay, on a décoU' 
vert des briques a rebord et des fragments de poterie , ce qui 
incontestable l'occupation de ce point parles conquérants. 



ble, 

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elle 

1 

1 



' riflc (.'•}'oi DiilHiidi'o, [itkjs 195 ol lui vîmes. 



1 




— 63 — 

ir les borJs du Morbihan, il'uri cdià à Locmariaquer, au Major, 
fCardelan , ii Bourgerel , à Pen-Boch ; do l'aulre cûté à Porl-Na- 
valo, àS'-Nico!as, à Truscat, à Penvins, à Noyain; au milieu, à 
Vannes i on peut retrouver encore des luiles à crochet, des pierres 
cubiques, des canaux calorifères, des ruines d'édifices publics ou 
d'habitations particulières, des blocages à la chaux, des ciments, 
des stucs , des marbres , des médailles, des staïuolles en bronze ou 
en or , des débris de poterie fine , objets qui marqueni tous le sé- 
jour prolongé, l'occupation permanente des Romains dans tous 
les lieux que je viens de nommer, el dont les deux plus importants, 
Locmariaquer et Vannes , exigent une étude spéciale de noire 
pari. . 

Situé à l'entrée du Morbihan, le bourg de Locmariaquer qui 
pourrait bien avoir été l'antique Dariorig , comme je le crois avec 
beaucoup d'antiquaires, sans pour cela avoir été la capitale des 
VénJtles, a du , à cause de sa position elle-même, à cause aussi de 
sa population, dont la grandeur el le nombre de ses monuments 
druidiques marquent bien l'importance , êlre un des points les plus 
sérieux d'occupation pour les Romains. Aussi, là on a découvert, 
et on découvre encore, non seuleraenl des ouvrages militaires, 
mais aussi des ouvrages civils qui sont dignes d'intérêt pour les 
archéologues. 

A l'ouest el au-dessus du bourg, dans un point qui le domine , 
la chapelle S'-Michel est assise sur des débris. Au sud de celte 
chapelle , on observe les assises d'une tour , et à l'est on peut re- 
connaître encore de longues et fortes maçonneries qu'on nomme 
dans le pays ar Cantel, le château. Rien ne prouve que la ville fut 
enceinte de murs : mais loul démontre qu'un château fort, un op- 
pida romain, si je puis m'eiprimer ainsi, assurait aux dominateurs 
la conservation de ce point important. 

ILés monuments militaires ne sont pas du reste les seuls que l'on 
ffu citer h Locmariaquer; les rues de ce bouTj, \e^ tLWmç% o^v 



— 66 - 

Tentoureat sont rougis de débris de tuiles ; les talus de ces champs 
sont presque partout revêtus de pierres cubiques, et l'existence d'un 
cirque dont Tenceinte circulaire , dont les murs en petit appareil 
régulier, dont le terrain en pente, indiquent parfaitement la desti* 
nation, tout prouve que la population romaine y était nombreuse , 
que la garnison y était forte et n'y était point inquiétée. 

Cette année même , au mois de janvier et au mois de mai , j'ai 
été chargé, par la Société Polymathique dont j'ai l'honneur d'être le 
secrétaire, d'aller étudier, pour lui en rendre compte, des substruc- 
tions romaines découvertes par hasard, dans la cour d'une maison 
particulière , située au milieu du bourg de Locmariaquer. Permettez* 
moi , Messieurs, de vous entretenir un instant de cette découverte, * 

Dans une cour carrée, mesurant dix-huit mètres sur chaque côté, 
on a trouvé à Û,iû^ de profondeur un édifice romain dont huit 
pièces ont été successivement mises à nu. Six de ces pièces étaient 
dallées en marbre blanc, fort résistant , ayant un peu l'aspect et 
l'âpreté du grès. Toutes ces pièces séparées par des murs en petit 
appareil, variant en épaisseur de 0,50 c à 0,70 c. , étaient plus 
longues que larges et toutes au même niveau. L'édifice était exposé 
N. et S., l'entrée paraissait avoir été au N. Quoiqu'il ne seit pas 
entièrement déblayé , on peut penser qu'il avait quinze à seize mè« 
très de largeur, sur dix-huit ou vingt de longueur. 

Deux pièces séparées l'une de l'autre par un triple mur demi- 
circulaire, d'une épaisseur remarquable (1'^,60^}, doivent être spé- 
cialement décrites; car elles étaient pavées autrement que les 
autres, étaient situées à TE. de l'édifice, et à des niveaux diSëreols. 
Une de ces pièces, comprise dans le mur demi-circulaire, n'a pu 
être déblayée entièrement , parce qu'elle se prolonge évidemment 
sous un courtil voisin où existe un puits qui parait très-ancien. 
On n'a point trouvé les degrés qui devaient conduire à cette pièce 



* Le Rapport e^t en veute clicz Cauderan, Libraire, à Vannes.-- Prix : 30 



- 67 - 

située à deux mètres au-dessous des autres et pavée, partie en car- 
reaux de marbre j partie en schiste , et partie en tuiles d'une di- 
mension extraordinaire (0,60<^ en largeur comme en longueur). La 
partie inférieure des parois de cette pièce était revêtue de grandes 
dalles de schiste placées debout. 

En descendant dans l'épaisseur même du mur demi-circulaire 
jusqu'à 3°»,75°, on observait sous ce mur, du côté de la pièce que 
je viens de décrire , une petite voûte dont toutes les pierres étaient 
revêtues d'un enduit fulgineux, et dont le ciment qui liait ces 
pierres entre elles était pénétré de noir de fumée. Sous la pièce dont 
je viens de parler devait donc être l'hypocausle. 

La pièce voisine placée au S. E. de l'édifice^ était toute pavée en 
belles pierres de granit soigneusement taillées et appareillées , et 
sur ce pavé on remarquait une gouttière bifurquée, large de û>o,2û<' 
et profonde seulement de 0"*,02<^. Quand je l'ai étudiée, cette pièce 
n'était que fort peu découverte ; aussi, j'éprouve une certaine diflB- 
culté à lui assigner une destination. Cependant, eu égard à la na- 
ture de son dallage , à la gouttière pratiquée sur ce dallage, au 
revêtement de ses murs recouverts partout d'une épaisse couche de 
ciment hydraulique, j'estime qu'elle était destinée aux bains. Elle 
était, du reste , située à un mètre au-dessus de l'hypocauste et à 
60 centimètres au-dessous des autres pièces. 

En fouillant profondément plusieurs parties de la maison que je 
crois être une habitation particulière , mais que vous jugerez peut* 
être avoir été un édifice public destiné aux bains, opinion que j'ac- 
cepterais volontiers, on a trouvé partout, presque immédiatement 
sous les dallages , des conduits en briques formant des tuyaux car- 
rés de trois dimensions différentes. Tous ces tuyaux, qui commu- 
niquaient entre eux, marchaient tous de l'E. à TO., et paraissaient 
partir d'un canal central >.n pierres cubiques et en tuiles , placé 
transversalement du N. au S., tout près de l'hypocauste, avec le- 
quel il devait être en communication par un conduit qui partait de 
la voûte que nous avons signalée sous cet hy]^0(^^u^\^. 



- 68 — 

Toul-àfail à l'O. de l'édifice, sous la dernière assise d*un mur 
de tuiles , et tout près de Tangle de jonction de deux murs , 
on a trouvé une monnaie romaine , moyen module en bronze , 
sur laquelle on est parvenu à lire avec beaucoup de peine 
CAE. MAGNENTIUS. AUG. On ne peut douter que cette 
monnaie ait été placée avec intention là où on Ta trouvée , car 
l'angle de jonction des deux murs était formé , comme ne Tétait 
aucun autre, en pierres de taille, sur une desquelles on a trouvé 
neuf crampons de fer placés à différentes hauteurs, et qui assu- 
jettissaient le mur de tuiles sous lequel se trouvait placée la pièce 
de Magnence. 

De ces faits, je crois pouvoir conclure que Tédifice découvert 
dans la cour de la maison Le Roi, au milieu du bourg de Locma- 
riaquer, a été construit de 350 à 353 de Tère chrétienne , puisque 
Magnence y tyran des Gaules, n*a porté la pourpre que pendant ces 
trois années. 

Siy en quittant Locmariaquer, nous voulons suivre la côte 0. du 
Morbihan jusqu'à Vannes, nous allons rencontrer à chaque pas 
des ruines romaines. D'abord, en face de Locmariaquer, à la 
pointe de Locmiquel, dans la presqu'île du Major, on a recueilli 
des pièces romaines qui ont disparu , sans avoir été examinées 
par les antiquaires. Dans les environs de Toulendac , en face de 
rOe-aux-Moincs, on a trouvé et l'on trouve partout, sur une grande 
étendue des tuiles brisées. A Pen-Boch, on observe les ruines 
d'une fortification importante, sous la protection de laquelle les Ro- 
mains avaient élevé, au-dessus et au-dessous de Bourgerel, et pro- 
bablement au Truhélin, plusieurs villa qui toutes jouissaient d'une 
vue admirable sur la partie la plus pittoresque du golfe morbihan- 
nais. M. I^ouis Galles a découvert à Bourgerel une pièce en bronze 
de Magnence; et au Truhélin, près de Bourgerel, une pièce en 
bronze aussi de Crispus, fils aîné de Constantin-le-6rand. Toute 
la côte, de.Bourgerel à Roguéda, est semée de débris de tuiles ro- 



— 69 — 

maines que les flots roulent avec les galets. Là , les souvenirs de ' 
deux âges se trouvent mêlés; car, à Mané-Bourgerel, un menhir 
mutilé touche aux murs en petit appareil d'une villa , et Toû a dé- 
couvert, au mois de mai dernier, tout près de Roguéda, cinq pièces 
gauloises en étain. 

Maintenant, Messieurs, nous allons chercher à démontrer que , 
de tout temps, sous les Gaulois comme sous les Romains, Vannes 
a été la ville la plus importante du Morbihan. 

Sans doute, on ne voit point à Vannes des monuments druidi- 
ques comme on en admire à Locmariaquer; mais celan^a rien d'é- 
trange , car^ par cela môme que la population a toujours été plus 
considérable à Vannes, on a dû «n détruire un plus grand nombre. 
Les inonuments celtiques de Locmariaquer ont été fouillés , mu- 
tilés ou renversés , mais leurs débris sont là ; tandis qu'à Vannes , 
ces débris ont dû disparaître, parce qu'ils ont été utilisés dans la 
construction des anciens quais, des remparts, des habitations par*- 
ticulières et des monuments publics. 

N'avons-nous pas vu disparaître de nos jours une foule de men« 
hirs, d'autels , de dolmens , dont les ruines couvraient les landes 
de Pleucadeuc et de Pluherlin , parce que ces ruines ont été em- 
ployées dans la construction d'écluses pour le canal de Nantes à 
Brest. 

A Locmariaquer, à Carnac, à Ërdeven, partout enfin où nous 
trouvons beaucoup de monuments celtiques, on ne remarque ni 
édifices publics , ni canaux , ni ports, ni écluses, ni chemins dans 
la construction ou l'édification desquels on eut pu faire entrer tous 
leurs débris; mais à Vannes il n'eu est pas ainsi, et l'industrie, de 
^os jours même où l'administration cherche à protéger ces monu- 
Ddents , aura bientôt fait disparaître les ruines qui en restent. Si 
Vous voulez. Messieurs, apprécier jusqu'où peut aller la destruction, 
parcourez les landes du Bohalgo au Prat et du Prat au Rohic , et 
Vous verrez là un fouillis sans nom, de pierres brisées, creusées, 



— 70- 

bouleversées , et qui ont autrefois appartenu à des dolmens , à des 
autels et à des menhirs druidiques. 

Pour vous prouver du reste que, sous les Druides , Vannes a été 
une terre sacrée , je puis vous citer quatorze autels dont les débris 
peuvent se reconnaître encore de Saint-Guen à Saint-Léonard, dans 
une étendue de moins de six kilomètres, et ces autels ont été sans 

m 

doute brisés et renversés avant rétablissement du christiarnsme 
dans l'Armorique, car l'histoire nous apprend que le cruel Tibère, 
persécuteur des Chrétiens, fut aussi persécuteur des Druides. 
Quelques-uns de ces prêtres purent , en passant en Angleterre , 
échapper aux arrêts de mort qu'il avait lancés contre eux; mais les 
monuments de leur culte ne durent pas échapper aux dévastations 
ordonnées par ce tyran , dans des lieux où les exécuteurs romains 
étaient nombreux et tout puissants. 

En effet, les preuves abondent pour établir que Vannes a été le 
grand centre de la domination romaine dans la Vénétie. Ainsi, vous 
pouvez voir, Messieurs, dans nos remparts qui subsistent encore , 
de la rue du Mené à la rue de TOuest^ quatre portions de murailles 
construites en pierres de petit appareil, coupées à diverses hauteurs 
par des cordons de briques; vous pouvez visiter notre cimetière, 
et vous verrez que les fosses y sont creusées dans une terre rem- 
plies de débris de briques et de poteries romaines. De Saint-Guen 
à rÉtang-au-Duc, toutes les clôtures de nos prés sont formées de 
pierres cubiques provenant de la démolition d'un cirque dont la 
forme et la disposition sont les mêmes qu'au cirque de Locmaria- 
quer. Ce cirque a certainement existé tout près de l'entrée de la 
route de Josselin, dans le pré n^ 466 de la section K, S^ feuille. 
Au Hesquéno , les tuiles romaines abondent dans la direction de 
l'Étang-au-Duc. Enfin, six grandes voies stratégiques sortaient de 
Vannes ou venaient aboutir à ce grand centre, où des forces consi- 
dérables devaient stationner d'une manière permanente; aussi, 
dans les environs de Vannes, mais svitloul an Rohic , on a décou- 



~ 71 - 

vert, en fouillant le sol, des villa romaines qui prouvent la profonde 
sécurité dont jouissaient ici nos dominateurs. M. Chanon, major 
en retraite, a trouvé, dans un champ qui lui appartient et qui touche, 
au N. 0., à la chapelle du Rofaic , des tuiles à rebord, des blocs de 
pierres noyées dans la chaux, deux piles d'un hypocauste, où des 
traces de suie existaient encore, et enfin une pierre de composition 
très-sonore , très-poreuse, en forme de chapeau chinois percé au 
sommet, et dont l'usage nous est totalement inconnu. Tous les 
talus des champs du Rohic sont formés de pierres cubiques, et les 
petits chemins y sont remplis'de débris de briques romaines. 

Depuis longtemps, les Archéologues sont en discussion pour sa- 
voir où placer Dariorig. Il est facile d'affirmer que ce ne peut être 
à Vannes ; car cette ville a toujours porté dans la langue celtique 
le nom de Gv^enet, et dans la langue latine le nom de Veneti qui en 
dérive ; or, de ce nom seul, on peut hardiment conclure que Vannes 
était la principale ville d'un peuple qui portait le même nom qu'elle. 
Dariorig devait être où est aujourd'hui Loemariaquer. 

Nous nous sommes, trop longtemps peut-être, arrêtés à Loema- 
riaquer et à Vannes , deux villes dont l'importance absolue, sous la 
domination romaine, était hors de doute ; mais nous tenions à as- 
signer à chacune son importance relative; et à cet égard, nous 
croyons avoir établi que Vannes était la première des villes vénètes, 
et aussi la première des villes romaines dans la Vénétie. 

Je vais examiner maintenant les moyens militaires employés par 
les Romains pour prévenir l'entente des peuplades entre elles et 
empêcher les soulèvements qui pouvaient survenir d'un concert ar- 
rêté. 

Nous avons dit que six routes partaient de Vannes. 

La première allait à Loemariaquer , et était protégée par les re- 
tranchements que nous avons signalés sur le bord ouest du Mor- 
bihan et par un camp qui se trouvait placé au confluent du Sal et 
du Tréauray. On rencontre encoro dans ce point des tuiles ro- 
maines. 



— 72 - 

La seconde se rendait à Port Navalo qui , situé à rentrée du 
Morbihan, a été un point fort important pour l'occupation romaine 
qui y a laissé des traces matérielles. Cette seconde voie était pro- 
tégée par les postes militaires dont nous avons parlé en citant les 
lieux occupés sur la côle E. du Morbihan et dans la presqulle d« 
Rhuis. 

La voie de Port-Navalo , unique jusqu'à Noyalo, se di\isait en 
ce lieu où commençait une autre voie qui , se dirigeant à travers 
les communes de Surzur, d'Ambon, de Billiers et d' Arzal^ atteignait 
la Vilaine au château de FOe. 

Cette voie de Vannes à Nantes était placée sur la limite môme 
du territoire occupé par la Poblad ar Mor. On trouve, en Theix, 
en Surzur et à Noyalo, des traces matérielles du séjour des Ro- 
mains. A Noyalo , c'est à l'E. de l'église, et en Surzur , c*est près 
de la ferme de Lezcorno, où l'on a découvert une colonne en Thon* 
neur de Victorinus, et les traces d'un camp romain qui paraît avoir 
été permanent. 

Nous avons dit un mot d'une petite population vénète qui occu- 
pait le territoire de la commune de Noyal-Muzillac et une partie 
de celui des communes du Guerno et de Muzillac; les Romains 
n'en ont point négligé la surveillance; car on y trouve en beaucoup 
de points des tuiles à rebords, et M. Piéderrière, vicaire à Noyal- 
Muzillac, m'a fait connaître qu'auprès de la ferme de Kerroyant, 
dans cette commune, on avait trouvé en 1847, en défrichant une 
lande, les murs d'une maison romaine , et même des dallages en-^ 
tiers. M. Piéderrière m'a encore assuré qu'à 200 pas du bourg du 
Guerno, on a aussi découvert, en 1850, les ruines d'une habitation 
romaine, sur la route du Guerno à Questembert. 

La quatrième voie romaine parlant de Vannes allait à Nostang, 
où nous avons signalé un grand établissement romain. Sur cette 
route située presqu'à la limite N. de la Poblad ar Mor , on trouve 
à la Fontaine-de-Beurre , à Sainte-Anne, et près du vaste étang du 



— 75 — 

Cranic, d'anciens postes romains où les débris de tuiles abondent. 

La cinquième voie, qui allait à Blain par Rieux, était aussi par- 
faitement éclairée par des retranchements dont on reconnaît très- 
bien les assises dans les communes de Saint-Nolff , de Tréfiléans , 
de Theix, de Sulniac, de Molac , de Pluherlin, de Questembert et 
de Halansac. En outre, au S. et loin de cette voie, on trouve des 
retranchements bien caractérisés pour être romains , à Talhouet et 
à Brangolo en Thei^, à Berric, à Limerzel et à Béganne; et au N. 
de cette même voie , sur les bords de TArz , on peut voir un poste^ 
militaire à Monterblanc, un poste et une villa à Saint- Christophe 
d*Elven, une station considérable à Kerbricon en Molac , et deux 
camps au moins en Pluherlin. 

Voilà donc vingt-cinq stations ou camps romains que je viens de 
citer, entre la rivière d*Arz qui servait de limite^ au S., à la Poblad 
ar Stœrieu, et la voie de Vannes à Nantes qui bornait au N. la 
Poblad arUor; et dans ces vingt-cinq stations militaires, il n'en est 
pas une seule qui ne soit parfaitement caractérisée par des décou- 
vertes de pièces romaines, ou par des blocages romains, ou par des 
tuiles à rebord y ou par des colonnes votives, ou par des murs en 
petit appareil , ou enfin par des fragments de poterie couleur de 
cire à cacheter. 

Pour maintenir la Poblad ar Guibledeu , là où elle touchait 
presque à la Poblad ar Stœrieu ^ les Romains ont multiplié les 
camps. On en trouve au Roc-Saint-André, à Lizio, à Seront, à 
Saint- Abraham y à Caro, àMissiriac, à Tréal, à Monteneuf et à 
Carentoir. J'en compte au moins quatorze d'une origine non dou- 
teuse , qui devaient suffire pour mettre les Romains à l'abri de 
toute surprise. On y trouve aussi quelques villa , dont nous devons 
la connaissance aux recherches éclairées de M. Harot, curé de 
Rochefort, et de M. de La Monneraye, membre du Conseil général 
du Morbihan, 
Tout en prévenant une entente dangereuse entre deux peuplades, 



-74- 

ces camps surveillaient la voie romaine de Vannes à Rennes , qui 
est, dans ces lieux, la même que celle de Rennes à Carbaix. 

Au milieu de la peuplade des Rivières, dans la commune de 
Plaudren, au village de Kerfloch, et au point d'intersection des 
voies de Rennes à Carbaix et de Vannes à Corseul, on remarque 
un vaste retranchement qui contenait , au temps de la domination 
romaine, une forte garnison. Près de là, en un lieu nommé Goh* 
Uis, on trouve beaucoup de fragments de tuile^ à rebords. Ce nom 
de Goh'IIis qui veut dire vieille église , parait étrange , là où l'on 
ne voit que des débris romains , et pourtant j'ai remarqué que 
presque partout où l'on rencontre de grandes stations occupées 
autrefois par les Romains, on voit d'antiques chapelles. Voici, 
je crois , l'explication de ce fait. 

Partout où les Romains s'étaient établis d'une manière perma- 
nente, les populations gauloises ont dû se rapprocher d'eux, car 
il y avait là des marchés à passer et du commerce à faire. Beau- 
coup de Celtes , une fois établie, ont dû y restera demeure , même 
après le départ des Romains, chassés de l'Armorique en 409. Alors 
la religion chrétienne qui commençait à devenir dominante dans la 
petite Bretagne , établit ses églises partout où elle trouva des po- 
pulations agglomérées , et par conséquent là où le séjour prolongé 
des Romains avait attiré et fixé des habitants. Il n'est donc pas 
étonnant que Ton trouve des chapelles près des camps romains. 

De Kerfloch la voie de Rennes à Carbaix se dirigeait droit au 
N. 0., et passait dans les communes de Baud, de Guénin, de 
Bieuzy et de Melrand. On trouve dans ces quatre communes au 
moins huit stations romaines bien évidentes. C'est que là avait lieu 
leplus grand vappTOchemv.nl des PobladarStœrieu et arMannéyeu. 
La station la plus importante et la plus sure était celle de Castennec, 
que M. Le Déan a démontré d'une manière incontestable avoir été 
la fameuse station de Sulis, '*' ou des soldats maures de l'empire 

* Voir V Annuaire du Morbihan pour 1839. 



— 75 ~ 

ont longtemps séjourné dans les derniers temps de l'occupation 
romaine. 

Ce sont probablement ces soldats maures qui , dans les ennuis 
du corps-de-garde, ont sculpté la grossière statue qu'on voit main- 
tenant à Quinipily , et qui portait à Castennec le nom de Femme 
de la Garde , Groek ar Gouard. On a trouvé aussi à Castennec 
une colonne portant le nom de Trébonianus. 

De Kerfloch aussi ^ la voie de Vannes à Corseul marchant droit 
au N.y atteignait la forêt de Lanouée au-delà de Pont-Meleuc , où 
les Romains ont laissé des preuves de leur séjour. M. René 
Gaillard, de Josselin, a trouvé beaucoup de tuiles à rebord dans 
sa propriété de Quelneuf , située sur un coteau qui domine Pont- 
Meleuc. Entre Kerfloch et Pont-Meleuc la voie de Corseul traver- 
sait un vaste désert ; aussi les Romains ne paraissent point avoir 
éclairé et surveillé cette voie, comme ils avaient cru devoir pro- 
téger les autres. Je ne connais pas de camps bien caractérisés comme 
Romains sur cette voie , même au-delà de Pont-Meleuc, du moins 
dans le Morbihan. 

On a voulu rattacher à cette voie , comme camp de sûreté , le 
Camp des Rov£ts à Bodieuc ; mais outre que ce camp est situé 
fort loin dans TEst, je ne le crois pas établi par les Romains. 

C'est ici le lieu d*examiner, pour répondre à votre seconde 
question, les caractères auxquels on peut distinguer entre elles les 
buttes artificielles d'origine gauloise y gallo-romaine ou féodale. 

Je vous avoue franchement , Messieurs , que je ne crois pas à la 
Butte Prétorienne dans les camps romains de notre département , 
car je n'ai pas vu une seule butte dans les retranchements réelle- 
ment romains, dans les stations romaines bien caractérisées; 
tandis que je vois ces buttes dans des retranchements toujours 
placés au bord des cours d'eau , à portée de passages ou sur d'an- 
ciens chemins qui ne sont pas des voies romaines. Les camps où 
Ton trouve des buttes ont d'ailleurs presque tous trop peu de déve- 



— 76 — 

loppement pour avoir été occupés par une forte garnison ; à Ker- 
boulard , à Luhan , en Saint-Noiff , on trouve des buttes entourées 
de fossés profonds , de parapets élevés; mais ces buttes et ces 
camps sont d'une très-petite étendue, placés à mi-pente , et nç 
surveillent que le cours d'eau qui passe entre eux. Il existe en 
Saint-Noiff une vraie station romaine , mais plus au S,, et sur une 
hauteur d'où Ton domine une immense étendue de pays : c'est à 
Saint-Colombier où Ton voit une vieille chapelle , et une croix fort 
curieuse , à la base de laquelle on peut voir des soldats romains 
sculptés en relief y armés de lances , et accompagnant Saint* 
Colombier en costume d'évêque. 

En détruisant le fossé d'un champ près de la chapelle de Saint- 
Colombier, on a trouvé des tuiles à rebord de grande dimension, 
et des tuyaux d'hypocauste que j'ai vu retirer de terre moi-même. 

Dans les environs de Bodieuc , où beaucoup d'antiquaires veu- 
lent voir un camp romain , on n'a jamais trouvé une tuile à rebord, 
pas une pièce de monnaie, pas une pierre cubique, pas un pouce 
de blocage qui permette d'attribuer cette fortification aux Romains; 
tout, au contraire, porte là l'empreinte et le cachet dumoyen-age. 
On y voit, ou du moinï j'y ai vu il y a quelques années , un vieux 
chemin grossièrement empierré , fort élevé au-dessus des terres 
environnantes , une vraie chaussée enfin , coupée par la rivière de 
Ninian, et surmontée d'un pont de bois. La butte qui se trouve au 
milieu de l'enceinte fortifiée , et qu'on nomme le Troanier, est 
tronquée et a probablement supporté une tour. Je ne vois rien là 
de Romain, et si l'on cherchait bien, on trouverait peut-être 
quelque titre qui nous dirait que le camp de Bodieuc dépendait du 
château de Bodégat, ou que le prieuré de Bodieuc était autre^^'j 
un manoir féodal. 

Comme vous le voyez , Messieurs, on ne peut confondre les 
buttes féodales qui ne sont pas très- rares dans notre département, 
avec les bulles gallo-romaines qui n'y existent pas. 



— 77 — 

La butte gauloise , ou tumulus , est très-facile aussi à distinguer 
de la butte féodale ; cette dernière étant toujours entourée de fossés 
ou de douves, l'autre ne Tétant jamais. D'ailleurs, on ne trouve 
guère de tumulus (et j'ai soin de distinguer ici le tumulus de la tom- 
belle ) que dans la Poblad ar Mor, tandis que les buttes féodales y 
sont peu communes , si ce n*est à sa limite N. 

On distingue aussi très-facilement la butte féodale de la butte 
factice édifiée pour y établir un moulina vent; caria butte féodale 
est toujours entourée d*eau ou de retranchements , tandis que la 
butt« à moulin n'en présente point, comme on le conçoit. . 

Dans le vaste désert que traversait du S. au N. la voie de 
Vannes à Corseul , il est un point sur lequel je désire attirer un 
moment votre attention. 

On trouve, en Crédin et en Naizin, deux camps isolés, bien 
caractérisés romains, parles tuiles à rebord qu'on y a trouvées, et 
dont on ne s'explique pas l'existence , car ils ne sont point en 
rapport avec la voie romaine , ni avec le camp de Castennec ou de 
Suîis qui en est fort éloigné , quoique ce soit la station romaine la 
plus voisine. Il y a là nécessairement quelque chose à étudier, les 
Romains n'ayant pas dû jeter ainsi, sans motif, des détachements 
dans des camps perdus . Ce quelque chose , ne serait-ce pas l'em- 
placement de la ville romaine Reginea , que des archéologues ont 
voulu placer, à tort suivant moi , à Rohan , où Ton ne trouve rien , 
et qui est une ville toute féodale. 

Reginea, comme on le sait, se prononçait autrefois Reguinea; 
or, non loin des camps dont je viens de parler, on trouve un bourg 
nommé Réguiny, Voilà un indice propre à mettre sur la voie des 
recherches. Un nom en archéologie, Messieurs, n'est qu'un indice, 
car cette science n'est point aussi conjecturale qu'on le croit géné- 
ralement. Etablissons donc nos investigations sur cet indice. Dans 
la commune de Radenac, qui est la voisine immédiate de celle de 
Régùiny , on trouve au village des Rivibt^ s XowX v^^ ^^V vsv>si^% 



--78 - 

voie de Vannes à Ck)rs6ul , des ruines considérables qui^ passent 
dans le pays pour ôlre celles d'une ville qu'on y désigne sous te 
nom de la Ville BUmehe, Ne serait-ce pas l'ancienne Réginea qui 
devait , si Ton en juge d'après les cartes anciennes, exister dans 
ces parages? c'est un point d'archéologie bien curieux à élucider, 
une recherche bien intéressante à faire. Je ne doute pas, Messieurs, 
que, sur votre demande , le conseil général du Morbihan ne s*em- 
presse de voter assez de fonds, pour entreprendre des fouilles 
sérieuses au village des Rivière^. 

Dans la Poblad ar Maméennm , dont Carhaix devait être le 
grand centré d'occupation , je ne connais qu'un seul camp romain, 
du moins sur le territoire morbihannais. Ce camp est situé en 
Langonnet , au village de Guernegal-Caslel , où l'on trouve des 
traces d'une occupation considérable. Les débris de tuile y rougis- 
sent la terre. Dans cette commune de Langonnet, et dans toutes 
les communes voisines , on trouve beaucoup de retranchements, 
mais rien ne prouve qu'ils soient dûs aux Romains, et je ne veux* 
eiter ici que ceux qui ont été incontestablement élevés par eux. 

Les îles vénëtes situées dans le Morbihan, ou dans l'Océan en 
face des côtes morbihannaises, ont été occupées par les Romains, 
et leur séjour à Belle-Ile surtout, est attesté par des témoignages 
authentiques, puisqu'ils sont matériels. 

En 4748, on a trouvé aux Grands-Sables une médaille de 
Vespasien et deux pièces de Jules César; dans la même année , oa 
a recueilli , au Potager, une médaille en bronze de Trajan. 

En \S20, on a trouvé au village de Kerlastrem, commune de 
Bangor , une belle médaille en bronze de l'empereur Adrien. Aveo 
cette pièce se trouvaient ce que l'on est convenu de désigner sous 
le nom de haches en bronze. Ces prétendues haches étaient toutes 
creusées d'une douille, et pourvues, les unes d'une anse ou an- 
neau, et les autres de deux anneaux. Pour moi, je regarde ces 
haches comme étant des objevs de c«K\^Ui^tA> v^tee c^ue les auteurs 



— 79 — 

nous disent que les soldats romains portaient toujours avec eux tout 
co qui était nécessaire pour établir des camps et dresser des tentes, 
el que d'ailleurs je ne puis trouver ces haches en bronze propres à 
aucun autre usage. C'est par exclusion que je suis arrivé à me former 
cette opinion. Les haches étant creusées d'une douille profonde, 
n'ont pu jamais être. aiguisées, et par conséquent devenir des ins- 
truments tranchants I des armes de guerre. 

On a aussi découvert en 1840, à Belle-Ile, dans la commune 
de Locmaria, une médaille de Jules César de 0"*,03<^ 122 de dia- 
mètre, et en 4843, un vase en cuivre fort curieux que Cayot 
Délandre a décrit (page 538), et dont il a donné le dessin. 

Avant de clore ce mémoire que vous trouverez sans doute, 
Messieurs, plus long qu'il n'est intéressant, je dois vous parler 
des tombelles que beaucoup d'antiquaires regardent comme des 
tombeaux gaulois, et qui ne sont pour moi que des tombes romaines, 
parce qu'on ne les trouve guère que là où les Romains ont séjourné, 
et là où l'on ne trouve pas un seul monument druidique. 

Ainsi , en Seront , en Limerzel et en Tréfiléans, on ne trouve pas 
ua seul Dolmen , pas un seul Menhir, tandis qu'on y voit des en- 
ceintes fortifiées par les Romains, quelquefois môme des villa ro- 
maines, et des tombelles près de ces camps et de ces villa. 
D'ailleurs les objets qu'on y trouve démontrent bien qu'elles ne 
sont pas gauloises. 

Près de Coh-Castel (vieux château), enceinte fortifiée en Tref- 
fléans , on a fouillé quelques tombelles qui y sont fort petites et au 
nombre d'une vingtaine, et dans toutes on a trouvé des cendres et 
du charbon. 

A Limer2el , dans le bois de Brespan , existent neuf tombelles 
dont une assez élevée et écartée de cent pas des huit autres. M. de 
Penhouet en a fouillé quelques-unes en 1808 , et il y a trouvé, sur 
une aire en ciment d'une extrême dureté , des ossements calcinés , 
des fragments de verre et de poterie. 



— 80 — 

A Bol-Hurel , en Sérent, on observe fln retranchement de 46™ 
sur SS*", et près de ce retranchement vingt- quatre tombelles , dont 
plusieurs ont été fouillées et quatre détruites. On y a recueilli , 
comme dans les autres , des cendres et des charbons. 

Si , dans les lieux où Ton rencontre des tombelles , on ne voit 
pas de traces de populations gauloises , mais au contraire des villa 
et des camps romains; si toutes ces tombelles renferment des osse- 
ments calcinés et des charbons , n'est- on pas en droit de conclure 
que ces tombelles ne sont que des tombes romaines, et qu'elles 
datent des dernières années de l'ère payenne, et des trois premiers 
siècles de Tère chrétienne. 

Pour répondre complètement aux quatre premières questions 
de votre programme , je joins au travail synthétique que je viens d« 
vous lire , un catalogue analytique des monuments druidiques , des 
villa , des camps , des buttes que Cayot Délandre a décrits ou cités, 
que j'ai vus moi- môme , que mes amis m'ont fait connaître, oa 
que MU. Louis Galles, Mouillard et Piéderrière, mes collègues à 
la société archéologique , m'ont signalés. Puissiez-vous avoir trouvé 
dans la lecture que vous venez d'entendre , assez d'intérêt pour 
vous dédommager de l'attention que vous avez bien voulu me 
prêter. 



. 81 — 



NOTE SUR LES DRUIDES. 



■ NOl 

^■La république des Gaulois élait composée de trois diUérânis 
^^Is, les Druides, les Checaliers et te Peuple. 

D'après Diodore elStrabon, il y avait trois ordres dans \>ii 
Druides : les Druides ou Vacies, les Barde* ou Sarontdes, les 
Eubagex ou SamoChées. César et PompoDius-Méla ne parlent que 
des Druides. 

Les Druides sacriBaieni les victimes; ils interprétaient les 
dogmBit; ils promulguaient les lois; ilsrcndaient la justice; ils ins- 
truisaient la jeunesse; ils réglaient les calendriers; ils iraiiaient 
les malades el consultaient les astres. 

Les fiardes ctianlaient la divinité et les hommes illustres; ils 
itxcitaientles guerriers aux combats et célébraient dans leurs chants 
les belles actions et les triomphes. 

Les Eubages tiraient les augures des victimes. 

Ces trois classes étaient soumises à un souverain pontife qui 
avait sur elles tout pouvoir. Ce pontife, nommé à l'élection, parti- 
cipait au gouvernement politique. 

Le principal corps des Druides faisait, pendant les six mois d'été, 
sa résidence dans l'Aulunois, vers la montagne qu'on nomme en- 
core Monl da-Dniides; mais le siège souverain delà domination 
des prdtres gaulois élait à Chartres. 

Le grand sacrifice du gui de l'an neuf se faisait, à Chartres, Is 
dixième jour de la lune , qui était le commencement de l'année, 
car les Druides comptaient par nuits el par lunes. 

Quand on avait trouvé le gui sur un chône d'environ trente ans , 
on le coupait avec une serpette d'or et on le recueillait dans le ro- 
chetd'un praire; puisoncommenr^aille sacrifice en brûlant un peu 
de pain et en versant quelques gouttes de vin sur l'aulel oii deux 
taureaux blancs étaient immolés. 

» On cueillait aussi, avec des pratiques mystérieuses, la ver- 
ne et le tamarin. 
Les Druides avaient beaucoup de foi dans la vertu de œufs de 
serpents. 

Les femmesdes Druides et certaines femmes, nommées Senones 
et Druidemes, se livraient à la divination. 

Les principaux objets des lois des Druides étaient . 
L'honneur qu'on doit rendre au souverain Être ; 
La distinction des fonctions des prêtres; 



- 88 — 

L'obl'gation d'assister aux insiruclionsel aux sacrifices solennels; 

La dcfh^Hse de discuter les matières de religion ci de poliii<|ue ; 

La défense de rét^éler aux étrangers les dogmes ou les lois; 

Les peines contre Toisiveté, le larcin et le vol; 

L*élablissement des hôpitaux ; 

L*édncaiion des enfants qui étaient élevés en commun; 

Enfin, la permission aux femmes de juger les affaires ptrlieih 
lières pour faits d'injtires. 

Quoique rétablissement du Druidisme se perde dans la nuit d«s 
temps, on a préiendu, ou du moins on a cherché à prouver qu'an 
temps d'Ânnibal les Dniid«s n'existaient pas encore , parce que 
dans un traité entre les Gaulois et les Cariha^inois , on disait que 
si un Gaulois se plaignait d'un Carthaginois, pour deê injurmr 
l'affaire serait portée devant le Magistrat de Carthage; mais que ri 
c'é:ait un Carthaginois qui se plaignait, les femmes gauloises en aé- 
raient les jngrs. 

Mais ici les femmes gauloises ne sont appelées à juger que pour 
faits d'ivjnres, et non pour autre chose. On avait égard en eek 
à leur déiicdiesse. et nos mœurs actuelles semblent avoir remplacé 
les lois de nos ancêtres ; mais pirce que des femmes ont pu formar 
ce qu'on appelle de nos jours un jury d'honneur, on ne peut an 
conclure qu'elles fussent chargées de l'administration de la Jiisliea 
chez les Gaulois, et encore moins que les Druides n*existaasenl 
pas encore. 

D'après Pomponius-Mela et Lucain, les Dniides reconnaia- 
«aient l'immortalité de l'âme. César et Diodorede Sicile paraissent 
croire que le sy^ië'ne des Druides était cHui de la métempsycose» 
mais la connaissan'*e des dogmes druidiques , confiés seulement A 
la mémoire des adeptes, a toujours été fort incertaine. 

Avant rinvasion des Roiroins. les Druides (paraissent avoir admia 
l'uni'é de Dieu , et la prouve , c'est qu'ils n'avaient ni lomplea ni 
ni idoles, et cela seul dém^ ntre avec évidt*nce, qu'ils n'étaient ni 
polyihéi>tos, ni id làires, car il n'y a jamais eu de polyihéi 
sans idolâtrie . ni d'idulàirio sans imauos. 

Nntis ne sommes p.-is a^sez instruits piur savoir ce qu*on 
tendait par llesins. Tentâtes, etc.; mais nous le sommes 
pour penser que d»*s hommes qui ne repré^enont ni ne maléiit* 
lisent la divinité, ne doiven' p^ v rc regardes comme idolltrea. 

(ExLraU ant:ly tique du Mémoire d$ M. DncM^ 
de l'AcatUmie des InscripUam i<B#tfar>Ia Hi aa b 
Séana du 4 fitrin 1746.^ 



vl 



1 

"i 









1 



4 



.i 



— 85- 



CATALOGUE ANALYTIQUE 



DES 



HOXDIESTS GiCLOlS. DES TlLLi El DES CAMPS ROMAINS, 



Anm ooB VE» Bcrrxs rtohAixA qui existent aans le Morbihan. 



PEUPLADE DE LA MER. 



COMMUNES. 



GUIDEL. 



natuke 

DES MONUMENTS. 



SITUATION , RENSEIGNEMENTS 

SUR LEUR ÉTAT DE CONSERVATION , etC. 



I 



PLOEMEUR. . 



Dolmen. 
Menhir. 

Butte féodale. 

\Menhir. 

\ Dolmen. 

Menhir, 

Dolmen. 

Menhir. 
Menhir. 

Dolmen et 
iTumuliLS. 

Jumulus, 

Dolmen, 

Dolmen. 



Près du village du Palmero. 

A S*-Fiacre. — Près de 5 mètres. 
— Engagé dans un fossé. 

Vis-à-vis de S' Maurice, au bord 
de la rivière de Quimperlé. 

Au moulin de La Saudraie. — Il 
a 5 ffièires et est Irès-largc. 

ACautus, assez bien conservé, 
mais petit. 

Dans un cbamp nommé Parc- 
Menhir, à 300 mètres au N. B. 
du bourg. — Il a 4 m. 50. 

Près de Kerhouarh. — Assez bien 
conservé. 

Près de Cruguellec. — Il a 2 m. 

Entre Courégan et Kerbistoret.-*- 
Il a plus do 5 mèires. 

Entre Penher et Kerbistoret — 
6 mètres. — Dolmen bouleversé 
sur un tumulus. 

Dans le village de S'-Adrien. — 
Affaissé au sommet. 

Entre Kerroc'h et Penher. — Il 
est en partie ruiné. 

Près du précédent. — Complète- 
ment bouleversé. 



— 84 — 



COMMUNES. 



PLœMEUR . 



QUEVEN 



RIANTEC. .. 



NOSTANG. . . 



LANDEVANT 



NATURE 

DES MONUMENTS. 



/ Dolmens. 

Menhir. 
Menhirs. 

Menhir. 

\ Menhirs. 

Menhir, 

Dolmen et, 
Tumuliis. 




IjrVIGNAC... 



I Dolmen. 

I 

ç Ruines ro- 

I maines. 

i Ruines ro- 
\ maines 

(* Ruines ro* 
maines. 
Dolmen. 

Dolmen. 



DoUmn* 



SITUATION, RENSEIGNEMENTS 

SUR LEUR ÉTAT DE COnSERVATlOiN , etC. 

Supports de dolmens détruits à 
J'O. de Kerroc'h. 

Près de Kerroc'h. — 2 mètres. 

Un groupe assez nombreux au S. 
de Kerroc'h. 

A 200 mètres au N. de Kerroc'h. 

— 3 mètres. — Brisé. 

Près du fort du Tallul. — Un de- 
bout, un autre renversé. 

Entre S^ Bieuzy et Kerloês. — 
Brisé. 

Butte-à^Madame. — Le tumulus 
fouillé a présenté une petite 
chambre dans laquelle on a 
trouvé des cendres, en 1829. — 
Il est situé à 4 000 m. du bourg. 

— Le dolmen complètement 
ruiné est placé dans le tumulus. 

Au sommet du Manéguen , au N. 
de la routé. — Ruiné. 

Dans un champ , au bord de la 
route de Lorient à Quimperlé. 

Près de Kerpréhet. — En partie 
ruiné. 

Digues, retranchements, établis- 
sements importants, immense 
quantité de tuiles brisées. 

Au bourg. — Borne milliaire. — 
Débris de briques. 

Dans le bois de Kerbalay. — Dé- 
bris de poterie et de briques. 

Au bord de la route de Vannes à 
Hennebont. 

Près de Kermadio. — Ruiné. — 
On y a trouvé un vase avec des 
cendres. 

Près de Lopriac. 



-86 — 



COMMUNES. 



PLOUHINEC- 



NATURE 

DES MONUMENTS. 



SITUATION, RENSEIGNEMENTS 

SUR LEUR ÉTAT DE CONSKIIVATIOlf , etC. 



Camp romain. Au vieux passage, près de l'entrée 

de rÉiel. 

' Alignement. Près le moulin de Kerousine. 

Alignement. Près du moulin de Gueldro. — 

Considérable. 



Menhirs. 



\ 



IDolmen, 
\Tumulus, 

[Menhir. 
IDolmen. 
iDolmens, 

Dolmen. 
Menhirs. 

Menhirs. 
Tumulus. 



/Dolmen. 

m I 

LOCOAL-MEN-) Dolmens. 
DON 1 

V Dolmens, 

/Tumulus. 

Dolmen. 

Dolmen. 

Dolmen. 
Dolmen. 
Dolmen. 



BELZ. 



A Kerfourché. — Renversés. — 
Ce sont peut-être les débris 
d'un dolmea. 

Au S. de Kerfourché. — Détruit. 

Près du moulin de Kerjoachim. 

— 2 m. 60. 

Au Mané-Kersine. — 1m. 50. 

Au même village. — Détruit. 

Au même village. — Deux. — 
Bouleversés. 

A Kersine. — En partie enfoui. 

A Kerrouay. — Plusieurs, pen- 
chés ou renversés. 

A Kervelhué. — Cinq ou six. 

A Kervelhué. — Haut de 4 m. 
Tronqué au sommet. 

Sur une butte, auN. deKervoén. 

— Ruiné. 

Dans le champ Brielec, à l'O. de 
Locqueltas. — Deux. 

Au Mané-er-Hloh. — Trois. 

A Crubek. — 4 mètres. 

A Kernours. — Partie détruit, 
partie enfoui. 

A Kerlourde , près de TÉtel. — 
Renversé. 

A Kerhuen. — Ruiné. 

Près de Saint-Cado. — Ruiné. 

Près du précédent. — Plus ruiné 
encore. 



-86- 



mmmm 



GœfMUNES. 



NATURE 

DES MO.'IOMENTS. 



BELZ, 



Dolmen» 
Dolmen. 

Cromlech. 
Dolmen. 

Dolmens. 
^Menhir. 

Menhir. 



PLOEMEL.... j,^^^, 

* Dolmen. 
Dolmen. 
Menhir. 

Dolmen. 



ERDEVEN. . . . 



) 



SITUATION, bEN^lGNeSIENTS 

SDR LEUR ÉTAT •£ CONSBRYATION , etC. 



PLOUHARNEL... 



Dolmen. 
Dolmen. 

Dolmen. 

Alignem£nts. 
Tumulus. 

Dolmen et 
Tumulm. 

Dolmen. 

Dolmen. 
Dolmen, 



Près du précédent. — Sans table. 

Sur la mâme lande que le précé- 
dent. — Bouleversé. 

Sur un monticule. 

A Kerl*idu. — Le plus remar- 
quable de la commune de Belz. 

Entre Belz et Btel. — Deux. 

A Er-Velioneo. — 4 mètres. 

A TE. et près du village de Saint- 
Cado. 

A TE. du village de S^-Laurent. 
— ira. 50. 

Au S. 0. de Kervaso. — Boulev, 
Non loin du précédent. — Boulev. 

A 1 kil imëire au S. 0. du bourg. 

4 mètres. 

Au village des Sept- Saints. — 
Ruiné. 

Prèsd'Éiel.— Ruiné. 

Sur un monticule près d'Élel. — 

5 supports. — Ruiné. 

Près d'Éiel. -^ 7 supports. — 
Ruiné. 

A Kerzerho. 

A l'extrémité des alignements. *- 
Affaissé. 

Au milieu des alignements. — 
Dolmen sur un tumulus. 

Au S. de l'extrémité E. des ali- 
gnements, avec 4 cabinets. 

A Corconno ou Kerconno. — C'est 
le plus grand du Morbihan. 

A Renusto. — Enfoui jusqu'à la 
table. 



— «7 — 



oasB 



«M 



COMMUNES 



NvTUKK 

D^S MONUMENTS. 



SITUATION. HENSiilGNKMENTS 

SUR LEUR ÉTAT DE CONSERVATION , fstC. 



Dolmens. 



PLOUHARNEL. .(Menhirs, 



llenhirs. 



Dolmen. 



\ 
I 

/ Menhirs, 



Dolmen. 



Dolmen, 

ÛUIBERON. . . ) 

Cromlech. 

Menhir. 

Tumulus. 



Alignements. 
Dolmen. 
Dolmen. 
Tumulus. 



CARNAC 



Dolmen, 

Dolmen, 
Dolmen. 

Menhdr. 



Trois, enfouis ensemble. — Le 
plus grand au milieu a un ca- 
binet Une fouille récente y a 
fait découvrir deux colliers ou 
bracelets d'or et des cendres 
contenues daos un vase. — Ces 
dulmens soni près du bourg 

Une quarantaine à Sainte-Barbe. 

— Le plus grand est a l'O. 

RoniedePloubarnelàErdeven. — 
Trois, dont deux dans un loa^é^ 

A Kernehué. '— Sa table est dé- 
pbc<^e. 

A Kercaradec.^ 

Près de Saint-Fierre. — Alignés 
et très rematti' ables. 

A Mané-Menr. — - Ruiné. — A 

chambre circuhire. 
A la rô:e S. 0. — Détruit. 

A l'O. du Mané-Meur. — 3à4ra. 

Nommé Mont S'-Michel. — Le 
plus beau du Morbihan. 

Du village de Ménec jusqu'à La 
Trini!é. 

A Crux-Moqnenou Crux-Motlen. 

— Surmonté d'une croix. 

Roule d'Aurayi Carnac. — Trois 
tables, 7 supports. 

Au village du Mousloir. — Sîir- 
monié d'un menhir. (J'ai trouvé 
là des tuiles à rebord.) 

A G«»h Ker. vieux village. — Trois 
tables , 8 supports. 

Au S. du précédent. — Détruit. 

Encore 3u S. du précédent. — 
Détruit. 

A Couacongau. — Surmonté d'une 
croix. 



88 — 



COMMUNES. 



CARNÂC 



/ 



NATURE 

DES MONUHENTB. 

Dolmen. 



L0CMâR1ÂQUER.< 



Tumulus. 

Menhir» 
Dolmen. 
Dolmens. 

^Menhir. 

{Dolmen. 

Dolmen. 

Dolmen. 

Dobnen. 

Menhir. 
^Dolmen. 

Dolmen. 

Tumulus. 

menhirs. 
^Dobnen. 

{Dolmens. 



I 



Menhir. 
Menhir. 



SITUATION, RENSEIGNEMENTS 

SDR LEUR ÉTAT DE C0N8ERTATJ0M , etC. 



Au N. de la route d'Auray à Qui- 
béron. — Détruit. 

ACouôlatou, près Crucuni. — 
Surmonté d'un menhir. 

A Kergrim. — 1m. 70. 

A Keriaval. 

A Keriaval. — Trois, dont deux 
enfouis jusqu'aux tables. 

Route d'Auray à Quibéron. — 
2 m. 50, penché. 

A ro. de la maison du passager. 
— Enfoui et bouleversé. 

A ro. du château d\i Laz ou du 
Lac. — Détruit. 

Sur une montagne au S. 0. du 
château du Lac. — Enfoui. 

Près et à TO. du passage du Lac. 
— Bouleversé. 

Près d'Astellic. — Renversé. 

Au N. du moulin de Cocordeau. 
Déplacé. 

A TE. de la route d*Auray, près 
de Cocordeau. — Bouleversé. 

Nommé Mané-er H'rouich, ou 
Butte- de-César. — 42 m. 

Renversés aux pieds du tumulus. 

Nommé Pierres-Plates, avec un 
cabinet entièrement fermé. 

'Kommés Roc' h' Bras; une cham- 
bre dallée d'une grande pierre 
Elate dans Tun, oui est assez 
ien conservé. — Trois. 

AKerguelvan. — 3 m. 10. 

A Kerpenhir. (Près de là, une 
double file de menhirs renver- 
sés.) — 3 m. 



— 89 - 



COMMUNES. 



Nature 

DES MONUMENTS. 

(* Dolmen. 
Doîmen. 
Dolmen, 

Dolmen. 

Menhir. 

Dolmen. 



t Dolmen. 
Dolmen. 






LOCMARIÂQUEB. 



Dolmen. 
Tumulus» 

Dolmen. 



\Dolmen. 



Dolmen. 



Menhir. 



Menhir. 



Dolmen. 



SITUATION , RENSElGNEMlilNTS 

SDR LEUR ÉTAT DE CONSERVATION, etC. 



ÂKerlud, nommé Roc'h-Guerlud. 

A Kernehué. — Renversé. 

AKeroc'h. — Assez bien con- 
servé. 

Près du précédent. — Enfoui jus • 
qu'à la table* 

A Porher. — Nommé Men-Melen 
(pierre jaune). 

A Saint-Pierre. — Nommé Roe'h* 
Pointe-er-Vil. 

A Pont*el-Len. — Détruit. 

A Kercadoret-le-Gal. — Déplacé 
et surmonté d'une croix. 

Près du moulin de Cocordeau. 

Au Mané-Lud. — En vase comme 
celui de Tumiac. 

A rO., dans le tumulus même. 
— Enfoui. — Je suis disposé 
à croire que ce dolmen pour- 
rait bien n'être pas seul enfoui 
sous le tumulus du Mané-Lud. 

Nommé Table de César ou des 
Marchands, — Il a été autre- 
fois enfoui sous un tumulus en 
vase; il est encore à demi- 
enfoui. 

Complëtementruiné. — On en voit 
la table entre le précédent et le 
Mané-Lud. — Il devait être en- 
foui sous un tumulus en vase. 

20m. 10. — Brisé en quatre mor- 
ceaux. — Le plus beau Menhir 
connu. — On croit qu'il a été 
renversé et brisé par la foudre. 

Près d'une maison, au N. du 
bourg. — Brisé en deux. — 
7 m. 50. 

Près du bourg. — Enfoui jusqu'à 
la table. . 



- 96 - 



COMMUNES. 



NATURE 

DES MONUMENTS. 



I 



SITUATION , RENSEIGNEMENTS 

SUR LEUR l^TAT DK CONSERVATION , etC. 



LOCMARUQUKRJ 



Dolmen. 

Dolmen. 
Dolmen. 
Autel duidiq. 

Autel. 
Dolmen 



Menhir. 

Ruines fo- 
maines. 



I 



Dolmen, 



Menhirs. 



Dolmens. 



^^^^^ \Dolnum. 



làtenhir. 

Menhir. 

\ Menhir, 

\ 



Entre Keraulay et Locpereck. — 
Bien conservé. 

A la pointe Er-Hourer. 

A Kerhan. — A demi-renversé. 

Tout au près de Kerhan. — Des 
cercles concentriques y sont 
creusés. 

Un autre autel druidique existe 
aussi près du précédent. 

A K«rdaniel.— A demi-renversé. 
(Là, il y a beaucoup de ruioes 
celtiques.) 

Près de Lann-Brie et de la baie 
de Saint-Philibert. — 3 m. 

Cirque ruiné ; fortiGcations dont 
les murs sont apparents: habi- 
tation particulière ou bains pu- 
blics, dans la cour de la maison 
Le Roi ; traces d'une tour carrt':c 
près de la chapelle St-Michel : 
enfin des pierres cubiques et 
des débris de briques partout. 

A Kerléhuérit ou Kergléveril. — 
Assez bien conservé. 

Au S. de Kerléhuérit. — Un de- 
bout et petit, plusieurs ren- 
versés. 

Sur une colline au S. de Kerf;]e- 
veril. — Débris de trois d«»l- 
mens. 

A Kenen-Tanguy. — Bien con- 
servé. 

A trois cents mètres de KerviMi. 

— 2 m. 

A deux kilomètres du précédent. 

— Petit. 

Sur lequel on a tracé une double 
eroii, routed'Aurayàla Trinité. 



- 91 - 



COMMUNES. 



Il H wiiwa— ■e— 8— 

NATURE 

DES MONUMENTS. 



CRACH 



I 



^Menhirs. 
Dolmen. 
Dolmens. 

Menhir. 



PLOUGOUMELEN.. 



I 



PLUNERET. . . 



I 



PLUMERGAT.. 



Tuviulm, 

Dolmen, 

Dolmen, 

Menhir. 

Dolmen. 

Menhir. 
Tamulue. 



BRECH 



■• 



SITUATION . RENSElliNÉiMENTS 

SUR LEUR ÉTAT DE CONSERVATION , etC 



PLOEREN. ... 



Menhir. 

! Dolmen. 

Dolmen. 

Ruines ro- 
maines. 

! Retranchem. 
Retranchem. 
Butte féodale. 



Plusieurs, tout près de la cha- 
pelle Saint-Jean. 

Au S. du bourg. — Ruiné, en- 
touré de ses débris. 

A Parc- er-RoQ*h, près de la ferme 
du Beuric. — Ruinés. 

Dans le bourg. — Creusé à sa 
partie supérieure, probable- 
ment pour recevoir une croix. 
On le nomme Pierre du Ser- 
ment. 

Au rocher* 

Ou grotte coudée sous ce tumulus. 

A Kerv(ingu. — Le mieux con- 
servé du Morbihan. 

Brisé en deux , près d'une cha- 
pelle. — 6 m. 

A Coët-Sal.— Irrégulier, informe 
et petit. 

Au B jis Juste. — Renversé. 

Au N. de Lann-Groës. — Fort 
peiit. — 2 m. 

Près de Laimer. — 3 m. 

Près Brégoarne. — Demi-ruîné. 

Près de Kerhouarin. — Ruiné. 

A Sainte-Anne et près de Tétang 
du Cranic. — Débris de briques. 

Près de Kermurier. — Origine 
inconnue. 

A trois cents mètres à TO. de Clis- 
couët. — Origine inconnue. 

A Penhouet, près du village de 
Lnscanen. — On y a trouvé des 
restes de maçonueries. 



— 92 — 



COMMUNES. 



BADEN. . 



NATURE 

DES MONUMENTS. 



SlTUATKlN, RENSEIGNEMENTS 

SDR LEUR JETAT DE COmERTATIO!!, etC. 



Ruines ro 
maînes. 



\Menhir» 



ARRADON. . . J Dolmen. 



'Menhir, 
Dolmen. 



A Pen-Boc*h , retranchement d'o- 
rigine romaine. — A Bourcerel, 
au Truhélin, a Roguéua, à 
à Kervoyer, villa, murs en petit 
appareil , débris de briques. 

A Mané-Bourgerel , il touche la 
maison qu*on y trouve. 

Au S. E. delà Chênaie. — Nom- 
mé Er-Roc'h, engagé dans un 
fossé. 

Au S. de la Chênaie. — Brisé , 
entouré de ses débris. 

Entre la Chênaie et le menhir 
précédent. — Brisé, boule- 
versé, méconnaissable. 



' TufntUus. 
Dolmen. 



A rne de Gavr'innis. 

Sous le Tumulus de Gavr'innis. 
— La plus belle grotte connue. 

Aille-Longue. 

Ou grotte ouverte en 1853, sous 
le tumulus précédent. 

Retranchem. Au Major, prèsLocmiquel. — On 

y a trouvé des pièces romaines. 

Dans les environs deToulendac. — 
Débris de briques. 



Tumulus. 
* iDobmen. 



Ruines ro 
maines. 



I 



Dolmen. 

Dolmen. 

Dolm,en. 

ILE-ÂUX-MOINES j Dolmen. 

Menhir. 
Cromlec'h 



A Pen-Happ. — Très-beau. 

Entre Pen-HappetKemo. — Ruiné 

A Kerno. — Assez bien conservé. 

A ro. de Kergrahiec. — Ruiné, 
engagé dans un fossé. 

EntrePen-HappelKemo.— 1m.60 

A Kergonan. — Le plus beau du 
département. 



NATURE 

[ DES BO.IbHETTS. 



SITUATION , ItKNSEIGftEMthTS 



Au village de Gréaveau. — hé- 
tmil. 

Près du CapdeBroël. — Deux, 
dont un petil. 



Deux, en ruine, nommé:* Makons- 
des-Poulpiquels. 

A la Pointe- de -Peu -Raz. — A 
demi-déiruit et pou remarqua- 
ble. — Beaucoup du monu- 
raenls drui'liques onl disparu à 
i'Ito-d'Arz. 

De Saint-Guen à Saint-Lconard. 
— Quatorze. 

Sur la landfi au N. E. de la Chê- 
naie. — Bmé et entoura de 
ses débris. — Il mesure encore ' 
un mètre. 

Au N. E. de Bohal^jo. — Deux, 
brisés, méconnaissables. 



N. B Enlre Bohïlgo , U Pral el Le 
Roluc, 00 Irouïu aur loules \a» 
landr's une imcn^riBe quanlilë ilt^ dé- 
bris de moniimiau culliqucs biitét 
el boulnYËrsÉs. 

Villa au Rohic. — Cirque à Saint- 
Symphorien. — Débris Je bri- 
ques au Hesquéuo, àSi-Guen, 
aueimelicre. — Parties de murs 
romains conservées dans quatre 
points des remparts de la ville. 
— On a trouvé, il y a quelques 
années, une staïueiie romaine 
en bronze, en démolissant une 
maison, rue de Poniivy. 



-94-- 



COMMUNES 



MATURE 

DES MOxNDllEMTS. 



Ruinée ro'' 
maines. 



Ruines ro- 
maines. 



SAINT-AVE. 



SITUATION, RENSEIGNEMENTS 

SDR LEUR ÉTAT DS CONSERVATION , etC. 

On trouve, au bourg d*en-haut, 
des fossés en pierres de petit 
appareil vers le N. du bourg. 
On y trouve aussi quelques dé- 
bris de briques. 

A Mangoêr-Lorian sur la sommet 
d*une haute colline, on voit une 
chapelle et un village où se 
tient, chaque mois, pendant 
toute la belle saison, une lrèi(* 
ancienne fnirc. ConiT.e on dit 
indifféremment MangoLorian 
ou Mangoër-Lorian, on a pré- 
tendu que ce nom venait des 
mots latins Magno Aurfliano, 
et que, par consé.|Uf nt, les Ro* 
mains avaient ceriaini^ment oc- 
cupé ce point situé tutt près 
de la voie de Vannes à Rennes. 
S*il n*y avait d*auire preuve de 
Toccupaiion do ce point par les 
Romains que celle apportée 
par le nom, ce serait peu de 
chose à mes yeux, car en chan* 
géant quelques lettres, on fait 
dire à des noms tout ce qu*0Q 
veut, et je pourrais soutenir 
que le nom ae Mango-Lorian 
vient de if ani/o^r muraille, en* 
ceinte fortifiée , et de Laëran 
voleurs, mot-àmot Camp-des- 
Voleurs. En efT.'t, qu*un soldat 
romain, gaulois ou franc, du 
camp placé au S. et en face de 
Mango-Lorian, eût volé une 
poule ou un chou dans le voi- 
sinage, cela suffisait pour nom- 
mer ce camp, Camp-des- Vo- 
leurs; mais è Mango-Lorian, 
j*ai trouvé, le 25 août dernier, 
en y fa'sant des recherches, 
quelques débris de briaues 
oans les champs et une tuile à 
rebord dans un vieux fossé dé- 



w - 



COMMUNES. 



NATURE 

DES VONLMENTS. 



SAINT-AVÉ. 



I 



SITUATION, KfcNSEIG^EMEKTS 

SUR LEDR ÉTAT DE CONSERVATiON , eiC. 

truit au S. du village , et qui 
marche directement du N. au 
S. On voit d'ailleurs beaucoup 
de peiires pierres cubiques dans 
les murets qui servent de clô- 
tures aux couriils des maisons. 
Au S. de Mango-Lopan, près 
du village de Kernehué, au 
sommet d'une haute C'illne, 
on trouve une fortification très- 
remanjnahle, oui porte le nom 
de Castel-Ker-Nehoé. Au-des- 
sous de ce camp, on voit une 
chau«>'ée, un éang et un mou- 
lin. En étudiant celte forlifica- 
linn avec soin , on observe que 
sa triple enf*ein'e est formée dç 
gros fragments de granit en- 
tassés sans mélange et recou- 
verts de terre. Dans Tenceinte 
la plus intérieure , j'ai cru re- 
connaître les assises de deux 
murs formant angle droit, el 
qui paraissaientavoirappartenu 
a une construction de petite 
dimension. Ce camp de Ker- 
Dehué est-il bien romain ? Pour 
moi , j'en doute , car je ne lui 
trouve point les mêmes carac- 
tères qu'aux autres camps ro- 
mains de notre département; 
je lui trouve l'aspect féodal, au 
contraire. 



A Saint- Colombier, au S. de 
Tallouêt, villa, tuiles à rebord. 



ST.-NOLFF.. 



SÉNÉ. 



(Ruinps rO' 
mairies. 

Butte féodale. Près Luhan. — On la nomme 

er-Fordeu, les foris. 

Butte féodale. AKerboulard, dans la pente au N. 

Entre Gornevez et la mer. — Ruiné 
et de grande dimension. 

Sur un mamelon, près d'une cha- 
pelU. -<- Bouleversé. 



Dolmen. 



Dolmen. 



96 



MIMfli 



COMMUNES. 



NATURE 

DES MONUMENTS. 



SITUATION, RENSEIGNEMENTS 

SUR LEUR LEUR DE CONSERVATION, etC. 



SENE. 



Dolmen, 
Dolmeitë, 



SURZUR. . . . 



Menhirs, 

Dolmens, 

Ruines ro- 
maines. 



Sur un mamelon au S. 0. de la 
même chapelle. 

Près encore de la même chapelle. 
— Trois comigus, complète- 
ment ruinés. 

Près de Bergord , au N. E. du 
bourg. — Trois de 5 mètres. 

Dans le taillis de Talhouët. — 
DeuXy tout-à-fait ruinés. 

A Lescorno. — Débris de briques, 
colonne votive dédiée à Viclo- 
rinus 



TREFFLEAN.. 



SULNIAC. 



Retranchem, Près de Grann. On le nomme 

Coh-Castel, qui veut dire vieux 
camp ou vieux château. 

Auprès de ce camp. 

A Sle-Marguerite, à La Perrière, 
et dans plusieurs autres points 
de cette commune. (Origine 
douteuse.) 



Tombelles. 
Retranchem. 



THEIX. 



Ruines ro- 
maines. 

Menhir. 



Retranchem, 
Retranchem. 
[Menhirs. 
Menhir. 

\Menhir. 
Menhir. 

Menhirs, 



A Kerrado. — Villa, fragments de 
poteries et de tuiles brisées. 

Près de Téglise de Gorvello, à la 
limite de la commune deTheix. 

A Brangolo. — Évidemment ro- 
main, avec débris de tuiles. 

A Talhouët. — Avec tuiles ro- 
maines et pierres cubiques. 

A Lan-Marodey, près Salarun. — 
Deux dont un renversé. 

A rO. et à 500 mètres du Poteau- 
Rouge, roule de Sarzcau. — 
2 mètres. 

Au S. du précédent. — 1 m. 80. 

Section M. du cadastre, n^'âSS. 
— 1 m. 30. 

Près du village de Kerrec. — Eu 
partie brisés ou renversés. 



— 97 — 



COMMUNES. 



NATURE 

BES MONDMBNTS. 



SITUATION, RENSEIGNEMENTS 

SUR LEUR ÉTAT DE CONSERVATION, etC. 



NOYALO-. . . 



Ruines ro- 
maines. 



iir iiW7n (Rwine* ro- 



ARZON. 



I 



Tumulrn* 



A TE. de réglise. — Débris de 
briques. — Noyalo devait être 
un point important, puisque là 
se joignaient deux voies ro- 
maines. 

Débris d*une mosaïque , la seule 
trouvée dans le Morbihan. 

A Tumiac. — Magnifique, de 20 
mètres de hauteur. — Des 
fouilles toutes récentes ont fait 
découvrir sous ce tumulus un 
dolmen dans lequel on a trouvé 
des débris humains, 30 celtae 
en jade et en trémoline dure, et 
trois colliers à grains de jaspe. 
La chambre qui était dallée en 

Sranit, était couverte sur ce 
allage de planches dont on a 
retrouvé les détritus. ^ 

Près de Port-Navalo. — Nommé 
le PetU'Mont. — On aperçoit 
sous ce tumulus les parois d*un 
dolmen qui^ sans doute, a été 
fouillé autrefois. 



[Reiranchem. A la pointe Saint-Nicolas, près du 

moulin de Pen-Castel. On y 
trouve des débris de briques 
romaines , les ruines d'une cha- 
pelle et d'un ancien monastère, 
et des fortifications des temps 
féodaux. 



{Tumulus. 



ÀuUl. 



Dans une petite lande, en face 
des retranchements de Saint- 
Nicolas. 



Dans le clos Planche. — 3 m. 
Dans leclosVouillarenn. — ^Ruiné. 
Dans le môme clos. — 3 m. 30. 
Sur la butte de Mottenno. 

* le Rapport sur celte découverte est vn vente à la niènie Librairie. Prix : 75 g* 

1 



Menhir, 
Dolmen* 
Menhir» 
Menhir, 



— 98 — 



BBa 



COMMUNES. 



IfiJ i M 



NATURE 

DK8 MONUMENTS. 

Dolmen, 



ARZON. . . . 



Mmhir. 



Dolmen. 



ST.-GILDAS. .! 



SARZEAU. . .[ 



Menhir. 

Menhirs. 

Menhir. 
Dolmen. 

Menhir. 

Menhir. 

Menhir. 
Dolmen. 
Dolmen. 
\Dolmen. 
Dolmen. 



Menhir. 



SITUATION, RENSEIGNEMENTS 

SUR LIUR ÉTAT K CONSERTATlOIf, etC. 



Près de Locmaria. — 17 mètres 
de longueur. 

Près du moulin de Pen-Castel. — 
Renversé. — 6 mètres. 

N. B On trouTe des débris de briques 
un peu partout en Areon , mais sur- 
tout à Port-NavalOi 

Au Clos-er-By, qui veut dire 
champ du tombeau, près du 
village du Net. — Ruiné. — 
23 mètres de long. 

Tout près du dolmen précédent. 
3 mètres. 

Un dans le champ Scalguir. — 
Deux, près de là. 

Près du marais de Kerver. — 4 m. 

A la pointe de Port-Maria. — H 
est ruiné. 

Près de Largueven. — 5 mètres. 
— Nommé Fttôeau de Jeannette. 
— Renversé. 

Entre Le Palais et Coh-Porh. — 
i mètres. 

Entre Sucinio et La Noëdic. — 
Petite dimension. 

A Prat-Fettenn. — Ruiné. — Nom* 
mé Men-Béniguet, pierre béni le . 

Entre Le Porh et Kergilet. — 
Nommé Lannec-er-Men. 

Sur la hauteur de Brillac — Brise 
et affaissé. 

Près de Kerblay. — Nommé 
Men-Hiaul ou pierre du soleil. 
Ses supports sont brisés et 
détruits. 

A Croeun-Landeun. — Ses débris 
forment une espèce de Crom-" 
lec*h. 



— 99 — 



COMMUNES. 



aaa 



NATURE 

DES MONUMENTS. 



SARZEAU. . 



AMBON. . . . 



[Dolmen, 

I Ruines ro- 
\ maines, 
I 
'Menhir, 

Dolmen. 



Dolmen, 



\ 



MUZILLAC. , . I Dolme^u 

Dolmen. 



Autel 



KOY.-MUZILLAC, 



Ruines ro- 
maines, 

[ Ruines rO' 
LE GUERNO. . | niaines, 

I 

SAuteL 
Dolmen. 



I 



Menhir, 



filLUERS. . . 



s Dolmens. 



\ 



Dolmen, 



PENESTIN. • . 



Dolmen, 
Menhir. 



Sn UATIOP , RENSEIGNEMENTS 

SUR LEUR ÉTAT DE CONSE{lTATION , etC. 



Dans le clos Rodus. — 1 mètre» 
de long. 

A Truscat, villa. — A Penvins^ 
camp et tuiles à rebord. 

Route d'Ambon à Pénerf . — Sur- 
monté d'une croix. 

Près du bourg. — Considérable,' 
mais complètement ruiné. 

Près de la fontaine Sainte-Julitte. 

— Assez bien conservé. 

A Colihir. — Incomplet. 

Entre Kermabolo et Kerluré. — 
Sans table. 

Entrela ferme de CocoretKeroyant 

— Près de ce débris d'autel , 
un autre débris d'autel creusé 
de bassins et surmonté d'une 
croix. 

A Kerroyant. — Une villa ; des 
tuiles à rebord un peu partout. 

A 200 pas du bourg. — Une 
villa; beaucoup de tuiles ro- 
maines. 

A la Clarté. 

Près de la Clarté. — Bouleversé. 

Près du dolmen. 

A la baie des Granges. — Deux, 
ruinés. 

Entre les pointes de Locmer et de 
Casielli. — Nommé Men-Ar- 
zein. — Détruit. 

Au village du Haul-Péneslin. 

Près de Trehiguer. — Nommé 
Pierre-Blanche, — 4 métrés. 



— 100 



COMMUNES. 



NATURE 

DES MONUMENTS. 



SITUATION, RENSEIGNEMENTS 

SUR LEUR ÉTAT DE CONSERVATION , etC. 



PENESTIN. . 



\Dol7nen, 
\ Menhir, 



Près de Trehiguer. 

Dans un champ de TlrMor. 

N. B. Je De crois pas que Pénestin et 
son territoire fussent aux Yénètes. 



Ruines ro- 
maines. 



QUESTEMBERT. . 



I 



La chapelle de Goêt-Bihan est 
bâtie sur des ruines romaines. 

— On a trouvé près de là, dans 
les ruines d'un ancien manoir 
féodal appartenant aux anciens 
comtes de Rochefort, une pièce 
de Postume en petit bronze. 

Butte féodale. À Boquignac , dans une prairie. 

— Elle a été récemment dé • 
truite par le propriétaire qui y 
a trouvé des restes de maçon- 
neries. 



LIMERZEL.. .iTombelles. 

I 

{Ruines ro- 

I tnaines. 



BEGANNE. 



A la Noë-Brespan. — Neuf. — 
Traces des Romains. 

Dans la lande des Maunys. — 
— Fragments de briques. 



N, B, M, Louis Galles, m'a beaucoup aidé dans le classement 
des monuments de Tarrondissement deLorient, M. Piederrière, 
dans ceux de Novâl-Muzillac, et M. Mouillard , dans ceux de Pé- 
nestin. Je leur offre ici mes remerciements* 



PEUPLADE DES RIVIÈRES. 



QUrSTINIC. 



(Retranchem, 



LANGUIDIC. 



Tumulus» 



Tumulus, 
1 Menhir, 



Près du village de Quistinic. — 
Il est en partie détruit. 

Entre les villages de Penhouêt, de 
Kersulan et du Resta. — Les 
menhirs qui les composent sont 
tous de petite taille. 

De petite taille aussi. — - On en 
trouve deux dans les aligne- 
ments. 

A Kemec. — Peu élevé. 

A Kerdoret. — Engagé dans ui^ 
fossé» 



— 101 



COMMUNES. 



CAMORS. . . 



PLUMELIN. 



ORÉAC. . 



NATURE 

DES MOimiEKTS. 



SITUATION , RENSEIGNEMENTS 

SDR LEUR ÉTAT DE CONSERVATION , etC. 



Près de Kerguélin. — Nommé 
Roc'h'Hir, pierre longue. 

Dans la forêl de Camors. — Deux. 

Près de la clôture N. du VieuX' 
Semis. — Deux. 

A 60 mètres au S. des deux pré- 
cédents. 

Dans un bois de pins, nommé 
Jeune-Semis. 

Au bord du chemin nommé Hent- 
Mériadec , dans le bois de la 
Croix-Blanche. 

BuUe féodale. Entre les villages de Kerfraval et 

de Tallen. 

Retranch&fn, Dans la lande de la Perrière , au 

S. de Bot-Coët. — Deux camps 
dont Torigine n'est pas bien 
constatée. Sont-ils romains? 



'Menhir. 

Menhirs. 
Menhirs, 

ïenhir. 
\Menhir. 
^Menhir, 



^fMenhir. 
Retranchem, 



Près de la chapelle Saint- Jean. 
— 2 mètres. 



I 



^IZIN. . . 






•HÉDIN. . . 



Sur la lande dite de Moréac, au N. 
de Bot-Coët. — Il a du être fort 
important et est romain , car 
on a découvert, en Moréac, une 
grande amphore et des instru- 
ments de fer d'un usage in- 
connu et qui se trouvaient avec 
l'amphore. 

Retranchem, Nommé le Camp, — On y trouve 

des briques romaines en grand 
nombre. 

Retranchem, En grand nombre, mais d'origine 

inconnue. — On trouve dans 
celte commune quelques tuiles 
romaines. 



^IGNAN. • • 



Tîim. etDolm 
\ Menhir. 



V 



Près du village de Kergoufalse. 

Au village de Bezo , au bord d'un 
champ. 

Retranchem. Entre le petit Clésio et Kervi- 

guenno. — Origine inconnue. 



102 — 



COMMUNES. 



BBaoBBsaaBB 

NATURE 

DES MONUMENTS. 



MO(ISTOIR-ÂG. 



Menhirs. 

Dolmens. 
Dolmen. 



SITUATION, RENSBIGNBUËNTS 

SUR LEUR ^AT DE CONSERVATION, etC. 

Près de Boulaye. — Deux, très- 
beaux. 

Près du village du Mené. — Deux. 
Près du moulin à vent du Resto. 



GUÉNIN. 



BAUD, 



(Retranchem, Le long de TEvel. — Trois camps 
* [ romains ; on y trouve des tuiles. 

Retranchem. Sur TEvel. — Un camp; on y 

trouve des tuiles. — Un camp 
au confluent de TEvel et du 
Blavet ; mais rien ne le carac- 
térise. 



I 



Dolmen. 

Autel. 

Menhirs. 



GRAND-CHAHP..< Autels. 

\Menhvrs. 



1 



PLAUDREN.. 



\ 



Au village de Loperhet. 

Près de ce dolmen. 

Près du cabaret de la Croix-d«- 
Bois. — Nombreux. 

Aux mômes lieux. — Plusieurs. 

Entre La Croix-de-Bois et Lar- 
cusle. — Nombreux, beaucoup 
sont renversés. 

Dans les mêmes lieux. Plusieurs. 

Au Poulgat. — Nombreux, mais 
renversés. — Un très-beau 
debout. 

Au N. du village de Botquinan.— 
Deux, renversés. 

A TE. du village de Botquinan. — 
Nommé Men-Gouarech. 

Plus à l'E. encore. — Ruiné. 

Sur la roule de Plaudren à Jos- 
selin. — Près de 6 mètres. 

IDolm., Autels Dans les environs du menhir pré- 
et menhirs. cèdent , on trouve une foule de 

monuments brisés , mutilés et 
bouleversés. 

Ruines ro* A Kerfloc'h et à Goh-Ilis. — In- 
metines. nombrables fragments de briq. 



^Autels. 
Menhirs. 

Menhirs. 

wolmen. 

wolmen. 
[Menhir. 



— lOS - 



COMMUNES. 



NATURE 

DES aONUMBNTS. 



SITUATION, RENSEIGNEMENTS 

80R LEUR IETAT DE CONSERVATION, etC. 



PLAUDREN. 



BILLIO.. 



GUEHENNO. 



GUÉGON.. . . 



Retranchem. Au N, 0. de Kergulion; au N. 

de ce point; aux Salles; près 
du moulin de Lohan. — Origine 
inconnue. — Cependant le camp 
de Lohan me paraît féodal. Il 
est situé au-dessus de TAns. 

Retranehem. Au S. 0. du bourg. — Est-il féodal 

ou romain? Je le crois plutôt 
féodal. 

' Tombelles, Sur la lande du Crano , à TO. du 

moulin à vent. 

[Retranehem. Près de la chapelle et près du Pi- 
geon-Blanc. — L'un nommé 
camp de Lez-CouëtSy Tautre la 
Redoute. — Origine inconnue. 



Î Menhir, 
Retranehem. 
( 

1 Dolmen, 



f 



TREDION. . .. 



Menhirs. 

Autel. 

Menhirs. 

^Dolmen. 

\Menhirs. 

\Menhirs, 

Autels. 
Menhir. 

Dolmen. 



Sur le chemin du Bourg au Bézo. 

Entre le Petit- Clézio et Kervi- 
guenno. — Origine inconnue. 

Danslebois de Kerfily, près du che- 
min d'Elvenà Trédion.-Ruiné. 

Disposés en cromlec*h autour de 
ce dolmen, presque à le toucher. 

A cinq cents mètres de ce dolmen. 
— Colossal, creusé de bassins. 

A deux cents pas à TE. — Plu- 
sieurs, dont un de 7 m., ren- 
versé. 

Dans le parc de Trédion. — A 
demi-ruiné. 

Dans le môme parc. — Deux, un 
debout, l'autre renversé. 

Dans la lande de Beaucbôae. — 
Beaucoup de Menhirs renversés. 

Près de la Grande-Ville-Neuve. 

Dansunchampprèsdela Grande- 
Ville-Neuve. — 4 m. 

Non loin du Menhir précédent. 
— A peine recomiaissable. 



— 104 — 



COMMUNES. 



ELVEN.. 



OBt 



NATURE 

DES MOMJMENTS. 



SITUATION , RENSEIGNEMENTS 

SUR LEUR ÉTAT DE CONSERVATION, OtC. 



Menhirs. 



TREDION. . . 



Menhir. 
Menhirs. 

Dolmen. 

Dolmens. 

\AuteL 

lAuteL 



A rentrée de laforôl de Hanveaux. 
— Deux, nommés Babouin el 
Babouine. — L» plus grand est 
renversé. 

Dans le village de St-Germain. 

Au village des Princes. — Nom- 
breux, renversés ou inclinés. 

Tout près de là, dans la lande 
Hayée. 

Près de Cornebo. — Deux. 

Au N. E. de Cornebo. 

Près de Cornebo et de la forêt de 
Hanveaux. — Nommé Roche'- 
Binet. 

N. R. Cette partie ée la commone 
d'Elyen, auN. de TArz, estcoayerte 
de monuments draidiquesy presqae 
tous ruinés. 



\Ruines ro- 
m>aines. 



A Saint- Christophe. — Une villa. 
— On y a trouvé une pièce de 
Claude-le-Gothique , une clé 
en bronze , etc. 

Retranchem. A Mérianec, à la Haîe-Dréan, à 

Lez-Castel, à Coh-Castel, à 
Feuvis, à Lesvis; sont-ils tous 
romains? Sont-ils môme ro- 
mains? 



I 



Dolmens. 
Menhirs. 

ST.-GUTOMARD.L^;,^^. 



Butte. 



Entre lebour^etlaforetdeMolac. 
— Trois ; ils sont ruinés. 

Près de Coët-Nely. — Deux de 
6 m. 30 ; un debout, Tautre 
renversé. 

Sur le chemin de Molac à Saint- 
Guyomard, dans le bois de 
St Maurice. — 5 m., nommé 
Pierre-Droite. 

Au camp des Caillibottes. — Féo- 
dale. 



— ios — 



COM!«JNES. 



NATURE 

DI8 MONVllEIfTS. 



SITUATION , RENSEIGNEMENTS 

SCR LEUR ÉTAT DE CONSEUVATION , etC. 



ST.-GUlfOMARD. 



Retranchem. A la ville Margaro. — Origine 

inconnue. 

Cromlec'h. 



Menhirs, 



I 



MOLAC. 



• ♦ • 



Au S. du bourg, au sommet delà 
lande. 

Près de la grande route de Ma- 
lestroit. — Renversés. 

Dolmen. Près de Boquéré. — Demi-ruiné. 

A la limite 0. de la commune, 
au bord de la route de Rennes. 
— Renversé. 

Sur Lanveau. — Plusieurs; pres- 
que tous renversés. 

En plusieurs points de la com- 
mune. — Tous brisés. 

A Kerbricon. — Quantité considé- 
rable de tuiles romaines. 

Le village de Quinquizio est en- 
tièrement construit sur des rui- 
nes romaines. On y trouve des 
tuyaux en brique qui y appor- 
taient Teau df'une source sé- 
parée du village par une vallée. 



^Menhir. 



Menhirs, 
\ Autels. 

Ruines ro- 
maines. 

\Ruine8 ro- 
maines. 



I 



PLEUCADEUG. 



Autel. 

Dolmen. 
Menhir. 
Autel. 

\Autel. 

Autels. 

\Pierre drui- 
dique. 

Pierre drui- 
dique. 

Autels. 



Aux Faillis-Clos, à cinq cents 
mètres à TO. du bourg. 

Au N. E. du bourg. 

Non loin de ce Dolmen. 

Dans le talus du champ de la 
Grée-Ny. 

Près de la Noë-des-Saudrettes. 

A rO. et au N. de cette Noô. Deux. 

Près de Tétan^ de Couedelo. — 
D'un usage inconnu. — Nom- 
mée le Chapeau-de-Roehe. 

Près du môme étang. — Creusée 
en bain de siège. 

Entre Télang et le bourg. — Plu- 
sieurs ; tous brisés et creusés 
de bassins. 



- 106 ~ 



wamt 



COMMUNES. 



NATURE 

OE<i 1I0NIJ11ENT8. 



SITUATION, RENSEIGNEMENTS 

SUR UCUR ÉTAT DE CONSCRYATION , etC. 



»— '• 



j Menhirs. 



Sur Lanveaux , et surtout entre 
Pleucadeuc et Pluherlin. — 
Très-nombreux, mais presque 
tous renversés. 



Autel, 



nante. 
PLEUCADEUC.<^en;iir. 

Menhir. 



Nommé Pierre-à-Bamiu, — 
Trës;-reman|uable. 

Pierre bran- Sur Lanveaux. — Elle ne sonne 
lanteetgon" plus depuis qu'on la rétablie 

après l'avoir renversée. 

Au S. de la ferme de la Prévau- 
laye. — 5 m. — renversé. 

Près de la ferme de Regnon. — 
6m. 40. 



Débris 



Dolmen. 



I 

/ Ruines ro 
l maines. 



PLUHERLIN. . 



i 



De monuments druidiques , près 
de ce Menhir. 

Sur une pente , entre la ferme de 
Regnon et Tétang de Couedelo. 

N. B. Toute la Iftnde LaDveaux est cou- 
verte de monuments druidiques, 
brisés et bouleversés. 

Villa divisée en. 7 pièces au Me- 
teno; autro à la Ville-Julo; 
autre à Carevin. On a trouvé 
beaucoup de briques romaines 
à Carnoguen. A la Grée-Mahé, 
on a découvert, il y a plusieurs 
années, un monument octogone 
remarquable que les antiquaires 
comparent au temple de Lanleff 
dans les Côtes-duNord. Des 
fouilles toutes récentes ont fait 
découvrir les fondations qui 
sont en murs de petit appareil, 
et trois pavés superposés. Le 
premier était une aire en ci- 
ment ; le second était en pierres 
ordinaires; le troisième était 
en grandes dalles de schiste. 
Ce monument est-il un temple 
romain ou un édifiée particu* 
lier? 

N. B. Toutes cet ruines ont été dé- 
couvertes, étudiées et décriiet ptr 
M, Karot, ouré de Rocbefort. 



— 107 — 



tfSgfBmmm 



COMMUNES. 



MALANSAC. . 



ST-GRAVE. 



NATURE 

DES MONUMENTS. 



SITUATION, RENSEIGNEMENTS 

SUR LEUR ÉTAT DE CONSERVATION , «tC. 



Ruines rom, A la Haudraie et à THôpital. 
Dolmen. Dans le bois de Cancoët. — Dil 



Menhir. 



I 



Dans le bois de Cancoët. - 
Maison-des-Follets, 

Près de Tétang de Cancouêt. 
2 m. 



PEILLAC. 



. I Relranchem. Au bois de la Chauvaille. — On- 
I gine inconnue. 

Dolmen, 



Dolmen. 



ST-CONGARD. / ^^«w^*^- 



I 



BOHAL. 



Dolmen. 



• • • 



Au sommet du mont Hersé. — 
Ruiné. 

Près de Carbon. — 1 4 m. de long, 

assez bien conservé. 

Près du bois de Misny. — 5 m., 
dit la Roche-Bégu, 

N. B. Tous les enviroDs du bois de 
Misny sont remplis de débris de 
monuments celtiques. On en trouve 
encore beaucoup au lieu dit les 
Vallées, et aussi près Bignac et 
Bégasson. 

Près de la'.Claye , entre le bourg 
et le Portai. — Ruiné. 

A la lande de Chassouville , près 
du bourg. 

Non loin de l'autre. — Complète- 
ment ruiné. 

Sur la même lande. — Très-peu 
saillantes. 

Alignements Du bourg de Saint-Marcel vers les 
[etCromlec'hs. dolmens dont nous venons de 

parier, et vers le moulin de 
Rocaran, on trouve des levées 
de terre , des pierres peu con- 
sidérables , mais rangées en li- 
gne, des espèces de cromlec*hs. 
Tout cela doit attirer Tatlen- 
tion. 

MALESTROIT. | Menhirs. Près le bois Selon. — Deux. 



/ Dolmen, 
Dolmen. 
iTombelles. 



ST-MARCEL. 



— 108 



COMMUNES. 



SERENT. 



LIZIO. 



NATURE 

DES MONUMENTS. 



SITUATION, RENSEIGNEMENTS 

SUR LEUR ÉTAT DE COMSIRTATION , etO. 



I 



Relranchem, Au Crouésio, à la Ville-au- Rouge, 

à Bot-Hurel, au Madry, sur la 
lande de Pinieuc. Sont-ils tous 
romains? On a trouvé des tuiles 
à rebord dans quelques-uns. 

Près de Bot-Hurel. — 20. 

Au Glélin. — 20, très-petites. 

A Mangoër. — Beaucoup de bri- 
ques. 

Relranchem. A la Tombe-aux-Morts et près du 

bourg. Sont-ils romains ? 



Tomhellet, 
Tombelles. 

Ruines ro- 
maines. 



Dolmen. 



Dolmen. 



Entre Trégouët et Kersîmon. — 
Ruiné. 

A huit cents mètres du bourg, sur 
le bord de la route de Saint- 
Jean-Brévelay ; il est en schiste 
et à demi-enfoui sous les dé- 
blais du chemin. 



Dolmen 



\Dolmen. 



lAutel, 



PLUMELEC. .(Dolmen. 



A la lande de Penclen. — Nom- 
mé Roche-Bigot. 

Au S. E. du précédent. — Ruiné 
complètement. 

Sur la lande de Penclen. — Nom- 
mé Roche-Morvan. 

Entre Penclen et Kermado. — 
Renversé dans un champ. 

Dolmen. • Au S. E. de Cadoudal. — Pres- 
que enfoui dans un retranche- 
ment. 

Autel. Dans la taille de Cadoudal. — 

Nommé Roche-des-Coupes. 

Chambre sépulcrale. Près de la Roche-des* 

Coupes. 

Pierre son- A la Grée-aux- Cerfs, taille de 
nante. Cadoudal. 

Relranchem. Au Château-Blanc, près Cadoudal. 

— Origine inconnue. 



— 109 — 



€OMML\NES. 



NATURE 

DES MONUMENTS. 



SITUATION, RENSEIGNEMENTS 

SUR LEUR ÉTAT DE CONSERVATION , etC. 



BvMe féodale. A Calac. — Avec des ruines de 

donjon. 

PLUMELEC. ,]Retranchem. ATrevozan, près Locmaria. — 

Très- vaste. — Esl-il romain ? 

Tombelles. Près de ce retranchement. 



PEUPLADE DES FORÊTS. 



MISSIRIAC. . . 



Ruines ro- 
maines. 



RUFFIAC 



I 



Menhir. 



CARO. 



MONTERREIN 



\ 



I 



ST-ABRAHAM.^ 



A TE. de Bermagois. — Briques 
à rebord irès-abondanles. — 
Villa romaine, vîs-à-vis Fo- 
henno. 

Sur le chemin de Ruffiac à Ma* 
lesiroil. — 4 m., nommé Roche- 
Piquée. 

Près de Bodel . — De grande di- 
mension. 

Près de Lagageat. — Briques à 
rebord. 

A la Pommeraye, à Bodel, à la 
Butte-d'Argent. — On a trouvé 
presque partout des tuiles ro- 
maines. 

Près de Piperaye, chemin du bourg 
à Ploèrmel. — Deux, très- 
beaux. 

Retranchem. Prèsde Piperay. — Est-il romain? 

Tombelles. A la ferme du Coin-de rOr. — 

Deux petites. 

Dolmen. Près de cette même ferme. — 

Brisé et ruiné. 



Menhir. 

Ruines ro- 
maines. 

Retranchem. 



' Menhirs. 



Ruines ro- 
maines. 



Au même lieu. — Fragments de 
belle poterie romaine et débris 
de tuues à rebord. 



— 110 — 



COMMUNES. 



NATURE 

DES MONUMENTS. 



SITUATION , RENSEIGNEMENTS 

SUR LEUR ÉTAT DE GONSBRYATIOIf , etC. 



Dolmen. 

Cromlec'h. 
U CHAPELLE. .{ ^,„^.„ 

Tumulm, 
.Dolmen, 

LE ROC SAINT- f^^^^«»»c/iem 
ANDRÉ 

QUILY. . . . 






\ 



A la Ville- au -Voyer. — Dit 
Maison-Trouée, 

Autour de ce dolmen. 

Sur la lande de Saint-Méen. — 
Plusieurs. 

Sur la même lande. — Fouillé. 

Au même lieu. — Bouleversé. 

A la Ville-Der. — On trouve là 
beaucoup de briques. 



GUILLAC. 



(Retranchem, Aux Châielets. — On trouve aussi 
( là des briques à rebord. 

Butte féodale. Au village de la Motte, au-dessus 

de rOust. 



l 



PLOERMEL. 



AUGAN. 



I 



monteneuf!. 



N. B. On m'a assuré qu'il y avait en 
Guillac df s monuments druidiques , 
mais je ne les connais pas. 

Au village du Haut-Bezon. 

Près du vallon de Saint-Couturier. 
— Bouleversé. 

Au bois de Lémo. — Ruiné. 

Près de la Ville-Marquer. — 
Ruiné. 

Près de Brambellec. — Détruit. 

Sur le point le plus élevé de la 
lande. — Sept ou huit de 
3 ou 4 m. 

^Retranchement romain. Près du village de la 

Ville-au-Comte. 

JRuine ro- Au bord de la route de Monteneuf 
muine. à Guer. — En 1 847, j'ai vu là 

des tuiles de vingt-deux pouces 
qu'on venait de retirer d^une 
substruction dont on ne pouvait 
reconnaître encore la forme. 
At-on fouillé depuis? je Ti- 
gnore» 



Dolmen. 
Dolmen. 

Dolmen. 
Dolmen, 

^Dolmen, 
Menhirs. 



111 - 



COMMUNES. 



NATURE 

DES MONUMENTS. 



GUER, 



SITUATION , Rfc:NSEIGNEMENTS 

SUR LEUR ETAT DE CONSERYATION , etC. 



Tuiles à 



I 



TREAL. 



• • • I 



{Ruines ro- A Saint-EtienDe. — 
maines, rebord. 

Ruines ro- ATenclos du Madry. — Briques 
maines, abondantes. 

Dans le môme enclos. 

Au même lieu. — 1 m., incliné. 

Au N. du camp romain. — En 



Tombelle, 

Menhir. 

Dolmen» 



I 



ruine. 



CARENTOIR. .( Menhirs. 

Menhir. 



Retranchem. Près du village du Temple. — 

Dit Camp des Romains. 

Au village du Gage. — Enquartz, 
disposes en patte d'oie: 



Menhir. 



LA GkClLLÏ.. {M^hir, 



Au S. du Camp des Romains. — 
De belle dimension. 

Près de la roule de Malestroit. — 
5 m. — Nommée Roche-Pi- 
quée. 

Près de Tautre. — Renversé. 



COURNON. . . 
MOHON. 



... 



Retranchem. Sur la lande de Signé. — Origine 

inconnue. 

Dolmen. Nommé Tablette de Coumon. 
Butte féodale et Camp, A Bodieuc. 

' Menhirs. Près l'un de Tautre , à mille pas 

àrO.dubourg. — Deuxde3m. 

Près du château de Bellouan. — 
6 m. 

Deux , élevés de 4 m. 

Au Jardin-des-Tombes. — Douze. 

Au lieu dit Buttes-dea-Tombes. 
— Trois. 

Sur un des tumulus. — Petit. 

Une soixantaine rangés sur deux 
lignes. — Presque tous ren- 
versés. 

N. B. J'ai ajouté peu de chose à la nomenclature aue Cayot 
Délandre a donnée des monuments druidiques, qui sont cfair-semés 
dans cette peuplade* 



MfiNEAC». . A Menhir. 

ST-LÉRY. . . I Tumulus. 

Menhirs. 
Tumulus. 

tRËHORENTECC/ Menhir. 

Menhirs. 



— lU — 



COMMUNES 



NATURE 

DES MONUMENTS. 



SITUATION, RENSEIGNEMENTS 

SUR LEUR ÉTAT DE CONSERVATION , t5C. 



PEUPLADE DES MONTAGNES. 



/ Dolmen, 
Menhir. 



BIEUZY. . . . 



I 



Sur le chemin vicinal de Napoléon- 
ville. — Nommé En-Trimen. 

Au S. du village de Keroret. — 
4 m. 

Retranchem. A Caslennec. — Station romaine 

de Sulis. — Débris considé- 
rables. — Colonne votive por- 
tant le nom de Treboniantis. 

A Kerven , à la limite de Melrand 
et de Bieuzy. — Débris consi- 
dérables de briques. 



Ruines ro- 
maines. 



NAPOLÉON VILLE. | ^f^^ir. 



Au bord du^ chemin de la Hous- 
saie. — En poudingue, de 4 m. 

N. B. A Signan , on a trouvé ceot 
TÎDgt-deuz pièces romaines, dont 
quelques-unes à l*effigie de Tibère 
et d'Auguste. On a trouvé aussi on 
celtse en jade. Ces découvertes oal 
eu lieu en 1829, 

Retranchem, Aux Quatre Vents. — Origine in- 
connue. 



NEULLIAC. . .\Relranchem. 



I 



CLEGUEREC. 



Dolmen, 



Dolmen, 



Menhir, 



Au Porzo. — Il est féodal, car on 
y trouve des ruines de cons- 
tructions du moyen-Sge. 

Au Parc-er-Bé, Champ du Tom- 
beau. — Il est ruiné. 

A Bod- er-Mohet. — 24 m. de 
longueur, et ruiné. 

Entre les villages de Bod-er- 
Mohed et de Gouvello. — 4 m. 



Tumulus, 
Tuwulus, 



Ecrèté. — Esl-il druidique f 

Dans la lande Dureste. — Est- il 
druidique T 

1 

; Hetranchem, AKerveno. — Origine inconnue. 



— 115 — 



CœiMUNES. 



NATURE 

DES MONUMENTS. 



SITUATION , RENSEIGNEMENTS 

SUR LEUR ÉTAT DE CONSERVATION, 6tC. 



ST-AIGNAN. 






Butte féodale. A Corboulo. — Nommée Motten- 

Morvan. 

Retranchement féodal. A Castel-Finans. 



SILFIAC. . 



SEGLIEN.. 



î^ Menhir. 



'\ 



AuN.O.duMoustoir. — 4 m. 50. 
Nommé Queguil -en- Diaul , 
quenouille du diable. 

( Rei/ranchem . Près Porh-Lann ; près Roscadet et 



•l 



1 



LANGOELAN.. 



Dolmen. 
Dolmen. 

Autel. 



près Coël-Rivaîin. — Trois. — 
Origine inconnue. 

A TE. du village de la Ville-Neuve. 

A cinq cents mètres au N. de la 
Ville-Neuve. — Il est com- 
plètement ruiné. 

Près de ce lieu. — Couvert de 
bassins et de rigoles. 



LOCMALO. /(Retranchem. AKerbellecetauN.deLez-Maëc. 
* * ( — Sont-ils romains? 

N. B. Le territoire de la peuplade des Montagnes a été très-peu 
exploré par les antiquaires. 



PEUPLADE DES SOURCES. 



Butte féodale. Entre Kerfandol et Hent-Gaër. 



Tumulu^. 



Retranchem. 



PLOERDDT. . . 



ATO. de Kerfandol. — Deux. — 
Je ne les crois pas gaulois. 

A Coët-Even , à Quénépazan, au 
taillis de Belotte, dans la lande 
de Lochrist, près de Porh- 
Loscan, et à Lestrévédan. — 
On en ignore Torigine ; quel- 
ques-uns sont peut-être ro- 
mains, mais on n*a point si- 
gnalé, dans ceue commune, un 
seul débris de tuile romaine. 



8 



— 114 — 



Boa 



COMMUNES. 



PLOURAY. . 



LANGONNET 



SITUATION, RENSEIGNEMENTS 

SUR LEUR iSTAT DE CONSERYÀTION, etC. 



LIGNOL. . . . 



I 



NATURE 

DES MONUMENTS* 

Tumultis, A cinq cents mètres à TE. de la 

chapelle Saint-Herfé. —Deux. 
— Les Tumulus de Ploërdut et 
de Lignol ne ressemblent en 
rien aux beaux tumulus de la 
côte y aussi je ne les crois pas 
gaulois. Le voisinage des camps 
mdique que, sous ces tumulus, 
reposent probablement les cen- 
dres de guerriers. 

Dolmen. Dans le champ nommé en-er-- 

Huennau d'Èndiass. — Assez 
bien conservé. 

Retranêhem, L'un nommé le Vieux-Casiel; 

l'autre dans la lande de Lann • 
Pouperic ; le troisième dans la 
lande de Lann-er-Motennou ; 
le quatrième entre Kerniguèse 
et Kergazal. Ce dernier est le 

Jlus remarquable; tous sont 
'origine inconnue. 

BiUte, féodale A la lande de Lann-er-Motennou. 



ROUDOUALLEC. 



I 

/ Menhir, 

i 

Menhirs. 

Dolmen. 

Tumulm. 

Ruines ro- 
maines. 

Butte féodale. Au milieu d'un marais , près du 

tumulus de Kerarven. 

RePranchem. Près du village de Kercastello.— 
I Est-il romain? 

I Retranchem. Deux dans la section B. , un dans 
I lasect. D. (Origine inconnue}. 



A la ferme du Bodéro, au S. du 
bourg. — Plus de 4 mètres. 

Près des Montagnes noires, à la li- 
mite N. de la commune. — 
Deux. 

Dans la vallée en face ,du manoir 
de Kerarven. 

Sur la route du bourg au haras , 
près de Kerarven. 

Au village de Guemégal-Castel. 
— Considérables. 



— 115 — 



COMMUNES. 



NATURE 

DES MONUMENTS. 



SITUATION, RENSEIGNEMENTS 

SUR LEUR JETAT DE CONSERVATION, etC. 



KOUDOUALLEC. 



GUISCRIFF. 



Autel, 

Dolmen. 

Dolmen* 
Menhirs. 

Menhirs, 

Menhir. 



I 



Dans la seclion Ë. — Creusé de 
0™,16<5 sur une de ses faces. 

Dans un champ voisin de Tautel. 
Tout brisé. 

A TE. du village de Kerviniou. 

A TE. de Kerviniou. — Un de 
4 m. debout , deux renversés. 

Au N. de Kerbiguet. — un de 

4 m. debout , deux renversés. 

Près de la chapelle Saint-Jean. — 

5 m. 50. 



BERNE. 



A 200 mètres au S, du village de 
Kerlivio-Pontulaire. — 4m. 50. 



Menhir. 

Retranchem, Au village de Zinzec. (Origine 



I 



inconnue.) 



PLOUAY. . 



Retranchem. A la chapelle Sainte- Anne. 

XButte féodale. A Sainle-Anne. — Un peu au- 

dessous de ce point on trouve 
en Arzano, dans le Finistère^ 
une autre butte féodale au bord 
du Scorff, h mi-pente, près d*un 

^ moulin. 

N, B. Le territoire de cette peuplade est encore moins connu 
des antiquaires que celui de la précédente. 



PEUPLADE DES ILES. 



GROIX. 



Dolmen, 
Dolmen. 
Dolmen, 
Dolmen. 



Dans le vallon de Stancpédel , à 
200'mètres au N. du bourg. 

A cent pas du Port-Mélite. — 
Bien conservé. 

A 300 pas au S. E. du précédent. 
— Ruiné. 

Au bord de la côte , au S. E. de 
Locmaria. 



— 116 — 



COMMUNES. 



NATURE 

DES MONUMENTS. 



/Dolmens. 

\ 

Dolmens. 

Menhir, 

Menhir, 



SITUATION, RENSEIGNEMENTS 

SUR LEUR ÉTAT DE CONSERVATION, etC. 



menhir. 

CROIX {Menhir. 

[Menhir. 

YTumulus. 

Menhir. 

Tumulus. 



HOUAT. 
HOëDIC. 



Au-dessus de la baie de Saint-Ni- 
colas — Deux. 

A 300 mètres au N. 0. de Mous- 
tero. — Deux. 

A Saint-Sauveur, à rO. du bourg. 

— 6 mètres. 

A 200 pas au S. E. du moulin de 
de Kerg^touarn. — 5 mètres. 

— Renversé. 

A 100 pas du fort La Croix. — 
5 mètres. — Renversé. 

A l'E. du village de Quelhuit. — 
Renvertîé. 

A 100 pas à TE. de Kermarec. — 
5 mètres. — Renversé. 

Au S. de Kervedan. 

Sur le tumulus précédent. 

A 500 mètres à TO. du Moustero. 

— Fouillé. 

Retranchem. Au S. 0. de Kervedan. — Nonuné 

Camp des Romains. 

N. B. Il existe d'autres monuments drui- 
diques à Grolx ; mais tous sont en état 
de ruine complète. 

Dans le champ dit du Menhir. 
Deux. 



Menhir. 



Menhirs. 
Menhirs. 



Menhir. 



hELLE ILE... (Menhir. 



Menhir. 



Dans la lande de Kerlédan. — 
Deux, en schiste. 

Près du moulin de Gouc'h. — En 
quartz. 

En schiste rouge. — 3 m. 60. — 
Nommé Jean-de-Runélo. 

Brisé. — 7'm. 86, en granit. — 
Nommé Jeanne- de-Runélo.-^ 
Il est renversé près du précé- 
dent. 



— 117 — 



BOB 



COMMUNES. 



NATURE 

DES MONUMENTS. 



SITUATION, RENSEIGNEMENTS 

SUR tEUR ]£TAT de CONSERVATION, elC. 



/ Dolmen. 



I 



BELLE-ILE.. Jj<^^^^' 



Sur le montissel de RunédaoL — 
En granit. — Toul-à-fait ruiné. 

Dolmen. Près du moulin de Runédaol. — 

En granit. 

Pierre branlante. Près du moulin de Gouc*h. 

Cromlec^h. Sur la lande de Runélo. 

En 1 846, il en existait encore une 
vingtaine. Peu à peu on les 
détruit 



iGrottes. 



On trouve encore des Ç'ottes sous 
des montissels ; trois, près du 
Runélo ; une , à Kerspern et 
une près de Kerdanet. 

N. B. Oq a trouvé, à Bello-Ue, de nom- 
breuses traces du séjour qu'y ont fait 
les Romains. 



Je suis bien loin de penser que ce Catalogue soit complet je n'ai 
eu d'autre prétention, en le dressant, que de commencer un édifice 
auquel tous les Archéologues morbihannais sont invités à ajouter 
(fuelques matériaux. Mamtenant que nous avons à Vannes une 
Société dont le but est d*éludier nos antiquités , il est facile à tous 
ceux qui les aiment , de signaler ceux que dont nous n'avons pas 
parlé. On arrivera ainsi au recensement complet des monuments 
qui existent encore dans notre département. 



FIN. 



Vannes. — Imp. de Gust. de Lamarzelle. 



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